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Recul de la fréquentation muséale au Québec en 2025

Courtoisie

Le public se rend moins dans les musées du Québec. C’est ce que révèle la publication La fréquentation des institutions muséales au Québec en 2025, de l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Si certaines régions connaissent des hausses, le Bas-Saint-Laurent figure parmi les pires. Toutefois, le Kamouraska et L’Islet semblent faire bande à part.

Selon l’ISQ, en 2025, il y a eu 11,7 millions de visites dans les institutions muséales québécoises. Cela constitue une baisse de 5 % en un an. Sept régions se sont distinguées par une croissance de leur fréquentation par rapport à 2024. Les hausses les plus prononcées ont été observées dans les régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec (+27 %), des Laurentides (+25 %), de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (+20 %) et du Saguenay–Lac-Saint-Jean (+17 %). L’achalandage s’est aussi accru dans les institutions muséales de Chaudière-Appalaches (+7 %), du Centre-du-Québec (+5 %) et de la Capitale-Nationale (+4 %).

À l’inverse, le nombre d’entrées a diminué de façon notable dans les institutions muséales de la Mauricie (-34 %), de la Montérégie (-29 %), de Lanaudière (-23 %) et du Bas-Saint-Laurent (-20 %).

La diminution de la fréquentation muséale observée entre 2024 et 2025 est plus prononcée dans les lieux d’interprétation en sciences (-23 %) et dans les musées d’histoire, d’ethnologie et d’archéologie (-11 %). Dans les musées d’art et les centres d’exposition, cette baisse s’établit à -7 %. À l’inverse, les lieux d’interprétation en histoire, en ethnologie et en archéologie ont profité d’une hausse de 4 %.

Le nombre d’entrées est resté stable dans les musées de sciences (3,9 millions), qui forment encore cette année la catégorie d’institution la plus fréquentée au Québec (33 % des entrées dans le réseau muséal).

« La majorité des institutions muséales au Québec, 61 %, sont des musées et des lieux d’interprétation en histoire, en ethnologie et en archéologie. Le reste du réseau muséal est composé de musées d’art et de centres d’expositions (25 %), ainsi que de musées et de lieux d’interprétation en sciences (15 %). Même si le nombre d’institutions muséales a fluctué, la répartition des établissements selon le type d’institution a proportionnellement peu changé au fil des ans », lit-on.

Plus grande fréquentation en ville

Environ la moitié (51 %) des entrées du réseau muséal ont été enregistrées dans la région administrative de Montréal, un résultat comparable à celui de 2024 (50 %), malgré une baisse de 2 % en 2025. L’an dernier, près de 75 % de la fréquentation muséale s’est concentrée dans une trentaine d’institutions, une tendance observée tant en 2024 qu’avant la pandémie (2015 à 2019).

Parmi les institutions les plus fréquentées, quatorze sont situées sur l’île de Montréal et sept dans la Capitale-Nationale. La majorité de ces institutions sont consacrées à l’histoire, à l’ethnologie et à l’archéologie (14) ou aux sciences (13). Seules trois institutions parmi les plus fréquentées sont spécialisées dans les arts.

L’importance de la saison estivale

Les 11,7 millions d’entrées enregistrées dans les institutions muséales en 2025 se sont concentrées en juillet (2,1 M) et en août (2,2 M). Ces mois ont compté pour 36 % de la fréquentation annuelle, une tendance comparable à celle de 2024 (35 %), ainsi qu’à la moyenne prépandémique de 2015 à 2019 (35 %).

Situation variable dans nos musées

Dans les régions de Kamouraska, de Rivière-du-Loup et de L’Islet, la fréquentation des institutions muséales est variable. C’est du côté du Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup et du Musée de l’agriculture et de l’alimentation de La Pocatière que les baisses ont été les plus importantes, mais pas pour la même période.

Pour 2024-2025, le Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation a enregistré une baisse 13,22 % de la fréquentation. « Pour 2025-2026 nous sommes à -1,1 % pour l’instant. Je ne peux pas me prononcer sur les raisons de la baisse entre 2024 et 2025. Toutefois, je peux vous rappeler qu’en 2024, nous avons lancé l’exposition Splendeur de la germination, qui a bénéficié d’une meilleure couverture médiatique. C’est aussi à ce moment-là que le musée renaissait, en quelque sorte », explique Claudia Latin, conservatrice.

Au Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup, en 2025-2026, la diminution jusqu’ici est de 12,3 %. Selon Marie-Claude Joly, cette diminution a été observée malgré la tenue d’événements spéciaux, de la première édition de Pulsion ainsi que des célébrations du 50e anniversaire. « Ce recul est en partie explicable par une saison estivale moins achalandée, qui a aussi été remarquée chez les autres commerces et attraits de Rivière-du-Loup, à l’augmentation du coût de la vie, et à une diminution des visites scolaires, avec environ une centaine d’élèves de moins », note Mme Joly.

Cette dernière note cependant que depuis le début du mois d’avril, et donc de l’année fiscale en cours, le Musée du Bas-Saint-Laurent a connu une légère augmentation d’achalandage de 6,74 % par rapport à l’an dernier.

