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Et pourquoi pas Amélie Dionne ?

Amélie Dionne lors de la commission sur les écrans. Photo : Marc Larouche

Le signataire de ces lignes connaît Amélie Dionne depuis au moins 30 ans. Elle est tombée dans la marmite politique étant jeune, et visiblement, elle en adore la saveur. D’aucuns se surprennent que son nom ne soit pas sorti parmi les successeurs potentiels de François Legault. Le temps n’est simplement pas venu. Mais il viendra.

La CAQ traverse une zone de fortes turbulences. Les départs de Lionel Carmant et de Christian Dubé, la démission du premier ministre François Legault, puis les annonces de Geneviève Guilbault et Sonia Lebel de quitter la politique à l’issue de leur mandat ont redistribué les cartes. Plusieurs ministres ont été pressentis pour reprendre le flambeau de M. Legault. Et le nom d’Amélie Dionne n’a pas circulé.

En politique, les trajectoires ne s’imposent pas dans la précipitation. Elles se construisent, étape par étape. Et si le moment n’est pas encore arrivé pour elle, tout indique qu’il viendra.

Les jeunes au pouvoir

L’échiquier politique provincial est en profonde transformation. Ce sont les jeunes qui prennent la relève. Charles Milliard, qui sera fort probablement chef du Parti libéral, a 47 ans ; Paul St-Pierre Plamondon, du Parti québécois, en a 48. Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec, en a 56. À tout juste 50 ans, Amélie Dionne s’inscrit parfaitement dans cette vague de changement.

Son parcours s’inscrit dans une tradition familiale profondément politisée. Son père, Jean-Guy, qui a été maire de Saint-Patrice-de-Rivière-du-Loup pendant de nombreuses années, a transmis sa passion à sa famille. Amélie Dionne a d’abord fait ses classes comme conseillère municipale à Rivière-du-Loup, siégeant au même conseil que son père. Elle apprend, observe, écoute, s’ajuste, avance.

Son frère Manuel a étudié dans le domaine, et a longtemps été directeur des relations médias de François Legault. C’est même lui qui a été choisi par l’équipe de l’émission Tout le monde en parle pour commenter la démission de l’homme et dresser son portrait.

Amélie Dionne, elle, avance avec une ambition doublée d’une connaissance du milieu et des rouages politiques qui ne cessent de croître. Depuis sa nomination comme ministre du Tourisme, elle sillonne le Québec, apprend à connaître les régions et leurs spécificités. Elle s’imprègne des réalités locales et tisse des liens sur le terrain. N’est-ce pas l’apanage d’un bon politicien de connaître son territoire et les réalités de chacun des milieux ?

Le travail d’Amélie Dionne est en général apprécié. Même parmi ses critiques, peu remettent en cause sa présence sur le terrain et son sérieux. L’un des rares reproches qui reviennent demeure le départ de la traverse de Rivière-du-Loup vers Cacouna.

La décision est lourde sur le plan symbolique. Le service de traversier est associé à Rivière-du-Loup depuis plus de 100 ans. Or, ce choix ne revient pas à Amélie Dionne. Il s’est imposé à elle, dans un contexte réglementaire et environnemental qui dépassait largement son rôle de députée.

Depuis plusieurs années, des restrictions importantes au dragage du quai de Rivière-du-Loup ont été imposées par le gouvernement fédéral afin de protéger les bélugas du Saint-Laurent. Or, le dragage est essentiel au bon fonctionnement et à la sécurité de la traverse. Sans un entretien adéquat des fonds marins, le maintien du service devenait de plus en plus fragile, tant sur le plan opérationnel que financier.

Faute d’un dragage suffisant, l’infrastructure se retrouvait dans une impasse. Le scénario menant au déplacement de la traverse était déjà largement écrit, peu importe la personne en poste. L’urgence décisionnelle s’est imposée alors qu’Amélie Dionne était députée. Elle en a porté le poids politique, sans en être à l’origine.

Une importante commission

Amélie Dionne a été choisie pour présider la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes au Québec, une commission transpartisane dont les résultats ont mené à plusieurs actions, dont l’abolition du cellulaire en classe. Aujourd’hui, autant les jeunes que les adultes s’en réjouissent. Tous s’entendent que ce qui en a découlé a amélioré de beaucoup les relations humaines des jeunes, à l’école comme à la maison. Même les adultes repensent leur relation avec leur téléphone.

Cet important exercice ajoute à la crédibilité de la ministre, qui participe à des forums sur la question. En février, elle sera d’une conférence à Montréal portant sur l’enfance numérique, sur le même panel que des médecins, des intervenants scolaires spécialisés, des experts.

La CAQ est-elle en danger ? Peut-être. L’avenir le dira. Mais pas Amélie Dionne. Elle dit n’avoir aucun intérêt pour la course à la chefferie de la CAQ. Pour avoir œuvré en politique, je sais qu’il faut être solidaire et savoir quelquefois se retirer, question de ne pas brouiller les cartes d’un jeu déjà complexe.

Le tout est maintenant de savoir à quel endroit la vie décidera de la placer sur l’échiquier. Le Québec n’a pas fini d’entendre parler d’elle. D’ici là, Amélie continue de tracer son fabuleux destin politique.

Succession de François Legault : Amélie Dionne ne sera pas de la course

La députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, ministre du Tourisme et responsable des régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Amélie Dionne, ne sera pas de la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec afin de remplacer François Legault, qui a choisi de démissionner. La principale intéressée l’a confirmé au journal, et a été claire sur le sujet.

« Je n’ai aucun intérêt pour la course à la chefferie, mais j’ai d’excellents collègues qui pourraient assumer la chefferie de la CAQ et accéder aux fonctions de premier ou de première ministre du Québec », a-t-elle dit lorsqu’interrogée sur la question.

Pour l’instant,  Christine Fréchette et Bernard Drainville sont dans la course et Mme Dionne a annoncé qu’elle appuie Mme Fréchette dans sa démarche.