Le Bas-Saint-Laurent résiste, mais continue de vieillir plus rapidement que plusieurs régions du Québec, pendant que la croissance démographique ralentit fortement partout dans la province. C’est ce qui ressort du Bilan démographique du Québec 2026 publié par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Le document montre aussi que le Québec a connu en 2025 une très rare décroissance de sa population.
Selon l’ISQ, la population québécoise aurait diminué de 9600 personnes en 2025, un recul de 0,1 %. Il s’agirait du premier épisode de déclin démographique depuis le début des années 1970. La province comptait 9,03 millions d’habitants au 1er janvier 2026. Le phénomène s’explique principalement par la chute de l’immigration temporaire. Après les fortes poussées démographiques de 2022 à 2024, où le Québec gagnait annuellement entre 130 000 et 166 000 habitants, le portrait s’est complètement inversé.
Le Bas-Saint-Laurent résiste toutefois mieux que plusieurs régions québécoises. Les données régionales de l’ISQ indiquent que le taux d’accroissement démographique du Bas-Saint-Laurent s’établissait à 8,1 pour mille en 2024-2025, soit bien au-dessus du taux québécois global de 7,0 pour mille observé pour la même période régionale. Le Bas-Saint-Laurent fait ainsi meilleure figure que des régions comme la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine ou la Côte-Nord, où la population n’a pratiquement pas augmenté.
L’ISQ précise cependant que cette croissance régionale demeure largement soutenue par les migrations plutôt que par les naissances. Dans une majorité de régions du Québec, les décès surpassent désormais les naissances.
L’espérance de vie diminue
Le phénomène du vieillissement frappe particulièrement les régions éloignées des grands centres urbains. À l’échelle provinciale, les personnes âgées de 65 ans et plus représentent maintenant 21,7 % de la population québécoise, soit davantage que les jeunes de moins de 20 ans, qui comptent pour 20,6 %.
Le Bas-Saint-Laurent figure aussi parmi les régions où l’espérance de vie a diminué depuis la pandémie. Entre les périodes 2017-2019 et 2023-2025, la baisse observée atteint 0,7 an, ce qui place la région parmi celles ayant enregistré les plus importants reculs au Québec.
L’espérance de vie moyenne au Bas-Saint-Laurent s’établit maintenant à 81,7 ans, comparativement à 82,7 ans pour l’ensemble du Québec. Les hommes de la région ont une espérance de vie de 80,1 ans, contre 83,3 ans pour les femmes. À titre comparatif, Montréal affiche une espérance de vie moyenne de 83,6 ans, Laval de 84,3 ans, et la Capitale-Nationale de 83,1 ans.
Le rapport souligne également que les régions dont l’espérance de vie a le plus diminué sont souvent celles plus éloignées des grands centres, et qui présentaient historiquement des indicateurs plus faibles. « Les disparités entre régions se sont donc accentuées au cours des dernières années », note l’ISQ.
Plan migratoire
Sur le plan migratoire, le Bas-Saint-Laurent demeure néanmoins dans une situation relativement favorable. Les migrations internationales continuent d’alimenter la croissance régionale, même si le ralentissement de l’immigration temporaire se fait sentir partout au Québec. Le taux net de migration internationale du Bas-Saint-Laurent atteignait encore 5,5 pour mille en 2024-2025, selon les données régionales de l’ISQ.
Le rapport note aussi que la régionalisation de l’immigration se poursuit graduellement au Québec. Montréal accueillait 45 % des nouveaux résidents permanents en 2024-2025, contre environ 75 % il y a vingt ans.
Le Québec dans son ensemble entre ainsi dans une nouvelle phase démographique, marquée par une faible natalité, un vieillissement soutenu, et une dépendance accrue à l’immigration pour soutenir sa croissance. En 2025, la province a enregistré 78 200 naissances contre 80 450 décès. Il s’agit d’une deuxième année consécutive où les décès dépassent les naissances.