Dès le premier chapitre (très court) de Mis à prix, de Robert Crais, le ton est donné. Deux malfrats nommés Harvey et Stemms ont été payés par un inconnu pour retrouver un voleur qui possède quelque chose que leur commanditaire veut absolument retrouver. Pour arriver à leurs fins, ils n’hésitent pas à torturer et à tuer. Résultat : un premier cadavre ! Il y en aura d’autres…
Changement de point de vue… La suite de l’intrigue est centrée sur Tyson, âgé de dix-sept ans, un adolescent socialement maladroit, obsédé par les jeux vidéo et couvé par sa mère. Quand cette dernière trouve dans sa chambre une Rolex valant 40 000 dollars, ainsi qu’une imposante liasse de billets de banque, elle s’inquiète et fait appel à Elvis Cole pour enquêter sur les activités plutôt louches de son fils adoré.
Ce que découvre le détective est plutôt inquiétant : Tyson et quelques jeunes complices sont impliqués dans une longue série de cambriolages. Plutôt que de se rendre et de négocier une peine réduite, comme le lui suggère Cole, Tyson prend peur et s’enfuit. Il ignore qu’au cours d’un de ces vols, il a involontairement dérobé quelque chose de compromettant, et que deux tueurs sont à ses trousses pour le récupérer. Commence alors une course contre la montre impliquant Cole, Pike (qui n’intervient qu’à la moitié du roman), et des enquêteurs de la police. De leur côté, les deux tueurs multiplient les victimes parmi les relations de Tyson et de son amie Amber, un autre personnage étonnant qui laisse sa marque.
On retrouve avec plaisir l’univers des polars de cette série, avec un Elvis Cole toujours épris de justice, un Pike encore prêt à entrer en action, et des bandits très typés, tueurs sans états d’âme à l’humour féroce, qui volent la vedette à nos deux héros qui ont perdu un peu de leur dynamisme. Mis à prix, est le dix-septième opus de la série, et contrairement aux premiers, il manque un peu de tonus et de folie, tant au point de vue de l’action que de la personnalité des deux héros, avec notamment un Joe Pike un peu plus effacé que d’habitude. Mais ça reste un polar divertissant.