Le Kamouraska attire de plus en plus de gens, l’été pour un séjour… ou pour de bon ! Qu’est-ce qui les y attire ?
Le Kamouraska est une sorte de condensé de ce qu’il y a de meilleur et de plus beau au Québec. On l’a surnommé Le Doux pays, mais on aurait pu tout aussi bien dire Le Doux Québec, comme La Doulce France. C’est surtout peut-être le Québec le mieux préservé, le mieux entretenu, le mieux aimé.
Un pays sans bon sens
Au Kamouraska, le Fleuve règne en maître des lieux : la vie quotidienne est rythmée par ses humeurs grandioses. C’est le « chemin qui marche », vers la mer, vers le monde. Les gros bateaux et les kayaks ont remplacé les canots et les goélettes d’autrefois, mais les bélugas et les baleines nagent toujours le long des îles. L’esturgeon et l’anguille, ces poissons préhistoriques, viennent toujours se prendre dans les pêches où les filets ont remplacé les fascines. Au printemps et à l’automne, le passage des bernaches et des oies blanches est une fête qu’on n’oublie pas.
Kamouraska, c’est aussi la terre nourricière. Des champs cultivés comme des jardins. Les prés salés d’autrefois, asséchés par les damnés aboiteaux, ne fournissent plus aux citadins le fameux beurre salé ni l’agneau salé du temps où les animaux savouraient le foin de grève qui embaumait l’étable. Mais l’agriculture y est encore familiale, et chaque propriétaire a à cœur de bien entretenir ses champs et ses bâtiments. Ces champs en lisières qui descendent vers le fleuve forment une courtepointe admirable, et les brise-vent y ramènent les oiseaux et l’abri.
Sur les hauteurs, il y a aussi des villages forestiers, un grand pin de plus de 300 ans, des orignaux, des chevreuils, des champignons rares, et des « bûcheux » comme il ne s’en fait plus.
Les montages sont aussi du décor. Les Laurentides de Charlevoix où le soleil se couche en feu, mais surtout peut-être ces îlots de granit de quartz qui ont survécu à l’érosion des glaciers, perdus au milieu des champs, que les gens d’ici ont nommés « cabourons », sur lesquels on peut marcher, grimper, observer notre histoire terrestre.
Un pays de 350 ans fidèle à ses origines
Mais surtout, le Kamouraska est sans doute la seule région périphérique du Québec qui est presque intacte. La région la moins urbanisée et la moins défigurée par la grande industrie. Aucune grande compagnie étrangère n’est venue y piller les ressources, y défigurer les paysages, et y asservir la population. Ni les Price, les Robin, les Noranda Mines, les Iron Ore, les Shawinigan Power, les Asbestos Corporation, les CIP, les Eddy. Il n’y a pas de quartiers anglais ni de villes de compagnie. Le français y est pur et maître. On est chez nous.
Les villages, les maisons et les granges de bois sont ceux qu’ont inventés nos ancêtres pour traverser l’hiver, et ils sont bellement protégés. Depuis quelques années, une créativité culturelle, nourrie par la douceur et la grandeur de ce territoire, se manifeste partout et de mille façons : hébergements, restaurants, poissonneries, microbrasseries, marchés paysans, boutiques, galeries d’art, festivals de peinture, de céramique, de champignons, sentiers pédestres, escalade, et par-dessus tout, l’incroyable Cirque de la Pointe-Sèche sur les parois d’un cabouron qui abrite un manoir seigneurial.
Voilà pourquoi le Kamouraska est un doux pays, le doux Québec, la Nouvelle-France 300 ans plus tard. Voilà pourquoi le Kamouraska vous attend, chaque été, comme les oies blanches, pour un moment de douceur et de beauté.