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Former les profs autrement pour freiner la pénurie

La FSE-CSQ propose de transformer le stage final du baccalauréat en enseignement en une année de résidence rémunérée en milieu scolaire. Photo : Thisisengeneering, Unsplash

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) propose de transformer le stage final du baccalauréat en enseignement en une véritable année de résidence rémunérée en milieu scolaire. L’idée, qui reçoit déjà un fort appui chez les enseignants consultés, vise à améliorer l’insertion professionnelle des futurs professeurs tout en contribuant à atténuer la pénurie de personnel dans les écoles du Québec.

Présentés dans le cadre du colloque trisannuel Maîtres de notre profession !, tenu récemment à Québec, les résultats d’un vaste sondage mené auprès d’environ 5700 enseignants démontrent un appui marqué envers cette formule inspirée des résidences professionnelles déjà présentes dans d’autres domaines.

La réflexion n’est pas nouvelle. Lors de l’édition 2023 du même colloque, 88 % des enseignants consultés avaient déjà appuyé le principe d’une transformation du stage de quatrième année en résidence. Cette fois, la Fédération a voulu aller plus loin en testant différentes modalités concrètes auprès de ses membres.

Selon les résultats dévoilés, plus de 85 % des répondants se disent favorables à une résidence qui s’échelonnerait de septembre à juin, afin que les futurs enseignants puissent vivre toutes les étapes d’une année scolaire complète.

L’idée d’un modèle réparti sur toute l’année, mais correspondant à environ 40 % du temps d’enseignement — soit l’équivalent du stage final actuel — obtient également l’appui de 82 % des participants. Le même pourcentage estime que l’enseignant résident devrait être présent quotidiennement dans son école ou son centre.

Le concept prévoit aussi un partage des responsabilités entre les universités et le milieu scolaire. Ainsi, 88 % des répondants appuient le maintien d’une portion théorique sous la responsabilité de l’Université, tandis que près de 94 % souhaitent qu’une portion pratique soit encadrée directement par un enseignant associé dans l’école.

La question de la rémunération recueille elle aussi une forte adhésion. Près de 77 % des personnes sondées se disent favorables à une rémunération égale pour tous les stagiaires durant cette éventuelle année de résidence. Pour le président de la FSE-CSQ, Richard Bergevin, cette avenue pourrait représenter un outil concret pour soutenir les nouveaux enseignants à un moment où plusieurs quittent rapidement la profession.

« Au cours de la dernière année, la FSE-CSQ a mis de l’avant des solutions pour atténuer la pénurie, et favoriser la rétention en enseignement. On a notamment fait le choix de miser sur une meilleure insertion professionnelle pour y arriver, et l’idée d’une résidence pourrait y contribuer dans plusieurs milieux. Qui plus est, ça contribuerait à valoriser la profession enseignante », a-t-il déclaré.

La Fédération précise toutefois que les discussions tenues durant le colloque devront encore être soumises à son conseil fédéral.

« En prévision de la prochaine rentrée, et à la veille d’une campagne électorale, nous sentons le besoin d’alimenter les discussions entourant la pénurie de personnel en éducation en faisant connaître nos discussions et nos idées, reflet du caractère professionnel de notre syndicalisme, et de notre façon constructive d’apporter des solutions », a conclu Richard Bergevin qui rappelle aussi la nécessité d’une grande réflexion sur l’avenir de l’éducation au Québec.