L’impatience est à son comble au Kamouraska. Trois municipalités doivent remettre à plus tard leurs projets d’infrastructure en eau, en raison des trop longs délais du ministère de l’Environnement à délivrer leur certificat d’autorisation.
Le premier à avoir dénoncé cette situation sur plusieurs tribunes est le maire de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, M. Rosaire Ouellet. Six mois déjà que sa municipalité attend l’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour réaliser environ 160 branchements au réseau d’aqueduc de la Ville de La Pocatière, dans le secteur de la route 132 et du carré Saint-Louis. Sans cette autorisation, pas de règlement d’emprunt, pas de contrat octroyé, pas de chantier. « Comme on ne fait pas des travaux de cette ampleur passé le 15 octobre, aussi bien dire que ça ne se fera pas cette année », de déclarer Rosaire Ouellet.
Pourtant, sur son site internet, le MDDELCC mentionne un délai d’au plus 75 jours pour délivrer une réponse officielle lors du traitement d’une demande d’autorisation ou de permis concernant les projets qui ne sont pas soumis à la procédure d’évaluation environnementale. Selon Rosaire Ouellet, l’ingénieur derrière le projet aurait assuré la Municipalité qu’il n’y a pas de problématique du genre. « Au ministère, on n’est même pas capable de nous donner une date. Tout ce qu’on sait, c’est que notre dossier est le 39e sur la pile », de s’exclamer le maire.
À bout de ressources, il mentionne avoir interpellé le député Norbert Morin sur la question, qui à son tour, en aurait fait mention au sein du caucus libéral et personnellement auprès de la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon. Il ajoute même que la Fédération québécoise des municipalités (FQM) se serait déjà mêlée du dossier.
Réponse du ministère
À la délégation régionale du ministère de l’Environnement au Bas-Saint-Laurent, on mentionne qu’un nombre anormalement élevé de demandes ont été déposées à leurs bureaux au cours des derniers mois ce qui amène un certain délai pour l’analyse de l’ensemble des projets soumis pour autorisation. On ajoute que le personnel met tout en œuvre pour assurer leur traitement dans les meilleurs délais possible.
Dans le cas du projet d’aqueduc et d’égout de Saint-Germain, le délai pour obtenir le certificat d’autorisation au ministère de l’Environnement s’est échelonné sur plus d’un an, de confirmer le maire, Daniel Laplante. « On a déposé notre demande en avril 2017. On a reçu notre CA (certificat d’autorisation) en mai de cette année. Comme il nous restait encore quelques ficelles à attacher, on a décidé de reporter à l’an prochain », de préciser le maire.
Kamouraska
Ces deux situations vécues par Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Saint-Germain n’ont rien pour rassurer le maire de Kamouraska, Gilles A. Michaud, dont la demande pour un certificat d’autorisation auprès du ministère de l’Environnement a été envoyée en juillet dernier. Tant que celui-ci n’a pas été délivré, impossible de procéder à la construction de l’usine de traitement d’eau où a été creusé le nouveau puits d’approvisionnement de la Municipalité sur le chemin Lévesque. Ce projet, qui implique de prolonger le réseau d’aqueduc sur une distance d’environ 1 km sur la Route de Kamouraska pour relier la Municipalité au nouveau puits, doit permettre de brancher au passage une quinzaine de résidences qui vivent une problématique aigüe d’approvisionnement en eau potable. « Tout est prêt. C’est dommage qu’on soit pris en otage. On ne demande pas mieux que de se mettre aux normes et de distribuer l’eau la plus saine possible à nos concitoyens, mais pour ça, il faut que ça bouge quelque part », a-t-il déploré.