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Retour de la chasse printanière à Montmagny

À court terme, la parcelle de terrain de Pointe-à-la-Caille détenue par la municipalité a déjà trouvé une utilisation. Au printemps prochain, les adeptes pourront y chasser la grande oie des neiges. Benoit Gendreau, biologiste chargé de projet à la CDEMM (Corporation de développement économique de la MRC de Montmagny) compte remettre Montmagny sur la carte de la chasse printanière et offrir une expérience unique aux chasseurs.

La chasse printanière entre la 132 et le fleuve était interdite depuis 1999. Au printemps 2014, le champ municipal de Pointe-à-la-Caille sera retiré de cette exclusion. C’est Benoit Gendreau siège sur la Table de concertation de la gestion de la grande oie des neiges, qui a pris cette décision.

« La Table de concertation regroupe plusieurs intervenants concernés par la gestion intégrée et durable de l’oie blanche, tels que les financières agricoles, chercheurs, biologistes, l’Union des producteurs agricoles, fédération de chasseurs, etc. Il faut réussir à satisfaire à la fois les agriculteurs, les chasseurs et les observateurs. Plus nous sommes nombreux, mieux c’est, car cela nous permet d’échanger nos différentes visions », explique Benoit Gendreau.

Chasse contrôlée

D’après M. Gendreau, le champ de la ville du secteur de Pointe-à-la-Caille est une zone à fort potentiel pour les chasseurs à l’oie blanche, mais très peu pour l’observation, à cause de la présence d’effaroucheurs non loin de là. Le champ est situé dans un corridor de déplacement naturel des oies et les chasseurs pourront les tirer en vol.

Pour le biologiste, « il est plus intéressant d’établir une chasse contrôlée qui génère des retombées économiques que d’effectuer un effarouchement constant qui coûte cher ».

« Pour l’instant, il ne se passe pas grand-chose dans ce coin-là. Si les choses changent, qu’il y a des aménagements ou des sentiers, il faudra s’adapter, éventuellement arrêter la chasse », de dire Benoit Gendreau. Mais pour l’instant, la municipalité n’envisage pas de développer ce secteur à court terme. »

Tirage au sort

Ceux et celles qui souhaitent chasser dans le secteur devront s’inscrire auprès de Benoit Gendreau en janvier prochain, et payer un ticket modérateur de quelques dollars. Les personnes tirées au sort pourront choisir leur date de chasse, entre mi-avril et mi-mai. Elles pourront être accompagnées de trois autres personnes. Les coûts sont de 250 $ par groupe.

Les quotas permettent de tuer 20 oies par jour et par personne. Selon Benoit Gendreau, la moyenne tourne plus autour de 2-3 oies par jour et par chasseur. « L’important, ce n’est pas le nombre d’oies tuées, mais le plaisir de chasser entre amis ». Cela permet de limiter les déceptions, car une journée de chasse peut ne rapporter aucune oie.

Chasse respectueuse

Il faudra sensibiliser les chasseurs  à une chasse respectueuse par le biais de formations. « Une chasse respectueuse, c’est bien évaluer la portée de tir pour ne pas blesser inutilement un oiseau; c’est se pratiquer au tir. C’est aussi utiliser toutes les parties de l’oiseau, pour ne pas gaspiller de viande. On ne veut surtout pas créer de conflit avec les anti-chasseur », de dire le biologiste.

Mais, comme il s’agit d’un projet expérimental, on ne sait pas comment les oies vont réagir à la présence de chasseurs. « Si jamais, le comportement des oies change à la suite de l’établissement de cette chasse, des modifications majeures seront apportées; jusqu’à la fermeture totale du site de chasse. Les chasseurs qui vont s’inscrire pour chasser sur ce site seront prévenus qu’il peut y avoir des modifications ».

Étant donné que la chasse aura lieu en zone périurbaine, est-ce dangereux pour les agriculteurs ou le public? « Avant le début mai, il est rare de voir les agriculteurs travailler dans leurs champs. De plus, les portées d’armes sont de courtes distances, une centaine de mètres maximum (environ 300 pieds). Enfin, les gens qui font de l’observation vont proche des bassins  d’épuration », de soutenir M. Gendreau

Limiter les dommages

Selon lui, introduire la chasse dans ce secteur permettra aux chasseurs de jouer le rôle d’effaroucheur et en fin de compte de limiter les dommages agricoles. « Les grandes oies des neiges font surtout des ravages dans les champs de foin, si bien que la première coupe peut être complètement perdue. Elles ravagent peu les champs de culture céréalière, car généralement, elles sont déjà parties quand les graines commencent à germer à la mi-mai. »

Un autre champ sera cultivé, proche des bassins d’épuration, également pour attirer les oies, mais dans un but d’observation. Si les agriculteurs voient d’un mauvais œil les oies dans leurs champs, de leur côté, les touristes, les observateurs d’oiseaux, eux, veulent en voir le plus possible. Il faut essayer de satisfaire tout le monde.