À bout de souffle, des organismes communautaires de la région ont directement interpellé le député de Côte-du-Sud Mathieu Rivest, le 30 mars dernier à Saint-Jean-Port-Joli, afin de dénoncer la pression grandissante sur leurs services, et réclamer des actions concrètes du gouvernement.
La rencontre s’est tenue au Café Tempête à Saint-Jean-Port-Joli, en présence de représentants d’organismes issus des MRC de Montmagny, de L’Islet et du Kamouraska, notamment des Corporations de développement communautaire (CDC). Selon les informations recueillies, les participants ont profité de l’occasion pour faire entendre leurs réalités quotidiennes, et remettre au député leurs mandats de grève.
Au cœur des revendications : des conditions de travail jugées insuffisantes, un financement à la mission considéré inadéquat, une reconnaissance accrue du rôle des organismes, ainsi qu’une plus grande autonomie face à ce qui est décrit comme un financement encore trop précaire. Les intervenants ont prévenu que, sans améliorations concrètes, certaines organisations pourraient être contraintes de réduire leurs services, malgré une demande en constante augmentation.
Une reconnaissance jugée essentielle
Interpellé ensuite par Le Placoteux sur le sujet, Mathieu Rivest a affirmé bien connaître le milieu communautaire, et en reconnaître l’importance dans l’écosystème des services de proximité. « Des fois, ce n’est pas juste de l’argent, mais la reconnaissance qui vient avec le travail remarquable que les organismes communautaires font dans notre milieu. Pour moi, il est plus qu’essentiel », a-t-il déclaré.
Le député a également soutenu que le gouvernement du Québec a accru de manière importante le financement accordé au milieu communautaire depuis 2018. « Je suis très fier de dire que notre gouvernement a doublé le financement qui est donné, soit de un à deux milliards », dit-il.
Les données publiques confirment effectivement une hausse importante du soutien global aux organismes communautaires au Québec au cours des dernières années.
Pression croissante sur le terrain
Mathieu Rivest reconnaît néanmoins que les besoins continuent d’augmenter, notamment dans des régions comme la Côte-du-Sud, marquées par le vieillissement de la population et des enjeux en santé mentale. Il souligne également certaines limites du modèle de financement par projet, qui peut fragiliser les organismes à long terme. « Quand le soutien disparaît, ça devient complexe d’avoir créé ce besoin-là, et de ne plus être capable de le soutenir », a-t-il indiqué, évoquant la nécessité d’un meilleur équilibre entre financement à la mission et financement ponctuel.
Parmi les irritants soulevés lors de la rencontre, la lourdeur administrative figurait en tête de liste. « Il y a beaucoup de redditions de comptes. […] Quand on engage des ressources pour remplir des papiers, et qu’on n’est pas sur le terrain en train d’aider, ça, c’est vraiment un des gros problèmes », a-t-il résumé.
La question de la main-d’œuvre a également été abordée, alors que les salaires offerts dans le communautaire demeurent souvent moins compétitifs que dans le secteur public, malgré des responsabilités comparables.
