À dix mois de l’élection générale prévue en octobre 2026, le député caquiste de Côte-du-Sud Mathieu Rivest a confirmé au Placoteux son intention de se présenter afin de solliciter la confiance des électeurs pour un second mandat à l’Assemblée nationale du Québec. Une décision qu’il dit mûrement réfléchie, portée par un bilan qu’il juge solide, et par une volonté claire de poursuivre le travail amorcé sur le terrain.
Élu pour la première fois il y a trois ans, M. Rivest reconnaît toutefois que son engagement politique est relativement récent. « C’est nouveau pour moi, mais je suis très fier du chemin parcouru, particulièrement pour les retombées concrètes livrées en Côte-du-Sud », affirme-t-il avec conviction.
Des engagements en voie d’être complétés
Au cœur de sa démarche, le député met de l’avant un bilan de mandat qu’il dit avoir commencé à partager avec la population avant les Fêtes, notamment par un document détaillant les actions réalisées depuis son élection. Selon lui, l’ensemble des engagements électoraux pris en 2022 seront réalisés d’ici 2026. On parle ici de plus de 60 M$ en investissement.
Parmi les projets phares, il cite notamment le complexe culturel et sportif de Montmagny, le déploiement d’antennes cellulaires sur l’ensemble du territoire, ainsi que plusieurs dossiers structurants en matière de développement municipal. « Ce sont des engagements que j’avais pris, et ils vont tous se concrétiser », soutient-il avec fierté.
Le député insiste également sur le soutien apporté aux trois MRC du territoire — L’Islet, Montmagny et Kamouraska — et sur le travail réalisé auprès des municipalités, passées de 45 à 43 en cours de mandat.
La piscine du Cégep
Dossier hautement sensible dans la MRC du Kamouraska, la piscine du Cégep de La Pocatière n’a pas été de tout repos pour le député de Côte-du-Sud. Si le projet a fini par progresser, notamment grâce à la mobilisation citoyenne et à ses interventions politiques, l’élu reconnaît avec franchise qu’il aurait souhaité intervenir plus rapidement.
Satisfait malgré tout du chemin parcouru jusqu’ici, M. Rivest estime toutefois que la perception publique entourant ce dossier névralgique a été lourdement affectée négativement, allant jusqu’à pointer les déclarations de l’ex-préfet de la MRC du Kamouraska, Sylvain Roy.
« Si j’avais quelque chose à améliorer avec l’expérience que j’ai aujourd’hui, ce serait peut-être d’être plus rapide. Malheureusement, les citoyens du Kamouraska ont perçu que le gouvernement du Québec n’était pas fin, qu’il n’avait pas mis l’argent nécessaire, et que Mathieu Rivest ne faisait pas son travail. Ça tient parfois à des individus qui ont été malhonnêtes dans cette situation-là, avec des informations qui n’étaient pas vraies et qui ont malheureusement percolé. Après ça, c’est très difficile de s’en défaire. Et ce n’est pas parce que je n’ai pas voulu réagir. J’ai fait des vidéos, j’ai fait des communiqués, mais malheureusement, c’est souvent l’information du préfet qui attirait davantage l’attention », confie-t-il avec émotion.
Proximité et méthode de travail
Mathieu Rivest attribue une large part de ses réalisations à sa méthode de travail axée sur la proximité avec le milieu. Il affirme avoir développé une relation étroite avec les préfets, les maires et les élus municipaux, misant sur une disponibilité constante et un contact direct.
« Le contact avec les gens de notre milieu est excellent. Cette proximité-là, cette écoute-là, c’est quelque chose pour laquelle on me reconnaît, et que je veux continuer à consolider. Chaque élu a mon numéro de téléphone personnel », explique-t-il, ajoutant que son équipe de circonscription joue également un rôle central dans cette dynamique.
Dans sa façon d’aborder le rôle de député, Mathieu Rivest dit vouloir renouer avec une proximité qui, selon lui, s’est graduellement estompée au fil des ans. Il évoque même un certain retour à une tradition politique incarnée autrefois par le regretté Claude Béchard. « Il faut développer ce réflexe-là qui était un peu disparu dans les dernières années, depuis, peut-être, Claude Béchard. Ce besoin-là, cette proximité-là qu’un élu comme moi peut avoir avec les gens de son milieu », ajoute-t-il.
Défendre l’identité de la Côte-du-Sud
Le député évoque plusieurs dossiers où il dit être intervenu directement afin de faire reconnaître la réalité particulière du territoire, notamment dans des projets de loi. Les dossiers des aboiteaux, des digues, de l’agriculture littorale sont cités comme exemples de combats menés pour protéger l’identité et les activités économiques locales.
« Pendant trop longtemps, certaines réalités de la Côte-du-Sud n’étaient tout simplement pas nommées. Mon travail a été de faire en sorte qu’elles le soient, noir sur blanc, dans les lois et dans les décisions gouvernementales », affirme-t-il.
Une perception à améliorer
Sur le plan politique, Mathieu Rivest reconnaît que son gouvernement, la Coalition avenir Québec, fait face à une perception publique difficile, alimentée selon lui par quelques dossiers très médiatisés au détriment d’un bilan plus large.
Il déplore que des réussites locales et régionales passent sous le radar, alors que des échecs isolés occupent l’espace public. « On a aidé des milliers d’entreprises au Québec, dont plusieurs en Côte-du-Sud, avec des impacts économiques majeurs. Pourtant, ce sont rarement ces exemples-là qui font la manchette », estime-t-il.
Sans nier certaines erreurs, il admet que la communication demeure un défi, particulièrement dans des dossiers sensibles où la perception a parfois pris le dessus sur les faits.
Confiant malgré un contexte compétitif
Malgré un contexte politique qu’il anticipe plus partagé pour la prochaine campagne, et malgré certaines projections électorales défavorables (21 % d’appuis à la CAQ selon Qc125), le député se dit néanmoins confiant. Il croit que son bilan, sa façon d’être et son enracinement local joueront un rôle déterminant auprès des électeurs.
Il réaffirme également son adhésion à la CAQ, et à ce qu’il décrit comme une troisième voie autonomiste, entre le fédéralisme et la souveraineté. « Je suis prêt pour la prochaine bataille électorale. J’ai le goût de me battre, de gagner, et de continuer à faire rayonner la Côte-du-Sud à l’Assemblée nationale », conclut-il.
Les rumeurs
À ce stade-ci, selon les informations et les rumeurs qui circulent sur le terrain, quelques noms commencent à émerger en vue de la prochaine élection générale dans Côte-du-Sud. Du côté du Parti conservateur du Québec (PCQ), seul le nom de Joey Aubé, chroniqueur politique de tendance conservatrice originaire de Montmagny, figure sur la liste, puisque l’ex-candidat conservateur de la dernière générale, Frédéric Poulin, a annoncé qu’il ne serait pas de la course.
Pour le Parti québécois, le nom de Michel Forget, actuel président de l’association locale péquiste et ex-candidat, circule toujours. À l’inverse, l’ex-journaliste Maxime Paradis a clairement écarté l’idée d’une candidature pour la formation souverainiste, lui qui occupe désormais un poste de conseiller à la Ville de La Pocatière. Du côté des autres formations politiques, aucun nom ne circule pour le moment.
Selon les projections de Québec 125, le Parti québécois obtiendrait actuellement 34 % des intentions de vote en Côte-du-Sud, suivi du PCQ avec 26 %, de la CAQ à 21 % et du PLQ à 12 %, tandis que Québec solidaire ferme la marche avec 5 %.
