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Projet de récupération à la ferme des plastiques agricoles

Les agriculteurs ont assisté en grand nombre à la rencontre de Saint-Philippe-de-Néri.

La Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles du Kamouraska prépare un virage majeur dans la récupération des plastiques agricoles. Dès 2026, un service de collecte directement à la ferme des plastiques d’enrubannage pourrait être implanté sur l’ensemble du territoire, une première pour la région et une rareté à l’échelle du Québec.

Présenté lors de rencontres d’information tenues à Rivière-Ouelle, Saint-Philippe-de-Néri et Saint-Alexandre, le projet a réuni plus d’une centaine de producteurs agricoles. Il repose sur une collaboration entre la Régie, l’UPA, l’ensemble des municipalités du Kamouraska, la Société VIA et AgriRécup.

Concrètement, la Régie souhaite offrir une collecte porte-à-porte du plastique d’enrobage blanc utilisé pour les balles rondes et carrées. Les producteurs participants disposeront à la ferme d’un conteneur exclusivement réservé à cette matière. Les camions de la Régie assureront ensuite le transport vers la Société VIA, où le plastique sera mis en ballots à forfait pour AgriRécup, avant d’être expédié vers des recycleurs spécialisés.

« On parle du plastique qui représente le plus gros volume à la ferme. Dans le Kamouraska, c’est environ 200 tonnes par année », explique Rémi Faucher, vice-président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles du Kamouraska. Selon les estimations, 214 producteurs utilisent actuellement ce type de plastique sur le territoire.

Modèle unique

Le modèle proposé se distingue de ce qui existe ailleurs au Québec, où les points de dépôt demeurent la norme. « Présentement, les producteurs d’ici doivent encore transporter eux-mêmes leurs sacs vers les sites de dépôt. Avec ce projet, on va aller le cueillir directement à la ferme. Les producteurs y voient un avantage clair », explique M. Faucher.

Le service demeurera toutefois partiel dans un premier temps. Seuls les plastiques d’enrubannage blanc seront collectés. Les autres matières — comme les plastiques noir et blanc, les filets, les ficelles ou les sacs de moulée — devront encore être apportées aux points de dépôt d’AgriRécup. « Il faut apprendre à marcher avant de courir. On commence avec le plus gros volume. Éventuellement, on pense être capables d’intégrer d’autres matières », précise M. Faucher, ajoutant qu’à partir de mars, la Régie prévoit serrer la vis quant à la disposition inadéquate de ces plastiques.

« Il ne sera plus toléré de les déposer dans les bacs à déchets ou de recyclage. Nos camions sont munis de caméras. On va voir ce qui tombe dans le camion et on va aviser les producteurs si le contenu n’est pas conforme. »

Le projet est conditionnel à une adhésion suffisante du milieu. Le coût annuel est fixé à 600 $ par producteur pour 12 collectes pour 2026, à raison d’une par mois. Ce montant sera appelé à diminuer si le nombre de participants dépasse les prévisions. Plus il y aura d’inscriptions, plus le coût pourra baisser. Pour que le projet démarre et soit rentable, 75 % des producteurs du Kamouraska doivent participer.

Accueil favorable

Sur le terrain, l’accueil est généralement favorable. Producteur à Mont-Carmel, Denis Lévesque voit dans la collecte à la ferme un net gain d’efficacité. « Ça évite beaucoup de manipulations et de déplacements. C’est l’idéal. Il faut aller vers ça », affirme-t-il, tout en souhaitant qu’un jour toutes les catégories de plastiques puissent être ramassées de la même façon.

Même son de cloche du côté de Jacques Michaud, de la ferme laitière Jym au Kamouraska, qui a participé au projet pilote ayant mené à cette proposition. « Ça nous simplifie la vie. On trouve enfin un débouché pour des produits qu’on génère, et pour lesquels il n’y avait pas vraiment de marché », dit-il, convaincu que la récupération va continuer de s’élargir avec le temps.

À l’UPA, on rappelle que le projet est le fruit de plusieurs années de réflexion. « Les producteurs veulent récupérer ces plastiques-là. Les points de dépôt, ce n’est pas toujours simple, surtout pour ceux qui sont éloignés, ou qui produisent de gros volumes », explique Mylène Bourque, présidente du syndicat local de l’UPA du Kamouraska. Elle juge le coût acceptable, considérant le temps et les déplacements que le service permettra d’épargner.

Les producteurs intéressés ont jusqu’au 21 janvier pour confirmer leur participation. Une décision finale de la Régie est attendue par la suite. Si le seuil d’adhésion visé est atteint, le Kamouraska deviendra l’une des très rares MRC au Québec à offrir un service structuré de collecte à la ferme des plastiques d’enrobage agricole.