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Chronique d’une mort anticipée

Anthony Horowitz, M COMME meurtre ?, Paris, Sonatine, 2026, 348 pages

M comme meurtre ? d’Antony Horowitz est un bijou de polar inspiré des romans à énigme d’Agatha Christie pour ce qui est de l’intrigue, et des aventures de Sherlock Holmes pour ce qui est du protagoniste principal. À cela on ajoutera l’originalité d’un récit dans lequel l’auteur se met en scène, et va — je cite l’éditeur — « s’amuser avec les codes du polar classique en élaborant un formidable jeu entre réalité et fiction qui piège littéralement le lecteur ».

Une femme âgée est allée dans une entreprise de pompes funèbres pour planifier ses propres funérailles. Six heures plus tard, elle est retrouvée morte dans sa maison : quelqu’un l’a étranglée. Horowitz qui croule déjà sous les commandes, dont un scénario commandé par Spielberg pour la suite des aventures de Tintin, est contacté par Daniel Hawthorne, un ex-flic devenu détective et consultant occasionnel pour la police. Ce dernier lui propose de rédiger un livre à quatre mains sur l’enquête en cours. D’abord réticent, Horowitz accepte finalement le défi de tenter de résoudre cette énigme digne des plus grands romans policiers.

Mais Hawthorne, qui devient très rapidement le personnage principal, est un drôle de zigue : brillant et prétentieux comme Sherlock Holmes, maître dans l’art de la déduction, il n’est pas facile à vivre. D’ailleurs, ses relations avec ses ex-collègues étant « difficiles », il a été viré de la police après avoir « aidé » un délinquant à tomber dans les escaliers depuis le deuxième étage en s’infligeant de graves blessures.

C’est dire que les deux compères qui ont des opinions très diverses, souvent opposées, sur leur projet de bouquin, vont devoir apprendre à travailler ensemble dans une affaire de plus en plus complexe : le fils de la victime est à son tour assassiné. Par qui ? Pour quoi ? On peut compter sur Horowitz pour nous embobiner jusqu’au bout, après un périple passionnant à travers les péripéties de cette affaire truffée de références littéraires, cinématographiques et télévisuelles. Un vrai régal… malgré quelques menues longueurs, l’auteur ayant un goût immodéré pour les descriptions détaillées d’intérieurs et de paysages urbains.