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Saint-Joseph-de-Kamouraska : Le Groupe Lebel ferme définitivement sa scierie

L’usine était à l’arrêt depuis février 2025. Photo : Site internet du Groupe Lebel

Le Groupe Lebel a annoncé mettre fin définitivement aux activités de son usine de Saint-Joseph-de-Kamouraska. L’entreprise invoque l’incertitude concernant l’approvisionnement en bois, l’échec de la réforme du régime forestier par le gouvernement de la CAQ, et les tarifs instaurés par l’administration Trump, à la hauteur de 45 % sur le bois québécois exporté aux États-Unis. 

« Notre usine manque de bois, c’est déplorable, on est quand même dans une région forestière. On se sent abandonné », déplore le président du Syndicat des travailleurs du sciage de Kamouraska-CSN, Francis Dubé.

Le syndicat ajoute que face à cette tempête, une seule réponse est venue tardivement du gouvernement du Québec : la fin des redevances sur le bois de la forêt publique, conjuguée à l’abolition du Bureau de mise en marché des bois. « Ce dernier geste risque cependant de compliquer l’approvisionnement de plus petits joueurs qui n’ont pas suffisamment de contrats en bois de la forêt publique, et qui n’ont plus accès à cette possibilité pour en acheter davantage », lit-on dans un communiqué émis par la CSN.

Selon le Groupe Lebel, le moulin de Saint-Joseph-de-Kamouraska pouvait scier 170 000 mètres cubes de bois, mais n’en sciait pas plus de 60 000 mètres cubes avant sa fermeture en février 2025, par manque d’approvisionnement. Une faible production qui empêchait la scierie de faire ses frais.

La fermeture de cette scierie s’ajoute à celle de l’usine de papier F.F. Soucy, de Rivière-du-Loup, qui a mis fin à ses activités. Elle recevait ses copeaux de la scierie de Saint Joseph-de-Kamouraska. « On rappelle également les fermetures relativement récentes des scieries de Saint-Ludger-de-Milot et de Val-d’Or. Plusieurs usines sont quant à elles arrêtées pour une durée indéterminée, comme celles d’Outardes et de Béarn, sans compter les autres, où les employés ne sont pas représentés par la CSN, et qui ont également mis fin à leurs activités ces dernières années », écrit Thierry Larivière, conseiller aux communications de la CSN.

« Il faut arrêter l’hémorragie. Le gouvernement doit enfin préciser ce que deviendra l’industrie forestière à moyen et à long terme, et doit établir un plan pour la diversification des usines qui ne pourront plus être approvisionnées en bois comme avant. Ça fait des années qu’on le demande. Il faut que la nouvelle ou le nouveau premier ministre, ou encore le prochain gouvernement entendent enfin les régions forestières », affirme la présidente de la CSN Caroline Senneville.

« Les mesures proposées récemment sur les redevances payées par les forestières ne suffisent pas à rassurer l’industrie. Il faut une stratégie globale d’un côté, et une aide à court terme de l’autre », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon. « C’est encore un dur coup pour notre économie régionale. Nos communautés forestières méritent mieux », déplore quant à elle Liette Ross, la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN.

Une dizaine de travailleurs perdent définitivement leur emploi.