Le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques a analysé 10 dossiers de plaintes cette année, dont certaines suite à un événement entre étudiants de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de La Pocatière.
Les plaintes rapportaient la tenue d’une activité de bière-pong, faussement présentée comme une « water pong » dans sa publicité sur la page Facebook du Comité des sports de l’ITA.
Le jeu d’adresse implique des verres et des balles de ping-pong. Lorsqu’un joueur d’une équipe réussit à viser le verre rempli d’eau – ou de bière – de l’autre côté de la table, l’équipe adverse doit boire le contenu du verre. Lorsqu’il implique de la bière, le jeu incite à la consommation abusive d’alcool, estime le conseil d’éthique.
« Le Conseil a signalé à la direction que la tenue de tels événements qui poussent à consommation abusive, particulièrement celle des jeunes dont plusieurs sont mineurs, en plus d’être illégale, ne correspond pas aux valeurs éducatives qui sont les fondements de la mission des établissements d’enseignement », a conclu le conseil dans son rapport annuel.
Selon le président du conseil Robert Dutton, l’ITA a vite réagi et a assuré qu’elle prenait les précautions nécessaires pour encadrer adéquatement les soirées des étudiants. Il a aussi été question de dispositions additionnelles pour éviter tout dérapage à l’avenir.
L’ITA a tenu à préciser certains détails avancés par l’organisation. L’événement étudiant s’est tenu lors d’une activité à la cafétéria de l’établissement, lors d’une partie de hockey télévisée et non dans une brasserie sportive tel qu’indiqué par le conseil d’éthique. Des agents de sécurité s’y trouvaient. Selon le directeur Sylvain Gingras, on y jouait bien au water-pong, mais on y consommait aussi de la bière. Un étudiant a eu l’initiative de faire une vidéo pour inviter les gens à s’y rendre sur Facebook et a dit qu’il s’agissait d’une partie de « beer-pong », ce que le directeur déplore. Toutefois, il assure qu’il ne s’y est pas fait pas de consommation abusive et que du contrôle a été effectué pour que les étudiants mineurs ne boivent pas d’alcool. « Le but de ces activités, c’est de créer des réseaux sociaux. On le fait dans une perspective d’éducation aux saines habitudes de consommation, c’est pour cela qu’on fait des activités encadrées et qu’on ne laisse pas les étudiants seuls », a dit Sylvain Gingras. Celui-ci dit avoir expliqué la situation au Conseil d’éthique et croyait que c’était réglé. « C’est quelque chose qu’on avait mis de côté. Ce bout-là m’a un peu surpris, mais c’est là qu’on est aujourd’hui », a ajouté le directeur.
Le Conseil d’éthique applique le code d’éthique dont se sont dotées les associations de microbrasseries, restaurateurs, bars, etc., ainsi que la SAQ. Les établissements d’enseignement n’y adhèrent pas, car le conseil vise l’industrie québécoise des boissons alcooliques. Le conseil se compare au Conseil de presse, c’est-à-dire qu’il traite les plaintes et émet des recommandations. Il n’a pas le pouvoir de donner des amendes ou suspendre des permis.
