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Marée noire vogue jusqu’à Cannes

Chantal Caron

Marée noire poursuit sa route en continuant de charmer le monde. À preuve, sa conceptrice Chantal Caron était récemment à Cannes pour présenter son film à Mov’in Cannes, un festival international de cinédanse qui ne cesse de gagner en prestige. Invitée officielle du Festival de danse Cannes – Côte d’Azur France, elle faisait partie des 20 œuvres sélectionnées parmi 134 candidatures provenant de partout sur la planète.

« On n’a pas gagné, mais on est très très content d’avoir participé », lance Chantal Caron d’entrée de jeu. La chorégraphe originaire de Saint-Jean-Port-Joli parle d’une expérience à la fois unique, exigeante et profondément inspirante. « C’est quand même un festival de grande envergure. J’en ai fait pas mal des festivals, et jusqu’à maintenant, je dirais que celui-là, en termes de réflexion, avec des tables rondes et des classes de maître, apporte quelque chose d’important sur la danse, mais surtout sur la cinédanse. »

Mov’in Cannes peut compter sur une direction artistique aguerrie. Didier Deschamps, ex-directeur du prestigieux théâtre de Chaillot à Paris, et Éric Oberdorff, ancien danseur des Ballets de Monte-Carlo, pilotent désormais un rendez-vous qui devient annuel. Pour Chantal, être invitée officiellement à représenter le Canada parmi un consortium regroupant l’Islande, l’Irlande, l’Allemagne et d’autres pays, c’est « un beau déploiement, autant pour moi que pour Fleuve | Espace danse ».

Tapis d’éloges

Au-delà du tapis rouge et du prestige cannois, la chorégraphe retient la force de la sélection internationale. « Ce qu’Éric nous a dit, c’est qu’il y avait eu 134 films soumis. Il y en avait 20 de sélectionnés, dont huit présélectionnés par leur pays. J’en faisais partie. » Pour une œuvre de danse comme Marée noire, la performance est exceptionnelle. Depuis 2024, le film a remporté 18 prix, et a circulé dans plus de soixante festivals. « C’est assez extraordinaire pour un film de danse », dit-elle, parlant de l’ampleur du parcours.

Et partout, le public est toujours ravi. « À chaque fois on entend les qualificatifs : incroyable, splendide, comment vous avez réussi cet exploit ? »

Le passage de Chantal à Cannes a aussi pris des allures de séminaire. Hébergée à l’hôtel Cannes Centre Univers, au cœur de la ville, invitée aux différentes activités professionnelles, dont la classe de maître Danse & Cinéma, elle a vécu pleinement le rythme du festival. « C’était vraiment très très excitant d’être à Cannes, de pouvoir vivre ça. C’est unique et prestigieux. »

Et l’aventure se poursuit. Après quelques jours de vacances en Italie, la chorégraphe s’envolera vers Bilbao, invitée cette fois à un festival de films orienté vers l’aventure et la nature. « Chaque festival a sa propre couleur », conclut-elle. Et Marée noire, visiblement, continue d’inspirer toutes les palettes.

Chantal Caron honorée à Montréal

Il n’y a pas que son film qui se distingue. L’œuvre de Chantal Caron a été soulignée à Montréal récemment, lors des Prix de la danse. La native de Saint-Jean-Port-Joli a mérité le prix Étincelle | Pierre-Paul Savoie.

La compétition, créée en 2011 par la chorégraphe Marie Chouinard et reprise par Mélanie Demers, figure bien connue du milieu, permet entre autres de mettre en valeur l’excellence des artistes en danse qui se sont produits sur les scènes québécoises. Le jury a été unanime en décernant le prix à Chantal Caron.

« Animée par une audace créatrice, Chantal Caron fait sortir la danse de ses murs pour l’amener au cœur de son environnement. Elle établit un lien direct avec le public, transformant la nature en une scène et la danse en un échange avec le monde. Cette démarche artistique d’une rare intégrité fait d’elle une pionnière de la danse in situ au Québec », lit-on dans le mot de présentation.

« Grâce à ses courts métrages de danse, elle a acquis une renommée internationale, tout en maintenant un lien fort avec sa communauté et son territoire. Ancrées sur les berges du Saint-Laurent, ses œuvres sont une étincelle d’humanisme, un puissant reflet de notre époque et de ses préoccupations environnementales. Elles nous rappellent avec justesse et authenticité combien l’art peut réellement servir de passerelle entre l’humain et la nature. C’est pour ces valeurs d’engagement, d’intégrité et de générosité, intrinsèquement liées au Prix Étincelle | Pierre-Paul Savoie, que le comité de sélection a choisi de saluer le parcours étincelant de Chantal Caron. »

« Je suis profondément touchée et tellement heureuse de recevoir ce prix Étincelle, en l’honneur de ce grand Pierre-Paul Savoie, portant une grande vision et une humanité remarquable », commente Chantal en remerciant sa fille et collaboratrice, Emie-Liza, qui tient avec elle les rênes de Fleuve Espace danse. « Merci de me soutenir et de m’accompagner dans les défis à relever. Je partage cet honneur avec mes précieux interprètes, mes collaborateurs, Jean, ma famille, mes amis et mon conseil d’administration. »