Suite au décès de leur petite fille durant un accouchement à l’hôpital de La Pocatière il y a un an, un couple de Saint-Pascal a déposé une demande introductive d’instance à la cour contre la médecin qui a procédé à l’accouchement et contre l’hôpital, responsable des infirmières et préposés.
Catherine Albert et Philippe Lavoie de Saint-Pascal s’apprêtaient à accueillir leur petite Mahée, lorsque l’accouchement s’est déclenché la nuit du 10 octobre 2017. Le travail s’est étiré. En fin de journée, une péridurale a été administrée, ainsi que du Syntocinon, qui aide au travail.
« Vers 20 h 15, une infirmière note une décélération du cœur fœtal en lien avec les contractions utérines (…). Elle note discuter avec la Défenderesse (Dre Léa Goulet-McCarthy) et poursuivre l’observation », peut-on lire dans la poursuite déposée lundi.
Dans le document, on rapporte une douzaine de moments où l’on note une décélération du cœur, surtout pendant les poussées, qui ont commencé à 22 h 45 jusqu’à l’accouchement… à 3 h 14. L’augmentation de la perfusion de Syntocinon est aussi augmentée tout au long de l’accouchement, note-t-on.
À la naissance, la petite Mahée est flasque, a une coloration bleutée et ne présente aucun effort respiratoire. Les manœuvres de réanimation sont débutées, sans succès. L’autopsie de la petite a révélé qu’elle était décédée d’une mort périnatale de type asphyxique d’étiologie (cause) indéterminée, dit-on dans la poursuite. Pendant l’accouchement, rien ne leur laissait croire que l’accouchement ne se passait pas normalement, ont-ils précisé.
« Le but de notre démarche est de donner une voix à notre fille, la défendre, lui rendre justice d’une certaine façon. Je lui ai promis que je ferai tout ce que je pourrai pour elle et c’est ce que nous tentons de faire du mieux que nous pouvons. » – Catherine Albert
Cauchemar
Le couple dit avoir vécu un cauchemar, un événement surréel. Un an plus tard, le couple est toujours en colère et ne comprend pas les circonstances entourant la naissance et le décès de leur fille. L’événement a éclaboussé l’ensemble des deux familles, qui ressentent encore beaucoup de tristesse aujourd’hui. Le couple est convaincu que leur fille serait vivante si la docteure n’avait pas fait preuve de négligence. Cette nuit-là, il ne manquait pas de personnel en obstétrique à l’hôpital de La Pocatière, tiennent-ils à préciser.
Catherine Albert et Philippe Lavoie ont fait appel au cabinet Ménard, Martin, Avocats pour les représenter dans cette poursuite de 305 000 $.
« Elle (Dre Léa Goulet-McCarthy) a négligemment évalué, suivi, surveillé et traité la condition de la Demanderesse (Catherine Albert) et de son enfant à naître eu égard aux symptômes présentés lors du travail et de l’accouchement (…). Elle n’a pas fait en sorte qu’une césarienne puisse être pratiquée en temps utile », peut-on lire.
« Le but de notre démarche est de donner une voix à notre fille, la défendre, lui rendre justice d’une certaine façon. Je lui ai promis que je ferai tout ce que je pourrai pour elle et c’est ce que nous tentons de faire du mieux que nous pouvons », dit Catherine Albert.
Mentionnons que la médecin en question a continué d’effectuer des accouchements depuis l’événement.