La pandémie amène certes son lot d’insécurité pour les entreprises, mais l’emploi se porte relativement bien au Bas-Saint-Laurent et dans Chaudière-Appalaches, de l’avis des principaux intervenants interrogés. Les taux de chômage des deux régions étaient même les plus bas au Québec en décembre dernier.
4,4 % en Chaudière-Appalaches et 4,8 % au Bas-Saint-Laurent. Nos deux régions font clairement mieux que les autres en matière d’emploi selon les données de décembre dernier rapportées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).
La directrice générale de la Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet Nancy Dubé, à cheval sur ces deux régions, s’est dite à première vue surprise de ces données. Son premier réflexe a été d’essayer d’expliquer ces données.
La force du milieu institutionnel bas-laurentien, entre autres au Kamouraska, place la région à l’abri des tempêtes selon elle. « Le milieu de la santé et de l’éducation, par exemple, ils n’ont pas arrêté de fonctionner à cause de la pandémie », rappelle-t-elle, soulignant au passage l’omniprésence de ces deux secteurs d’activité à La Pocatière.
En Chaudière-Appalaches, le domaine manufacturier se distingue, précise-t-elle, dans des secteurs jugés essentiels. Nombre d’entreprises n’ont donc pas été forcées de cesser leurs activités durant la pandémie. Elle pointe du doigt L’Islet, entre autres, mais également le secteur forestier de Saint-Pamphile. « L’industrie de la construction est loin de tourner au ralenti actuellement », poursuit-elle.
L’économie des deux régions et par ricochet celle de nos deux MRC est donc résiliente de l’avis de Nancy Dubé. La problématique de pénurie de main-d’œuvre vécue avant la pandémie ne devrait donc pas tarder avant de refaire surface selon elle.
PCU
Chez SAE Kamouraska, la directrice générale de l’organisme Anne-Marie Lapointe mentionne que ses conseillers n’ont jamais accompagné si peu de chercheurs d’emploi. Elle n’attribue pas pour autant cette accalmie à une situation de plein emploi qui pourrait sévir dans la région. Bien qu’encourageante, elle met un bémol aux statistiques sur chômage de l’ISQ.
« Le taux de chômage prend en considération les gens sans travail qui mentionnent être à la recherche d’un emploi », mentionne-t-elle.
En ce sens, les gens qui ont bénéficié de la PCU dans les derniers mois et qui se sont tournés depuis vers l’assurance-chômage ou la Prestation canadienne de relance économique (PCRE) ne figurent pas nécessairement dans ces statistiques, à son avis. Les contacts effectués par les conseillers de chez SAE Kamouraska l’été dernier, auprès de certains prestataires de la PCU, tendent à lui donner raison.
« Si on avait le malheur d’appeler au moment où on annonçait un prolongement de la prestation, les gens nous répondaient : “Pas tout de suite !” Mais dès qu’on approchait la fin d’une période de prolongement, le téléphone se remettait à sonner », illustre Anne-Marie Lapointe.
Elle est toutefois en mesure d’affirmer qu’il y a de l’emploi au Kamouraska et que les employeurs, pour la plupart, ont même assoupli leurs critères d’embauches. « Il ne faut pas trop taper sur la tête des gens sans emploi non plus, le contexte est encore insécurisant », nuance la directrice générale de SAE Kamouraska.
Salon de l’emploi
Les chercheurs d’emploi auront tout de même l’occasion de démontrer leur intérêt à regagner le marché du travail lors de la première édition 100 % virtuelle du salon de l’emploi intitulé Le Bas-Saint-Laurent : en action pour l’emploi !Pandémie oblige, l’événement se tiendra en ligne du 23 au 27 mars prochains. Il permet de faire le pont entre les chercheurs d’emploi et les employeurs.
En entrevue au Placoteux, la directrice générale de Services Québec au Bas-Saint-Laurent Mireille Parent indiquait qu’une plateforme web serait créée spécialement pour l’occasion et que celle-ci serait divisée par MRC ou « pavillon ». Les chercheurs pourront également effectuer leurs recherches par secteurs d’activités.
« La recherche active d’employés est à son apogée. Un taux de chômage de 4,8 % en décembre, c’est encore plus bas que les années prépandémie au Bas-Saint-Laurent. Certains secteurs connaissent quand même un creux, mais dans l’ensemble le bassin de main-d’œuvre demeure encore plus petit que l’offre », déclare-t-elle. Les statistiques complètent pour l’année 2020 doivent d’ailleurs être dévoilées sous peu, ce qui viendra préciser le portrait du marché de l’emploi au Bas-Saint-Laurent.
D’ici là, les entreprises kamouraskoises en recrutement ont jusqu’au 19 février pour confirmer leur participation au salon virtuel, à l’adresse sadckamouraska.com/salonemploibsl-employeur/. Les chercheurs d’emploi pourront quant à eux s’inscrire dès le 1er mars.