La MRC de Kamouraska adoptera cet automne le Règlement régional sur la protection et la mise en valeur de la forêt privée, qui interdira toute coupe d’arbre sur les cabourons et reliefs d’intérêt qui y seront identifiés.
Thibaut Trapé, directeur de l’aménagement et de la mise en valeur du territoire par intérim à la MRC de Kamouraska, explique que c’est une première étape cruciale dans le processus de protection et de mise en valeur des cabourons et des reliefs d’intérêts de la MRC de Kamouraska. « Cela s’imbriquera dans la planification en aménagement du territoire pour la révision du schéma d’aménagement et de développement de la MRC de Kamouraska qui est en cours. »
Parce qu’actuellement, aucun règlement n’est en vigueur spécifiquement pour la protection des cabourons, à part qu’il est interdit d’ouvrir une nouvelle carrière sur la quasi-totalité du territoire de la MRC de Kamouraska, où se trouvent les cabourons. « Seules les carrières protégées par droits acquis peuvent encore opérer », dit M. Trapé, ajoutant que depuis deux ans, la MRC de Kamouraska collabore activement avec des acteurs locaux comme la Société des cabourons ou l’organisme Horizon nature BSL pour identifier et caractériser les cabourons comme milieux régionaux d’intérêt, autant sur le plan écologique que paysager. Un comité des cabourons est d’ailleurs en place depuis ce printemps.
C’est justement cette collaboration qui a permis à la Société des cabourons du Kamouraska (SCK) d’identifier formellement et de cartographier les cabourons. M. Trapé précise que la composition des cabourons est connue depuis très longtemps.
« Le substrat géologique ne change pas du jour au lendemain. Le quartzite caractérise un cabouron au sens géologique, mais leur importance dans le paysage ne peut être mesurée par ce seul élément. C’est pourquoi nous avons plutôt utilisé l’appellation “relief d’intérêt” pour englober des cabourons au sens géologique, mais aussi des reliefs d’importance pour le paysage. »
Parce que les caps rocheux de Rivière-Ouelle et de Saint-Denis-De La Bouteillerie — où a eu lieu le dynamitage dont Le Placoteux a fait état la semaine dernière — ne sont pas des cabourons, car ils ne sont pas composés de quartzite. Ils sont toutefois considérés comme des « reliefs d’intérêt », et font partie intégrante de l’inventaire sur les cabourons.
Le principal enjeu
La quasi-totalité des cabourons et des reliefs d’intérêts sont situés sur des terrains privés, et la grande majorité sont en zone agricole provinciale. « C’est en fait le gros enjeu, explique M. Trapé. Si c’était un territoire public, il serait beaucoup plus facile de les “protéger” via un parc national, une aire protégée, ou encore une affectation de conservation. Le fait que ce soit que des terrains privés complique un peu la chose. L’affectation de conservation reste possible, mais cela doit passer par un processus transparent de concertation et de consultation avec les propriétaires, qui sont des centaines. »
C’est au comité cabouron que reviendra le rôle d’établir la stratégie la plus transparente « pour toucher le plus grand nombre de propriétaires, et les rallier vers notre objectif de protection et de mise en valeur de leur cabourons. »
Discussions avec le gouvernement
Des discussions ont déjà eu lieu avec différents ministères sur le sujet. M. Trapé estime que le dossier avance bien. « Mais le principal enjeu n’est pas au niveau du gouvernement, mais au niveau du fait que les cabourons sont quasiment tous en terres privées. La MRC les a identifiés, cartographiés, a créé un comité des cabourons impliquant des acteurs importants, et ils font l’objet de dispositions dans notre futur règlement sur la forêt privée », dit-il, précisant que l’aménagement du territoire est une compétence locale, et que de ce fait, la concertation avec les municipalités est primordiale.
« L’enjeu du développement résidentiel concerne surtout les cabourons et les reliefs d’intérêt situés hors de la zone agricole provinciale — qui comptent pour moins de 10 % —, comme le Cap au Diable à Saint-Denis, ou encore la montagne du Collège à La Pocatière. Le fait que la majorité soit en zone verte leur apporte une certaine “protection” contre le développement », conclut M. Trapé.
La consultation publique pour la présentation du règlement a eu lieu le mardi 1er septembre à 15 h.

