C’est dans sa région d’adoption que l’animateur, comédien et acteur Christian Bégin a décidé de fêter les 20 ans de Curieux Bégin, avec une émission spéciale Kamouraska. Parce que c’est ici que tout a commencé.
« J’ai toujours un peu de pudeur à dire que c’est chez moi, parce que je n’habite pas assez le Kamouraska pour le revendiquer, mais en même temps, ça fait quand même 20 ans que j’ai acheté la maison à Saint-Germain, en 2007. Alors le Kamouraska coule en moi de mille et une façons », dit-il sur la terrasse du restaurant El Drée Tacos de Saint-Denis-De La Bouteillerie.
« On a fait trois émissions de Curieux Bégin à Kamouraska. La première, c’était à La Camarine, qui a été détruite par un incendie. Et on a fait la centième émission chez moi, à Saint-Germain. Là, on veut mettre en lumière des gens dont on a peu ou pas parlé. Je trouve que c’est un territoire qui se réinvente en ce moment. Il y a beaucoup de jeunes néo qui arrivent ici, et qui partent des entreprises florissantes, qui dynamisent la région, qui s’intègrent bien à la communauté. »
Mais pour plusieurs, l’aventure était audacieuse. C’était le cas pour El’drée Tacos, un casse-croûte à l’offre entièrement différente, qui n’était pas présente du tout dans le Kamouraska. « Et ça marche le feu de Dieu. C’était presque baveux de dire on va faire quelque chose de même. Moi, j’aime ce genre d’initiatives là, et que la vie fait ensuite que ce soit un succès retentissant. Ça marche vraiment très fort. Ce sont de beaux jeunes entrepreneurs. Moi qui suis d’une autre génération, je les trouve courageux, je les trouve inspirants, je les trouve travaillants. »
Plusieurs destinations
L’émission spéciale mènera le téléspectateur à la ferme 40 Arpents de Saint-Onésime, à la boucherie Chez Gaby de Mont-Carmel, chez El’Drée Tacos à Saint-Denis-De La Bouteillerie, au café Au Cabouron de Saint-Germain, et à l’Hôtel Victoria de la cheffe Marie-Fleur St-Pierre à Saint-Pascal.
Reconnaissant qu’il a probablement joué un rôle important dans la visibilité de l’offre culinaire du Kamouraska, Christian Bégin demeure modeste. « J’ai voulu être un porte-étendard sincère de l’amour que j’ai pour ce territoire-là. Si j’ai pu contribuer à mon humble façon, tant mieux. Mais c’est vrai qu’en 20 ans, j’ai participé à la mise en lumière de certaines entreprises, Côté Est, entre autres, La Tête d’allumette aussi. Quand je les ai rencontrés en 2007 sur l’émission, ils sont devenus des amis », avouait-il, précisant du même souffle que c’est grâce à ces rencontres qu’il a acheté sa maison à Saint-Germain.
« J’étais tombé amoureux d’une des filles du resto, à qui j’avais dit, sans trop y croire, de me prévenir si elle trouvait une maison à vendre. Elle m’a rappelé deux semaines après le tournage. J’ai acheté la maison de Saint-Germain en 24 heures. J’ai tout de suite senti que j’étais chez moi. Le lieu, le terrain, la vue sur le fleuve ». Qu’importe si son coup de cœur était à quatre heures de route de Montréal et de son travail. Aujourd’hui, il y amène son travail, tout en faisant la promotion d’une région qu’il adore. « Je suis privilégié, je le sais. »
Heureux de voir rayonner le Kamouraska
Christian Bégin est heureux de voir que la région se démarque de plus en plus au niveau culinaire, mais aussi culturel. La région fait de plus en plus parler d’elle partout.
