Il n’est jamais trop tard pour réaliser un vieux rêve. À 73 ans, Jean Racine, mieux connu sous le surnom de Mononcle Jean à l’Auberge des Glacis de L’Islet, vient de lancer son tout premier album devant plus de 125 personnes réunies pour l’occasion.
Auteur-compositeur-interprète et figure bien connue du Pollux Band, Jean Racine a présenté son album le 20 septembre dans le cadre d’un cinq à sept à l’Auberge des Glacis. Entouré de membres de sa famille, d’amis et d’admirateurs, il en a profité pour interpréter plusieurs de ses chansons en compagnie de ses complices du groupe.
Pas dans les plans
L’idée a commencé à faire son chemin après la création du Pollux Band, en novembre 2012. Au fil des spectacles, ses compositions ont trouvé leur public, et les demandes pour un album se sont multipliées. Sa nièce Nancy, propriétaire de l’Auberge des Glacis et pianiste du groupe, a finalement pris les choses en main pour faire aboutir le projet.
« J’ai commencé à jouer mes chansons avec le groupe, et j’ai vu que le public accrochait. Les gens m’ont demandé un album. Je trouvais ça cocasse au début, mais ma nièce Nanc a pris les devants pour concrétiser le projet. Cet album, c’est une façon de faire vivre mes chansons dans le temps et de laisser un héritage », raconte Jean Racine.
Des chansons vieilles de 30 ans
Si l’album est nouveau, plusieurs chansons, elles, ont déjà pas mal de vécu. La majorité ont été composées il y a une trentaine d’années lors de rencontres improvisées du samedi après-midi avec ses amis Godule, Arsène, Reggie, Ti-Rab et Denis Raymond. Des séances que l’on décrit comme festives, enfumées, et parfois cacophoniques. Le Pollux Band a par la suite repris et peaufiné ces compositions au fil des années.
La musique accompagne d’ailleurs Jean Racine depuis l’enfance. Originaire du quartier Saint-Romuald à Lévis, il a grandi dans une famille de douze enfants, où les rencontres familiales du week-end se déroulaient souvent en musique. Son intérêt pour le piano lui vient notamment de son oncle Gaston, dont il observait attentivement les doigts sur le clavier.
Son premier album rassemble ainsi plusieurs tranches de vie, allant des histoires de pêche et de bar aux chansons d’amour. On y retrouve notamment Le dernier mot, sa chanson coup de cœur interprétée avec sa petite-nièce Florence, Le fauteuil à Reggie, inspirée de voyages de pêche entre amis, ainsi que la colorée La p’tite bonne femme pas d’seins, qu’il interprète seul au piano.
Le disque comporte aussi un volet beaucoup plus personnel avec Fleuve Maudit, une chanson écrite en mémoire de sa sœur Hélène et de son beau-frère Denis, disparus en voilier lors du déluge du Saguenay en 1996.
Et l’incontournable Marlène
Difficile également de parler de Mononcle Jean sans mentionner Marlène, devenue l’une de ses chansons les plus populaires. Son écriture joue volontiers avec les mots et les rimes improbables, allant jusqu’à faire rimer « waitress » avec « triste ». Et à 73 ans, Jean Racine ne semble surtout pas vouloir ranger son crayon.
L’auteur-compositeur aurait encore une vingtaine de chansons en réserve. La réalisation de ce premier album lui a même redonné le goût d’écrire. Il travaille déjà sur une nouvelle pièce intitulée Le gun dans sacoche. Il ne lui manquerait pour le moment qu’une chose : trouver le punch final.
Celui que l’on surnomme également Jean-Wellie dans son Saint-Romuald natal chante à l’Auberge des Glacis depuis près de quatorze ans avec le Pollux Band, une aventure musicale qui a même déjà conduit le groupe jusqu’en France.
