L’année 2026 venait tout juste de débuter que nous étions déjà aux prises avec l’histoire de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces armées des États-Unis, directement sur le sol du Vénézuéla. Si personne ou presque ne pleure sur le sort du dictateur, l’opération américaine soulève cependant plusieurs interrogations sur la manière dont a procédé l’administration Trump. Il s’agit évidemment d’un déni du droit international, et d’une sérieuse ingérence d’un pays sur un autre, et ce, sans résolution de l’ONU.
Par contre, cette opération militaire démontre néanmoins quelque chose de très important, en l’occurrence la fin de l’hypocrisie du pseudo-droit international, et le retour en force des empires et de la loi du plus fort. La grande différence avec le passé est que, désormais, on ne se cache plus pour agir, alors que précédemment, on dissimulait les actions de ce type par l’entremise de la CIA, et sous le couvert de la démocratie et du mensonge institutionnalisé, qui en se répétant devenait la vérité. Il y a bien évidemment un nom pour cela, et ça se nomme de la propagande… En somme, nous assistons collectivement à la levée du voile sur la politique des intérêts. « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts », disait le général de Gaulle.
Bien que mon objectif aujourd’hui ne soit pas d’analyser de fond en comble la situation géopolitique internationale, il n’en demeure pas moins que nous vivons présentement un changement d’ère considérable dans plusieurs sphères de nos sociétés occidentales. On assiste à la perte de confiance d’une partie de la population envers les médias traditionnels, et à l’arrivée simultanée d’une pléthore de médias alternatifs, où n’importe quel quidam se lance dans la baladodiffusion avec parfois d’excellents résultats, mais également souvent du grand n’importe quoi. Nous assistons collectivement à la perte de référents communs.
Soyons honnêtes : la crise des médias traditionnels est essentiellement due à la partisanerie qui a pris le dessus sur le devoir d’objectivité, voire de l’honnêteté intellectuelle. Certes, quelques médias ont commencé à se transformer en comprenant ce qui se passe, mais d’autres continuent malgré tout à s’entêter à imposer leur biais idéologique, au détriment d’un débat où le choc des idées devrait contribuer à une saine démocratie libérale comme la nôtre.
Qui plus est, avec la haine qui sévit sur les médias sociaux, la polarisation des idées, et l’arrivée de l’intelligence artificielle où il est de plus en plus difficile de départager le vrai du faux, il est beaucoup plus ardu d’avoir une conversation intelligente sans tomber dans les insultes faciles et les attaques de front. La société se compartimente… Dans le meilleur des cas, les opposants ne se parlent pas, mais plus souvent qu’à leur tour, ils s’insultent par l’entremise de leurs chambres d’écho.
Visiblement, la volonté de vivre ensemble dans nos différences est en voie de disparition, et les extrêmes gagnent du terrain chaque jour de sorte que chacun, à la lumière de ce que je viens d’exposer, vit dans son propre monde.
Divide et impera
Une des nombreuses erreurs que j’ai commises durant ma vie a été de penser que les gens étaient comme moi. En somme, je croyais que les gens traitaient leur prochain comme ils aimeraient être traités. Malheureusement, j’ai payé lourdement, et plus souvent qu’à mon tour, cette naïve croyance.
Lorsque je parle de la politique des intérêts en géopolitique, je dois également me référer au principe hermétique stipulant que tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Plus clairement, la politique des intérêts ne s’applique pas uniquement en géopolitique, mais également dans la vie personnelle de tout un chacun.
Au moment où vous voyez les puissants de ce monde agir comme ils le font, vous pouvez également percevoir le même phénomène à l’échelle du peuple. Oui, les menteurs et les manipulateurs ne sont pas uniquement chez nos élites, mais également dans la plèbe…
Par ailleurs, les menteurs et les manipulateurs plus sophistiqués ont essentiellement toujours le même modus operandi : ils créent ou bien ils exploitent un problème, ce qui fait vivement réagir, pour atteindre un certain chaos et ensuite proposer une solution qui avantage leur propre programme.
Quelques exemples
Dans l’histoire contemporaine, l’incendie du Reichstag en 1933 a eu pour conséquence l’abolition des libertés civiles en Allemagne ; l’incident du golfe du Tonkin en 1964 a fait entrer les États-Unis en guerre contre le Vietnam ; les attentats du 11 septembre 2001 ont mené à la normalisation de la surveillance de masse et à la fin de la vie privée aux États-Unis, et la crise de la Covid a mené à une tentative — toutefois avortée — de la mise en place d’un code QR individuel, de couvre-feux, et d’une dépendance accrue aux technologies numériques de contrôle. On pourrait également ici faire allusion aux pseudo-armes de destruction massive que possédait supposément l’Irak pour justifier le renversement de Sadam Hussein en 2003. Bref, ce ne sont pas les exemples qui manquent…
La vigilance
Je vous renvoie ici aux bons vieux films de Columbo diffusés naguère à TVA. Bien qu’on sût d’avance qui était le meurtrier, il était toujours intéressant de regarder comment le célèbre inspecteur démasquait le fautif. Une des manières simples était de trouver le mobile. À qui profitait le crime ?
Aujourd’hui, dans cette ère de division, bien que je n’aie pas toutes les réponses, demandez-vous à qui sert cette division ? Qui profite de la situation ? Quel programme cela sert-il ? Manifestement, l’histoire ne fait que se répéter, mais avec des acteurs différents…
« Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges ; il perd l’essentiel de sa personne. Il n’est plus qu’un objet prêt à être manipulé », disait jadis le philosophe et essayiste français Albert Jacquard.
