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Saint-Alexandre : Le vacarme plutôt que la quiétude

André Allard veut retrouver la quiétude à laquelle il a droit.

La quiétude à laquelle croyait avoir droit André Allard s’est transformée en combat quotidien. Résident de Saint-Alexandre, il dénonce l’aménagement et l’utilisation d’une piste de motocross qu’il juge illégale, installée à quelques dizaines de mètres de sa résidence, en pleine zone agricole.

Selon lui, la situation rend toute jouissance normale de sa propriété impossible. « Je suis à environ 135 pieds de la piste, aménagée à la fin mai. Souvent, entre 9 h 30 et 21 h 30, du début de l’été à la reprise de l’école, en septembre, il n’y a pas une belle journée où je peux m’asseoir dehors tranquillement. C’est impossible. Le bruit est constant, matin et soir », affirme-t-il, décrivant des motocross conduits surtout par de jeunes amateurs, mais aussi par des adultes.

Un terrain zoné agricole

Au cœur de la problématique, le zonage. Le secteur où se trouve la piste serait classé en zone agricole, ce qui, selon André Allard, rend l’aménagement d’une piste de motocross non conforme à la réglementation. Il soutient que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a déjà confirmé que ce type d’usage n’y est pas permis. Nos recherches semblent confirmer ses allégations. La Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles a pour objectif de préserver les terres agricoles pour l’agriculture, et interdit l’utilisation d’un lot agricole à d’autres fins que l’agriculture, sauf autorisation expresse de la CPTAQ.

Dès les premières activités, M.  Allard affirme avoir tenté une approche directe auprès du propriétaire du terrain, lui suggérant d’aller chercher les autorisations nécessaires, en vain.

Démarches répétées, réponses floues

À partir du début de l’été, André Allard multiplie les démarches auprès de la Municipalité. Il se rend une première fois à l’hôtel de ville au début juin, puis à nouveau en juillet, sans obtenir de réponse claire. En septembre, alors que les élections municipales approchent, il dépose officiellement une plainte au conseil municipal.

C’est lors d’une séance du conseil, en novembre, qu’un nouveau conseiller l’informe qu’il aurait été convoqué à une rencontre, mais qu’il ne s’y serait pas présenté. Une affirmation que M. Allard conteste catégoriquement. « On m’a dit que j’avais été convoqué. J’ai demandé l’ordre du jour, la date, l’heure et le moyen de communication utilisé pour me convoquer. Il n’y a rien. Aucune trace », soutient-il. Pour en avoir le cœur net, il vérifie l’ensemble de ses appels et messages. « Le seul moyen de me rejoindre, c’est mon téléphone. Il n’y a jamais eu d’appel de la Municipalité. Jamais », insiste-t-il.

Sa récente présence à une séance du conseil municipal n’a fait qu’accentuer sa frustration. Il pose de nouveau ses trois questions : pourquoi le dossier n’a-t-il jamais été transmis à la CPTAQ, quand aurait eu lieu la supposée rencontre, et comment il aurait été convoqué. Le lendemain, une rencontre est organisée au bureau municipal avec le directeur général par intérim, Jean D’Amour. Le responsable de l’aménagement et de la délivrance des permis était là. La réponse qu’il obtient le laisse sans voix. « Il m’a dit : “Je n’ai pas eu le temps.” Pas le temps, en huit mois », résume-t-il, visiblement exaspéré.

Un climat qui se détériore

Au-delà du bruit, André Allard affirme que le climat s’est détérioré depuis qu’il dénonce la situation. Il dit avoir reçu des menaces, et rapporte plusieurs actes de vandalisme sur sa propriété. Des arbres auraient notamment été endommagés à proximité de sa maison, événements pour lesquels il a porté plainte à la Sûreté du Québec. « J’ai des photos, des vidéos, j’ai fait des démarches. Mais sans caméra qui capte les gestes clairement, on me dit que c’est difficile d’avancer », déplore-t-il.

Aujourd’hui, le dossier demeure irrésolu. André Allard affirme ne pas vouloir lâcher le morceau. « Je ne demande pas la lune. Je demande juste de pouvoir vivre chez nous dans le calme, et que les règles soient respectées », conclut celui qui entend poursuivre ses démarches auprès des autorités municipales et des instances concernées, convaincu que la piste de motocross n’a tout simplement pas sa place dans un secteur agricole résidentiel.

Du temps au temps

Jean D’Amour soutient avoir donné un rendez-vous à M. Allard en juin, et qu’il ne s’est pas présenté. Il confirme cependant ses propos, à savoir que lors de la seconde rencontre, suite à sa présence au conseil municipal, M. Allard est allé le rencontrer, et que l’urbaniste Sylvain Thériault lui a effectivement dit que le temps lui avait manqué.

« On s’entend que la piste de motocross en plein hiver, elle n’existe pas, c’est de la neige. Mais le dossier avance, tout porte à croire qu’on est en zone agricole, on est en train de valider, et si la piste n’est pas conforme, la Ville va faire sa job », dit-il, réitérant sa confiance en M. Thériault. « Pour appliquer un règlement, il faut prendre le temps de faire les choses correctement. D’ici le printemps, les choses devraient prendre leur place. »

Cette piste de motocross, possiblement aménagée en territoire agricole, donne bien des maux de tête à André Allard. Photos : Courtoisie