RIVIÈRE-DU-LOUP – Hier midi, vers 12 h 50 au restaurant St-Hubert de Rivière-du-Loup, c’est la panique. Un homme de 74 ans vient de s’effondrer au sol. Le septuagénaire ne respire plus et il n’y a aucune trace de pouls. Une serveuse, Thérèse Bourgoin prend alors les choses en main. Mettant en pratique ses connaissances de techniques RCR, elle a carrément réanimé le septuagénaire qui était à nouveau conscient à l’arrivée des paramédics.
« J’étais dans ma bulle. J’ai placé mes mains sur lui. Il n’y avait plus rien, ses yeux étaient vides, il avait de l’écume à la bouche. Et puis, au sixième coup, c’est reparti », raconte Thérèse Bourgouin. Celle qui a potentiellement sauvé la vie du septuagénaire refuse catégoriquement de se faire qualifier d’héroïne. « Je n’ai fait que mon devoir, que ce que j’ai appris », soutient-elle.
Quand l’homme s’est effondré, c’est elle qui a pris les choses en main. « Malgré tout, il voulait aller aux toilettes, mais je lui ai dit non, raconte-t-elle. J’ai demandé à une collègue d’appeler une ambulance, au même moment il est parti. Il ne respirait plus, je n’entendais plus battre son cœur, plus de pouls », raconte Thérèse.
Elle met immédiatement en pratique ce qu’elle a appris lors d’un cours de RCR suivi il y a un an. « J’ai fait mon devoir. Je me suis demandé si je faisais ça comme il faut, mais il y avait un médecin au restaurant. Il m’a dit qu’il n’était pas intervenu, car j’étais en contrôle de la situation », raconte la serveuse-secouriste.
Malgré tout, la jeune femme est restée marquée par l’incident. « Je suis allée voir ma mère en pleurant, mais tout ce que je voulais c’était prendre mes enfants dans mes bras », raconte Thérèse Bourgouin. Elle s’est aussi rendue au chevet du septuagénaire qui ne garde aucun souvenir de ce difficile moment.
Un incident qui a tout autant marqué sa collègue, Fanny Carrier-Paquin. L’homme qui s’est affaissé est son grand-père. « Beaucoup d’émotion et de reconnaissance pour Thérèse, je ne lui dirai jamais assez merci », commente la jeune femme. Elle a tout vu. Son grand-père s’affaisser, balbutier quelques mots, puis littéralement mourir devant ses yeux.

La sauveteuse, Thérèse Bourgouin (à droite) et sa collègue du restaurant St-Hubert, Fanny Carrier-Paquin (à gauche), petite-fille de la victime.
Photo : François Drouin
« Je me suis dit il est mort, il n’y avait rien d’autre », raconte celle qui, quelques instants plus tôt, accompagnait son grand-père aux toilettes. Ce dernier qui relève d’un accident cardiovasculaire (ACV) n’a plus la force d’autrefois. « Il est plus faible qu’avant alors c’est à nous de veiller sur lui maintenant », commente la serveuse avec émotion.
RCR
On ne le dira jamais trop, un cours de RCR peut sauver des vies. « J’en suis la preuve », lance avec fierté Mme Bourgoin. Titulaire de son cours depuis un an, elle le doit à son ancien employeur, l’épicerie Maxi, de lui avoir permis de suivre cette formation. « J’invite tous les autres employeurs à faire de même », conclut celle qui souligne avoir hâte de retrouver l’anonymat.
Pour le relationniste de la Coopérative des paramédics du Grand-Portage, Joël Dubé, l’importance des cours de RCR n’est plus à faire. « Un cours de quatre heures peut nous apprendre à sauver des vies. Effectuer une assistance RCR et de l’assistance respiratoire joue un rôle primordial dans la survie d’un patient », a-t-il souligné.
Santé
Quant à l’état de santé du grand-père de Fanny Carrier-Paquin, son état est stable, il est toujours en observation au CHRGP, mais on ne craint plus pour sa vie.
Par François Drouin; Infodimanche.com
