La MRC de L’Islet entend poursuivre ses démarches auprès du gouvernement du Québec afin de faire avancer plusieurs dossiers jugés prioritaires pour son territoire. Le préfet Normand Caron a rencontré le nouveau député de Côte-du-Sud, le conservateur Frédéric Poulin, afin de lui présenter les principales préoccupations de la MRC, notamment en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures routières et d’allègements administratifs.
Lors d’un entretien accordé au Placoteux, Normand Caron a confirmé qu’une première rencontre avait eu lieu la veille avec le nouveau député. L’objectif était de lui exposer les besoins du territoire, et d’établir les bases d’une collaboration pour les prochaines années.
La santé d’abord
Le manque de personnel dans le réseau de la santé demeure l’un des enjeux majeurs pour la MRC de L’Islet. Selon Normand Caron, le territoire connaît d’importantes difficultés en matière de couverture médicale, particulièrement en ce qui concerne les médecins et les infirmières.
La MRC souhaite donc obtenir l’appui de Frédéric Poulin afin de faire progresser les discussions avec les autorités régionales de la santé, et de trouver des solutions à cette pénurie.
Un autre projet retient également l’attention du préfet, soit celui de la Maison de la famille qui offre notamment des services en santé mentale. L’organisme souhaite procéder à une importante mise à niveau de ses locaux, un investissement évalué à près d’un million de dollars. La MRC espère obtenir une contribution financière des gouvernements pour permettre la réalisation de ces travaux.
Un fardeau administratif trop lourd
Normand Caron a également insisté sur la multiplication des exigences administratives imposées aux municipalités. Selon lui, les administrations locales doivent consacrer des ressources humaines et financières considérables pour répondre aux demandes gouvernementales, au point où certaines obligations deviennent difficiles à soutenir.
Le préfet a notamment repris les propos tenus par le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, qui avait demandé au gouvernement de laisser davantage de marge de manœuvre aux municipalités au cours des prochaines années.
Pour Normand Caron, il devient nécessaire de revoir certaines pratiques afin de réduire la pression exercée sur les administrations municipales, particulièrement dans les petites localités qui disposent de moyens limités.
Des infrastructures routières coûteuses
L’entretien des routes locales constitue un autre dossier majeur. Le préfet estime que le Programme d’aide à la voirie locale ne répond pas suffisamment aux besoins des municipalités de la MRC de L’Islet. Il déplore notamment le nombre insuffisant de projets retenus, et les dépenses importantes nécessaires à la préparation des demandes d’aide financière.
Pour illustrer la situation, il a évoqué un projet commun de réfection de la route Elgin, évalué à environ 2,5 millions de dollars. Selon lui, les études et les services d’ingénierie nécessaires pour satisfaire aux exigences du ministère des Transports ont représenté des dépenses d’environ 100 000 $, ce qu’il trouve inacceptable.
La MRC souhaite donc une révision du programme afin d’augmenter les sommes disponibles, et de simplifier les démarches exigées des municipalités.
Préserver les écoles de village
Le maintien des écoles dans les petites municipalités représente également une priorité. Normand Caron a particulièrement attiré l’attention sur la situation des écoles de Saint-Marcel et de Saint-Cyrille-de-Lessard, actuellement engagées dans un processus de transition, selon la terminologie employée par le Centre de services scolaire.
Le préfet estime que les délais accordés aux communautés pour démontrer leur capacité à maintenir ou à augmenter leur clientèle scolaire sont beaucoup trop courts. Selon lui, les municipalités concernées disposeraient de moins d’un an pour trouver des solutions permettant d’assurer la pérennité de leurs établissements.
Pour Normand Caron, la présence d’une école constitue bien davantage qu’un simple service éducatif. Elle contribue directement à l’attractivité des villages, à l’établissement de nouvelles familles, et à la vitalité économique des communautés rurales. La MRC souhaite ainsi que le nouveau député défende le principe du maintien de la dernière école du village.
Collaborer malgré le changement politique
Questionné sur l’arrivée d’un député conservateur siégeant dans l’opposition, contrairement à son prédécesseur Mathieu Rivest qui faisait partie du gouvernement caquiste, Normand Caron a assuré que l’approche de la MRC demeurait essentiellement la même.
Pour le préfet, l’appartenance politique du député importe moins que sa capacité à défendre les intérêts de la population, et à faire cheminer les dossiers auprès des autorités gouvernementales. « Nous, ce qu’on souhaite, c’est d’avoir au départ un porteur de messages, et un porteur de dossiers », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé que le député devait représenter l’ensemble des citoyens de sa circonscription, indépendamment de leurs convictions politiques.
Un hommage au travail de Mathieu Rivest
Normand Caron a par ailleurs tenu à saluer le travail accompli par le député sortant Mathieu Rivest au cours des quatre dernières années. Selon lui, les investissements gouvernementaux réalisés dans Côte-du-Sud durant cette période ont été particulièrement importants, voire même un record.
Le préfet estime que Mathieu Rivest a su défendre efficacement les dossiers régionaux, malgré les contraintes auxquelles il pouvait à l’occasion être confronté au sein du gouvernement.
Il considère ainsi que la MRC de L’Islet a bénéficié d’une bonne représentation à l’Assemblée nationale durant son mandat. « Je pense que ce qu’on a à dire à Mathieu Rivest, c’est un grand merci pour le travail qu’il a accompli. Je pense que depuis les quatre dernières années, l’argent qui a été investi au niveau de la Côte-Sud venant de Québec, on se rapproche d’un record à ce niveau-là. Donc, bravo ! Ça a été un excellent porteur de dossiers », a-t-il conclu.
