Monsieur le maire, le référendum sur la modification du zonage pour réduire la distance minimale entre les tours de télécommunications et les résidences a divisé notre communauté, comme vous l’avez vous-même reconnu. Le dynamitage du Cap au Diable a aussi suscité l’indignation. Vous affirmez agir de bonne foi, et souhaitez des partenariats pour protéger le territoire. Cette volonté devrait maintenant se traduire dans vos décisions, à commencer par celle de collaborer avec votre communauté.
Les huit séances extraordinaires du conseil depuis octobre 2025 n’ont pas facilité cette collaboration. Le manque de transparence sur le dynamitage a davantage miné la confiance.
Le comité consultatif d’urbanisme de Saint-Denis n’a été consulté ni sur l’emplacement de la tour de Bell ni sur le développement du Cap au Diable. Les consultations publiques sur l’emplacement projeté de la tour et la modification du zonage ont donné aux citoyens l’impression de n’être écoutés que pour la forme.
La campagne référendaire menée par le conseil municipal a déplacé le débat vers l’accès au cellulaire et aux appels d’urgence, en plaçant la population devant un ultimatum : cet emplacement ou rien. La carte interactive du gouvernement montre pourtant que Saint-Denis est bien desservie, davantage aujourd’hui avec la tour de Mont-Carmel.
Selon les exigences de Québec, le secteur à couvrir se situe vers la Petite-Anse, principalement à Rivière-Ouelle. Une tour de 80 mètres au bord de la route des Navigateurs, à proximité de maisons ancestrales, nous paraît démesurée pour ce besoin, au détriment du milieu de vie des résidents et du paysage de Saint-Denis.
Présenter l’échéance du 31 décembre 2026 pour le financement a mis la pression sur la population. Québec prévoit pourtant des reports pour force majeure ou circonstances exceptionnelles.
Il est encore temps d’éviter une nouvelle atteinte aux paysages que vous affirmez vouloir protéger. Le dernier plan d’urbanisme met en valeur la route des Navigateurs, tout comme le Cap au Diable.
Un tiers des votes dit non : protégez aussi notre patrimoine. À Sherbrooke, Val-David, Trois-Rivières et Saint-Étienne-des-Grès, les sites proposés par Bell suscitent aussi de l’opposition, et les citoyens sont soutenus par leur municipalité.
Le dynamitage a fracturé le paysage ; le dossier de la tour a fracturé notre communauté. Protéger Saint-Denis, c’est aussi préserver la solidarité qui fait vivre le village.
La bonne foi se démontre par des actes : écoutez votre communauté, et protégez ce qui la rassemble.
Saint-Denis présentable
Regroupement citoyen pour un aménagement responsable
Diane Boisclair, Jacqueline Garon, Jean Desjardins, Jérôme St-Pierre, Julie Sénéchal, Nicole Jeffrey, Pierre Hudon, René Gagnon et Yves Gagnon de Saint-Denis-De La Bouteillerie, et Béatrice Robichaud de Sainte-Louise
