À première vue, le parcours de Valérie Hamel pourrait facilement se raconter à travers une longue liste de diplômes. Baccalauréat, maîtrises, formation d’infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne (IPSPL), études en France, et maintenant un doctorat en sciences infirmières : la nouvelle candidate du Parti québécois dans Côte-du-Sud ne manque certainement pas de diplômes sur ses murs.
Mais lorsqu’on s’assoit avec elle, ce n’est pas vraiment par ses diplômes qu’elle choisit de se définir. Elle parle plutôt des gens. Des patients qu’elle soigne, des étudiants qu’elle accompagne, de ses deux filles maintenant à l’université, de son grand-père, de sa mère qu’elle a accompagnée pendant un cancer, des personnes en fin de vie auprès desquelles elle a travaillé, et de cette région qu’elle fréquente depuis sa tendre enfance.
À 44 ans, Valérie Hamel fait ses premières armes en politique active. Elle n’a jamais été députée, conseillère municipale, ni organisatrice politique. Elle arrive d’un autre univers : celui de la santé. « C’est en moi », résume-t-elle lorsqu’on lui demande pourquoi aider les autres occupe autant de place dans sa vie.
Des racines bien ancrées dans la région
Valérie Hamel est née à Québec, mais son histoire familiale est intimement liée à Côte-du-Sud. Ses parents sont établis dans la région depuis plus de 50 ans, et la famille possède une résidence à Sainte-Lucie-de-Beauregard. Elle affirme avoir passé une bonne partie de sa vie dans le secteur.
La région, chez elle, ne se résume donc pas à une circonscription électorale. Elle parle du bois, de la forêt, de la chasse en famille, du sirop d’érable, et d’un mode de vie qu’elle connaît depuis l’enfance. Elle a elle-même travaillé dans le bois, et affirme en bûcher encore aujourd’hui.
Son attachement au territoire a également été façonné par un événement survenu au début des années 2000. Son grand-père tombe alors gravement malade. Il reçoit les premiers soins au CLSC de Saint-Fabien-de-Panet avant d’être transféré à l’hôpital de Montmagny. Selon Valérie Hamel, l’intervention effectuée localement lui a sauvé la vie.
« Il y avait des soins en région », raconte-t-elle.
Des années plus tard, elle reviendra au même endroit. Depuis six ans, elle travaille comme infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne au CLSC de Saint-Fabien-de-Panet.
La santé comme fil conducteur
Le parcours professionnel de Valérie Hamel commence en soins infirmiers. Elle poursuit ensuite ses études, encore et encore. Elle obtient notamment un certificat en santé communautaire, un baccalauréat et une maîtrise en sciences infirmières à l’Université du Québec à Rimouski. Elle complète également une maîtrise professionnelle comme infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne à l’Université du Québec à Trois-Rivières, ainsi qu’une formation universitaire à Aix-Marseille, en France.
Elle poursuit maintenant un doctorat en sciences infirmières à l’UQAR. Son projet s’intéresse notamment à la qualité et à la sécurité des soins dans un contexte où l’intelligence artificielle prend une place croissante. En parallèle, elle enseigne également à l’université.
Cette accumulation de formations n’est pas, assure-t-elle, une course aux diplômes. Elle dit plutôt avoir longtemps cherché, à travers les études et la recherche, des façons d’améliorer le système de santé.
« On peut faire la différence dans la vie d’une personne à la fois », dit-elle à propos de son métier. Après plus de 25 ans dans le réseau, elle veut maintenant essayer de faire cette différence à une autre échelle.
De la naissance à la fin de vie
Son expérience professionnelle l’a amenée auprès de clientèles extrêmement différentes. Comme infirmière praticienne spécialisée en première ligne, elle accompagne autant des femmes enceintes et des enfants que des adultes et des personnes âgées. Elle a également développé une expertise auprès de personnes vivant avec une dépendance aux opioïdes ou à d’autres substances, et intervient à différents endroits en Chaudière-Appalaches.
