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Habiter le fragile

L’univers de l’artiste est un appartement éphémère en carton, où sons et matières dialoguent dans une installation immersive. Photos : Christian Baron

Une artiste qui vit dans un appartement de carton pour faire entendre l’invisible. Avec Des murs en carton, présentée à La Pocatière du 24 au 26 avril, Marie-Claude Gendron propose une œuvre immersive où le son, la matière et le corps deviennent les vecteurs d’une réflexion sur la vulnérabilité et l’habitat.

Présentée par Vrille art actuel, cette installation performative et sonore s’inscrit dans une tournée québécoise orchestrée par Folie/Culture. Pendant trois jours consécutifs, le public est invité à entrer dans ce dispositif fragile, à mi-chemin entre œuvre et espace de vie, où se croisent textures brutes, gestes répétitifs et sons du quotidien transformés.

Au cœur du projet, une réalité intime : l’hyperacousie avec laquelle vit l’artiste. Cette hypersensibilité auditive devient ici matière à création. « Le projet cherche à rendre perceptible ce qui échappe au regard », indique-t-on dans le communiqué. À travers les interstices du dispositif, le spectateur est amené à expérimenter différents niveaux de perception sonore dans un environnement à la fois clos et poreux.

Le choix du carton n’est pas anodin. Matériau précaire, temporaire, il évoque autant la fragilité des corps que celle du logement. L’installation agit comme une métaphore tangible d’un monde où l’habitat se complexifie, où la sécurité matérielle et sensorielle devient incertaine. « La fragilité du carton résonne avec celle du logement et des corps », lit-on, en écho à une réalité sociale bien présente.

Au-delà de la performance, Des murs en carton s’inscrit dans une démarche où l’art rejoint le soin et la réflexion sociale. L’œuvre propose un espace de résonance partagée, où la vulnérabilité est envisagée autrement. « L’artiste aborde la vulnérabilité non comme une faille, mais comme une manière d’être au monde à la fois lucide, fragile et résistante », souligne le document.

Originaire de Québec, Marie-Claude Gendron développe depuis plusieurs années une pratique ancrée dans la performance et les arts visuels. Son travail a été présenté dans divers contextes, au Québec comme à l’international, notamment à la biennale Manif d’art de Québec, à Oslo, à Montréal et en Asie.

Accessible gratuitement, l’installation sera ouverte au public le 24 avril de 14 h à 19 h, puis les 25 et 26 avril de 12 h à 17 h. Un vernissage en formule cinq à sept aura lieu le vendredi.