Pour faire suite à l’article Le projet de tour est plus contesté que jamais publié dans ces pages le 18 mai sous la plume de Marc Larouche.
Je remercie monsieur Larouche d’avoir rapporté mes paroles dans l’article cité plus haut. Je ne me plaindrai pas d’avoir été mal cité, parce que Monsieur Larouche a reproduit mes propos presque intégralement. L’article contient en effet une seule erreur, et c’est la mienne. La rumeur courait selon laquelle la tour de télécommunication n’allait pas être installée à Rivière-Ouelle parce que l’ex-maire Louis-Georges Simard s’y était opposé. Or, j’ai relayé cette rumeur avant de découvrir qu’elle était fausse : nous en avons eu la confirmation lors d’une assemblée citoyenne rassemblant près de 70 personnes le lundi 11 mai au Complexe municipal de Saint-Denis. M. Simard, qui était sur place, est venu témoigner de son intérêt, manifesté clairement à l’époque, pour accueillir ladite tour à Rivière-Ouelle. Et de fait, la solution optimale aux lacunes actuelles de la couverture cellulaire, tant pour Rivière-Ouelle que Saint-Denis, ne correspond pas au projet qu’on veut nous imposer. Au contraire, le projet de Bell soutenu par les autorités locales représente, et de loin, la plus mauvaise solution imaginable.
L’emplacement idéal de la tour — et ça a été répété tant et plus — c’est le rocher appelé Côteau de pins à l’extrémité est de Rivière-Ouelle. Éloignée de toute habitation ou bâtiment, sur un point très élevé par rapport aux environs, une tour installée là donnerait accès à un meilleur service à un plus grand nombre d’abonnés, sans gêner les voisins, sans changement de règlement de zonage, sans atteinte à la protection du territoire agricole, tout en limitant la pollution visuelle et lumineuse à son minimum. Or, dieu-sait-qui a décidé de placer la tour à Saint-Denis. Pourquoi ? Qui a décidé ça ? En s’appuyant sur quels motifs ?
Chose certaine, l’emplacement et le type de construction choisis pour Saint-Denis posent problème, et ne bénéficient pas de l’acceptabilité sociale nécessaire. En effet, cette construction d’une hauteur équivalant à un immeuble de vingt étages serait installée à proximité (quelques centaines de pieds) de maisons canadiennes ancestrales, et le long de la route 132, route patrimoniale et panoramique dans ce secteur. Il faut de plus modifier le règlement de zonage, sans compter la pollution visuelle permanente, la pollution lumineuse la nuit à cause des clignotants de la tour, et sonore en tout temps. Sans compter les risques pour la santé des voisins immédiats. Sans compter le sabotage du plan de développement 2023-2030 de Saint-Denis, élaboré par les citoyens, et qui misait sur « la préservation et la mise en valeur des milieux naturels ».
Or, c’est là où le chantage éhonté de Bell intervient : « Si la tour n’est pas là, il n’y en aura pas de tour » ! Effrayé par une telle perspective, notre valeureux conseil municipal a rendu les armes avant même d’avoir bataillé. Étrange quand même de voir que les représentants de la population locale prennent le parti d’une multinationale sans âme et sans cœur pour brimer les droits et réduire la qualité de vie de ses citoyens. La compagnie aurait-elle plus de pouvoir que nos élus ? Faut-il rappeler que la tour sera construite avec des fonds publics ? Que Bell méprise les considérations environnementales, humaines, sociales et patrimoniales, nous n’en sommes pas vraiment surpris. Mais que les députés fédéral et provincial, de même que le conseil municipal ne tiennent aucun compte des inconvénients causés à une partie de leur population par une mauvaise décision politique (favoriser Saint-Denis au détriment de Rivière-Ouelle), voilà qui soulève des questions troublantes. Ils ont pourtant été interpellés sans cesse depuis au moins huit ou neuf mois. Qu’ont-ils fait ? Rien, ou si peu, à part faire la promotion irréfléchie de la solution de Bell.
Pour ma part, je pense qu’il serait grand temps de rendre à Rivière-Ouelle la tour qui lui revient, et de rendre aux citoyens de Saint-Denis la quiétude et la jouissance paisible de leur territoire.
René Gagnon
Fier citoyen de Saint-Denis