Elle a aussi accompagné des patients en soins palliatifs, et dans le cadre de l’aide médicale à mourir. C’est probablement lorsqu’elle aborde cette partie de son travail que son discours devient le plus personnel. « Dans ces moments-là, les mots ne sont pas toujours nécessaires. L’important, c’est d’être présent, d’écouter, et d’accompagner la personne selon ses besoins », raconte-t-elle.
Elle se décrit également comme quelqu’un qui aime rire, et qui tente d’apporter un peu de sa personnalité même dans les moments difficiles. À ses yeux, la fin de vie demeure une étape profondément humaine.
Une sportive dans l’âme
Il existe aussi une autre Valérie Hamel, beaucoup moins académique. Celle qui court dehors sous la pluie, dans la neige ou dans la boue. Depuis longtemps, l’activité physique occupe une place importante dans sa vie. Basketball, tennis, musculation, course à pied et courses à obstacles ont jalonné son parcours. Elle a également arbitré et entraîné de jeunes joueurs de basketball, et participé à différentes activités visant à faire bouger les jeunes.
Aujourd’hui, elle court environ 30 kilomètres par semaine, et s’entraîne quatre jours sur sept. Après les 5 km, les 10 km, les demi-marathons et les épreuves à obstacles, elle prépare maintenant son premier marathon.
« De s’entraîner, de vivre le malaise, ça développe l’endurance, la résilience, la capacité de travailler plus fort. »
La candidate voit un lien entre cette discipline et sa façon d’aborder les autres aspects de sa vie. Elle aime se dépasser, chercher des solutions, et poursuivre lorsqu’un problème persiste.
Elle devrait d’ailleurs montrer une autre facette de sa personnalité prochainement en participant à un concours de sciage au Festival du bûcheux. Pas exactement l’image classique de la chercheuse universitaire…
Pourquoi la politique, maintenant ?
Valérie Hamel affirme avoir toujours suivi la politique, et se décrit comme indépendantiste depuis longtemps. Pourtant, jusqu’à maintenant, elle avait choisi d’essayer de changer les choses autrement : par les soins, l’enseignement et la recherche.
La santé sera sans surprise son principal cheval de bataille. Elle souhaite notamment voir les CLSC retrouver un rôle plus important comme porte d’entrée du réseau, développer davantage les équipes multidisciplinaires, et améliorer l’attraction et la rétention des professionnels dans les régions.
Elle connaît personnellement les conséquences du manque de personnel. Avant de devenir IPSPL, elle a notamment travaillé pendant cinq ans comme coordonnatrice d’activités dans des établissements hospitaliers de la région, une fonction qui l’a placée directement devant les problèmes de pénurie de main-d’œuvre et des heures supplémentaires obligatoires. Elle estime donc arriver en politique avec une connaissance du réseau acquise « sur le terrain ».
Côte-du-Sud au-delà de la santé
Si la santé domine largement son discours, Valérie Hamel sait qu’une députée de Côte-du-Sud ne peut évidemment pas être la représentante d’un seul dossier. Elle identifie l’attractivité de la région comme un enjeu majeur.
Pour maintenir les services, et assurer l’avenir des entreprises, des usines et des fermes, la région doit selon elle réussir à attirer de nouvelles familles, et surtout à les retenir. Elle place également l’agriculture parmi les moteurs économiques qui doivent être protégés, aux côtés des PME, de l’industrie forestière et du tourisme.
Le coût de la vie l’interpelle également. Épicerie, essence, logement, maisons et électricité : elle dit constater, comme les citoyens qu’elle rencontre, que les budgets familiaux sont de plus en plus difficiles à boucler.
« Tout le monde est serré », résume-t-elle.
Se faire connaître
Valérie Hamel arrive donc dans l’arène électorale avec un défi évident : se faire connaître. Elle le reconnaît elle-même. Malgré ses nombreuses années de travail dans la région, son nom demeure nouveau pour une bonne partie de l’électorat de Côte-du-Sud. Elle compte durant les prochaines semaines parcourir la circonscription et rencontrer les citoyens.
Après avoir ainsi passé plus de deux décennies à prendre soin des gens, Valérie Hamel demande maintenant aux électeurs de Côte-du-Sud de lui permettre de poursuivre ce travail, mais cette fois-ci à l’Assemblée nationale.