Le bilan complet sera présenté lors de l’assemblée générale annuelle qui aura lieu le 6 novembre à 16 h au musée. On procédera par la même occasion au vernissage de l’exposition Je dirai comment tu fus aimé.e.

La mission du Musée du Bas-Saint-Laurent concerne l’acquisition, la conservation, la recherche, la diffusion et la médiation de l’art contemporain et actuel québécois, des archives photographiques de l’Est-du-Québec et des artistes professionnels du Bas-Saint-Laurent.

L’importance de l’été

Comme le stipule l’analyse globale pour tout le Québec, la saison estivale est très importante pour les institutions muséales, considérant la clientèle touristique. C’est le cas le musée régional de Kamouraska et son site patrimonial du Moulin Paradis. La directrice générale, Anik Corminbœuf, affirme que la saison estivale 2026 a été excellente. « Nos entrées sont toujours en hausse. Cet été, nous avons reçu un nombre important d’Ontariens. Présentement, le musée est ouvert, et ce sont les Européens qui sont de retour en grand nombre. Je vous confirme qu’après la pandémie, le retour à la normale a été long. Mais c’est fait. »

Mme Corminbœuf ajoute que le Musée régional de Kamouraska est un organisme culturel qui ne reçoit pas d’aide au fonctionnement, contrairement à plusieurs autres musées du territoire. « Cette réalité pousse le musée à maintenir une offre culturelle diversifiée (visites du village, sorties géologiques et randonnées d’interprétation) afin de rejoindre un large public. Grâce à cette offre de qualité, quand vous effectuez une recherche : quoi faire à Kamouraska, le musée est la première option offerte. De plus, dans un même ordre d’idée, plusieurs visiteurs me confirment ne pas se rendre au bureau d’information touristique (qui n’est pas ouvert très longtemps), mais préfèrent effectuer leur recherche avec l’intelligence artificielle. Et une fois de plus, le musée est cité. »

Hausse au Centre d’art

Au Centre d’art de Kamouraska, la directrice générale Ève Simard affirme de son côté que l’achalandage annuel continue de croître, et que la hausse a aussi été notée durant la saison estivale.

« Il faut dire que nous sommes dans un contexte particulier. Nous sommes situés en plein cœur d’un petit village qui reçoit des dizaines de milliers de touristes. De plus, notre entrée est gratuite. Nous travaillons fort chaque année pour trouver des commanditaires et des partenaires financiers qui nous permettent de maintenir une entrée gratuite. Je pense que tout ça aide à ce que notre achalandage continue de grandir, en plus du fait qu’on développe plein d’activités nouvelles », dit-elle. Le Centre d’art de Kamouraska est au cœur du festival Archipel, qui attire des milliers de touristes lors de la saison estivale.

Archipel a attiré 4155 festivaliers en 2025, et 5905 en 2026. Pour ce qui est des expositions estivales, de la mi-juin à la fête du Travail, 7210 personnes ont visité le Centre d’art de Kamouraska en 2025, et 7624 en 2026.

Pour les autres activités, soirées de projection, événements littéraires et autres, alors que 70 participants les ont fréquentés en 2025, 651 l’ont fait jusqu’à présent en 2026. La bonification du nombre de ces activités a certainement eu un effet sur l’augmentation de la fréquentation. Au total, en comptant les participants au programme Moi à l’œuvre, le Centre d’art estime que plus de 20 000 personnes ont participé à ses activités en 2026.

Stabilité à Saint-Jean-Port-Joli

Au Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli, Judith Douville, directrice générale par intérim, affirme que le comparatif des années 2025 et 2026 n’a pas laissé voir de baisse notoire ni d’augmentation. « Le nombre de visiteurs est demeuré pratiquement le même. Nous pouvons donc évoquer une stabilité de l’achalandage. Évidemment, nous souhaitons toujours accueillir plus de gens d’année en année. Néanmoins, nous sommes heureux de ne pas avoir connu de baisse marquée, comme cela semble être le cas dans d’autres musées québécois. »

Même constat aux Archives de la Côte-du-Sud. Le généalogiste Michel Dumais note que la fréquentation est sensiblement la même, autant avec les demandes sur place que par courriel. « On note cependant une recrudescence d’États-Uniens qui recherchent leurs origines dans la région, en vue de l’obtention de leur citoyenneté canadienne. » Avec un brin d’ironie, il conclut : « En plus d’amener des gens dans la région, ça me fait pratiquer mon anglais. »

M. Dumais ajoute que les demandes par courriel ou sur la page Facebook des Archives entrent régulièrement, que ce soit pour la généalogie, ou pour des demandes concernant l’histoire régionale telles que l’histoire d’une maison, l’arrivée des sœurs institutrices dans une municipalité, l’histoire des manufactures de meubles dans la région, et bien d’autres.

« On en couvre grand, et si on n’a pas la réponse, on trouve la ressource qui peut y répondre. Une personne a fait une demande ces temps-ci concernant son grand-père qui a été adopté », conclut celui qui donnera un cours de généalogie au cégep en novembre.