« À une époque, on parlait beaucoup de Charlevoix, mais en ce moment, c’est le bas le Bas-Saint-Laurent, et particulièrement le Kamouraska qui est rendu un terreau foisonnant, vraiment. Et honnêtement, on a le meilleur spot parce qu’on voit l’autre côté, et on a les plus beaux couchers de soleil au monde sur les montagnes de Charlevoix. »
Les prix mérités aux Lauriers de la gastronomie québécoise par Côté Est, la microbrasserie La Tête d’allumette et le Festival des champignons forestiers sont une belle preuve du dynamisme de la région, mais aussi le Cirque de la Pointe-Sèche. « Tout est tentaculaire. Le Cirque marche le feu de Dieu, et ça a fait des petits. Ça a créé une communauté à la fois gastronomique et culturelle très vivante. »
Lors de l’émission spéciale Curieux Bégin sur le Kamouraska, qui sera diffusée au printemps 2027, l’animateur va à la rencontre des gens. « On cuisine, on mange leur bouffe, on les met en lumière, on les présente aux gens. L’idée est de créer un trajet que les visiteurs puissent reproduire. Et souvent, c’est ça qui se passe. Ils décident de reprendre exactement le trajet qu’on a pris, en mangeant ce qu’on a mangé. »
Et l’impact est très fort. L’animateur affirme qu’en 2025, à Racine en Estrie, le chiffre d’affaires de certaines entreprises que l’équipe a visitées a augmenté de cinq fois. « C’est énorme. On ne se rend pas compte à quel point l’impact est réel. Curieux Bégin a su, à travers les années, entrer dans la maison des gens. Comme Curieux Bégin, ce n’est pas un personnage, c’est moi, alors on n’a pas le filtre du personnage. Donc, les gens ont vraiment l’impression de me connaître comme si j’étais de la famille. Alors, quand je leur dis allez manger là, bien ils disent qu’ils vont y aller parce que Christian y va. C’est vraiment ça qui se passe. »
Cette authenticité est peut-être ce qui explique la longévité de l’émission. « Curieux Bégin est l’émission de cuisine qui a la plus grande longévité au Québec. On dépasse tout le monde. Dans le contexte télévisuel en ce moment, c’est particulièrement un grand privilège, parce que la télévision passe à travers une crise incroyable. Et comme le mandat de Télé-Québec pourrait être appelé à changer, on sait qu’on n’en a plus pour vingt autres années. Si on se rend à une prochaine saison, qui sera notre vingtième, on va crier alléluia. Mais déjà, 19 ans, c’est exceptionnel. »
Si la saison touristique 2026 au Kamouraska est bien entamée, celle de 2027 devrait donc avoir un quelque chose de plus, avec le moteur Curieux Bégin qui, au printemps, la démarrera sur les chapeaux de roues. « Je dis aux restos que l’on visite de se préparer. Quand l’émission sera diffusée, ils seront au début de leur saison. Et là, ça va sonner beaucoup à leur porte. »
Christian Bégin ému par le départ de Marc Messier

La mort du comédien, acteur et humoriste Marc Messier a ému tout le Québec. Christian Bégin avait les larmes aux yeux lorsque le journal l’a interviewé à ce sujet.
« C’est très subit, c’est très soudain. C’est une grande, grande perte », dit-il, devant prendre une pause avant de poursuivre. « J’ai eu l’occasion de travailler avec lui à quelques reprises, et mon amoureuse [Marie-Ève Perron] vient de tourner une série avec lui, où il jouait son père. »
M. Bégin fait référence à la série Le Gouffre lumineux, qui vient de sortir sur ICI Tou.tv Extra, et qui raconte l’histoire d’Agathe (Marie-Ève Perron) qui, à la veille de ses 45 ans, reçoit un diagnostic de cancer. L’histoire est librement inspirée du parcours d’Anick Lemay.
« Marc était un homme d’une grande humilité, qui n’a jamais eu la grosse tête. En fait, ce qu’il avait de plus gros, c’était le cœur, puis le talent. Un talent incommensurable, un humour fou avec l’air de ne pas y toucher, tout le temps, un humour à l’anglaise. Moi, je dis tout le temps, comme en dessous de la couverte, mais percutant. Puis aussi bon dans le comique que dans le dramatique. Il a créé des grands rôles, et dernièrement, on l’a vu plus dans des rôles dramatiques. On a pris l’étendue aussi de sa palette, tu sais. Puis il a traversé les générations. On le connaît depuis les années 70. Moi je l’ai connu tout petit, de La Fricassée qui était une émission pour jeunes à Radio-Canada, jusqu’à avoir le privilège de travailler avec lui. »
Les deux hommes ont entre autres travaillé ensemble sur des soirées-bénéfice pour le Théâtre du Nouveau-Monde. « Nous étions ensemble sur une série au début de ma carrière, avec Linda Sorgini. Je l’ai ensuite croisé à plusieurs reprises dans toutes sortes d’événements, parce que c’est un petit milieu. Alors j’ai été très bouleversé de cette nouvelle-là. »
Radio-Canada note que Marc Messier a débuté dans le téléroman Quelle famille! de Janette Bertrand. On l’a aussi vu dans les Bye Bye, il a incarné l’inoubliable Réjean dans La Petite vie, Louis-Bernard Lapointe dans Grande Ourse et L’héritière de Grande Ourse, Bob Chicoutimi dans Les Boys de 2007 à 2012, Claude Morin dans Hubert et Fanny en 2018, et Hervé Dubois dans À cœur battant en 2022 et 2023. Plus récemment, il a joué dans les séries dramatiques Avant le crash et Bienvenue à Kingston-Falls. Évidemment sans oublier son rôle de Marc Gagnon dans la célèbre série Lance et compte, et d’innombrables autres films, séries et pièces de théâtre.
Christian Bégin déplore les nombreuses pertes récentes de grands artistes. « Ça a commencé avec Michel Côté, puis Louis Saia… tu sais, c’est toute une batch d’amis, de gens qui ont travaillé ensemble. C’est un pan de notre culture qui part. Et on ne veut pas qu’ils partent, ces gens-là. Je n’ose pas imaginer dans quel état doit être Claude Meunier, que j’ai rencontré dernièrement sur Y’a du monde à messe. Lui, c’est sa gang, c’est son monde qui commence à disparaître. Je pensais à Josée Deschênes, qui est une bonne amie, et qui doit être dévastée aussi. Je pense qu’il y en a beaucoup, de toutes générations, qui ont beaucoup de peine à cause de ça », conclut-il, encore ému.
