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Élections 2026 : La santé mentale doit devenir une priorité, réclament les psychiatres

Image générée par l’IA

Alors que la campagne électorale provinciale approche à grands pas, les partis politiques sont invités à mettre cartes sur table en matière de santé mentale. L’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) réclame des engagements concrets pour le prochain mandat, dans un contexte où près d’une personne sur cinq présenterait un trouble de santé mentale chaque année au Québec.

L’organisation vient de dévoiler sa plateforme Santé mentale 2026, appuyée par plusieurs partenaires du réseau de la santé, du milieu communautaire et de la société civile. Son message aux différentes formations politiques est clair : la santé mentale doit devenir une véritable priorité gouvernementale.

L’AMPQ souligne que seulement 5,6 % du budget du ministère de la Santé et des Services sociaux est consacré à la santé mentale. L’Association déplore également des services encore fragmentés, des trajectoires de soins qui manquent de clarté, ainsi que des inégalités d’accès entre les régions et les grands centres.

L’ampleur du défi

Plusieurs données présentées dans la plateforme témoignent de l’ampleur du défi. Le Québec compterait environ 12 000 personnes en situation d’itinérance visible, alors que les troubles mentaux sont fortement surreprésentés au sein de cette population. Chez les jeunes filles de 10 à 14 ans, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide aurait triplé entre 2010 et 2023.

Les problèmes de santé mentale touchent également directement le réseau de la santé. Selon l’AMPQ, près de 25 millions d’heures de travail y ont été perdues en raison de problèmes de santé mentale du personnel. « Investir en santé mentale, c’est prévenir la détérioration des situations, et permettre aux personnes de retrouver une stabilité, de poursuivre un parcours de vie sain, et de prendre pleinement part à la société », affirme la présidente de l’AMPQ, Dre Claire Gamache.

Six demandes aux partis

Pour renverser la tendance, l’Association propose six mesures. Elle réclame notamment la nomination d’un ministre responsable de la santé mentale, davantage d’actions pour prévenir l’itinérance et le suicide, ainsi que le déploiement d’autres options que l’hospitalisation pour les personnes de tous âges.

L’AMPQ demande aussi que l’on prenne davantage soin des travailleurs du réseau, et que l’accès aux services soit facilité, notamment par le développement de la téléconsultation et de la télémédecine en santé mentale.

À quelques semaines du rendez-vous électoral, l’Association souhaite maintenant que les différentes formations politiques s’inspirent de ces propositions pour prendre des engagements précis. Regroupant plus de 1300 psychiatres pratiquant au Québec, elle veut ainsi faire de la santé mentale un véritable enjeu de la campagne électorale de 2026.