Sans surprise, une étude conclut que pour inciter la population à agir en faveur d’actions climatiques, l’appel à l’émotion est plus efficace que la présentation de faits scientifiques. L’accent sur la responsabilisation est également peu efficace, voire pas du tout.
C’est ce que conclut une équipe de l’Université de Genève, en Suisse, après avoir passé en revue 71 études qui, au fil du temps, ont analysé 15 stratégies. L’étude est parue dans l’édition de septembre du Journal of Environmental Psychology.
Cette revue de la littérature rappelle qu’en soi, le sujet a fait l’objet de beaucoup d’études scientifiques au cours des dernières décennies. Des chercheurs en psychologie, en sociologie ou en science politique ont par exemple tenté de mesurer à quel point des comportements peuvent être modifiés par des incitatifs financiers, ou en offrant des rétroactions positives à une personne, ou en lui faisant croire que tout le voisinage a déjà adopté un nouveau comportement.
Chacune de ces stratégies a son efficacité, selon les circonstances : le temps ou l’argent qu’il faut investir pour changer un comportement ; le fait d’habiter en ville ou en banlieue (où les transports en commun sont moins nombreux), ou d’avoir ou non des enfants ; l’appartenance politique ; les connaissances préalables qu’avaient les gens sur un sujet.
Un élément encourageant derrière ce constat, résume le directeur du Laboratoire de décision du consommateur et de comportement durable, Tobias Brosch, est que ces stratégies peuvent avoir un effet positif, même lorsque la personne n’est exposée à un message qu’une seule fois. « On sait que la répétition renforce l’adhésion », mais il semble que même avec l’enjeu climatique, en dépit du fait que cet enjeu soit devenu très polarisant pour certains groupes, « il existe une marge de progression importante » pour ceux qui veulent communiquer leur message.
Source : Agence Science-Presse
