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Dobes, un gars de velours dans une mitaine de fer : Le hockey, le sport national au Canada

Photo : Wallpaper Cave

Au Canada, et plus particulièrement au Québec, vient de se terminer un parcours sportif qui a rassemblé beaucoup d’amateurs de hockey, et même d’amateurs spontanés, autour d’une équipe de jeunes guerriers sur patins.

En ces temps, disons plus sombres, avec ce qui se passe partout sur la planète, ce répit de sombritude a fait du bien à des milliers de personnes au Canada, et peut-être même en France. Oui, car un joueur, Alexandre Texier issu de la France, a fait sa marque avec l’équipe du Canadien pendant ces séries de fin de saison. Même que la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a remis un chandail de Texier au président Macron lors de sa visite officielle.

Une effervescence qui dérange

Oui, l’engouement et l’excitation parfois extrême de milliers de partisans envers une équipe de joueurs millionnaires en ces temps difficiles financièrement ont également créé quelques débats. Mais il faut plutôt voir ce que cet épisode d’effervescence a apporté comme éléments positifs sur une population qui venait de passer un hiver difficile, et qui était en pleine incertitude mondiale.

Des occasions de se rassembler ont émergé partout au Québec, des arénas pleins avec aucun joueur sur la glace, des églises transformées en lieux de diffusion des matchs, des bars et restaurants remplis à pleine capacité, et des salons avec des familles ou des amis rassemblés autour de leurs écrans. Pendant cette période, de nombreuses personnes ont vibré, festoyé, crié ensemble autour d’un même objectif, gagner le prochain match.

Quelque chose de plus subtil

Il s’est aussi passé quelque chose qui est peut-être passé inaperçu pour beaucoup de monde. Ceux et celles qui suivent les Canadiens depuis le début de la saison se rappellent de l’épisode où la vedette incontestée de ces séries, le gardien de but Jakub Dobes s’était montré vulnérable devant les médias après une défaite toute simple durant la saison. Les médias et les amateurs avaient fait tout un plat que Dobes avait pleuré parce qu’il se sentait responsable de la défaite de son équipe. Surtout dans un milieu conservateur et encore assez machiste comme le hockey de la Ligue nationale.

Et là, quelle découverte que cet homme qui s’est dressé comme un mur devant des équipes qui avaient mieux performé durant l’année que les Canadiens. Il n’a pas juste arrêté les rondelles, il a résisté aux nombreux assauts de ses adversaires qui voulaient le déconcentrer, il les a dardés avec son bâton, il les a provoqués lui aussi, et il s’est même nourri de tout ce que l’adversaire tentait de faire pour l’ennuyer. Il s’est dressé debout, fort et fier, et il a affronté l’adversité pendant près d’une vingtaine de matchs.

Dobes, un gars de velours dans une mitaine de fer. Il nous a prouvé que l’on peut être vulnérable, et en même temps invincible quand il le faut. C’est un énorme message à nous, tous les hommes qui n’osons montrer notre vulnérabilité de peur de passer pour un faible.

Merci.

Merci Jakub !

Merci aux joueurs, entraîneurs, et toute l’équipe derrière pour ce que vous nous avez fait vivre pendant ces semaines grises d’un printemps qui, lui, ne s’est pas encore présenté.

Où être vulnérable et fort ?

Si, en tant qu’homme, vous cherchez un espace sécurisant pour vous montrer plus vulnérable le temps d’apprivoiser cette nouvelle ouverture pour vous, il existe plusieurs types de groupes d’écoute et de parole à travers le Québec, et sûrement ailleurs dans le monde. Hommes Québec est l’un de ces organismes qui vous offrent cet espace privilégié. Je l’ai vécu, et je vous le recommande fortement.

Éric Trudel

La Pocatière