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Le Marco bricoleur

Illustration générée par l'IA.

Je ne sais pas si c’est l’âge, une lubie passagère ou une poussée de confiance mal placée, mais tout à coup, la semaine dernière, je me suis senti l’âme d’un bricoleur. C’est ainsi que j’ai entrepris d’installer un magnifique plancher flottant en vieilles planches de ferme, à 40 pouces de hauteur, sur le mur de ma chambre. Une chambre nouvellement meublée avec un lit king. Because, en couple (oui oui, je suis en couple), des fois, faut se décoller.

Alors je fais ce que tout bricoleur responsable fait. Je demande conseil. J’achète de la colle, des moulures, de la peinture, et tout un assortiment d’outils qui ne me serviront plus jamais de ma vie. La portion peinture, honnêtement, s’est bien déroulée. J’ai eu la confirmation que je n’étais pas idiot à temps plein. J’ai même eu une émotion. C’est quand j’ai voulu coller le plancher après le mur que ça a commencé à déraper.

Je sais. Un plancher après un mur, ça fait La p’tite vie avec le lit debout. Ce n’était pas le plan. Toujours est-il que je colle les planches, une par-dessus l’autre. Ça marche. Ça tient. Je suis fier. J’ai encore une émotion.

Puis je vois un petit écart entre deux planches. Tout petit. Minuscule. Personne ne l’aurait vu. Sauf moi. Mais comme j’étais hot, je décide de pousser la planche juste un tantinet.

Et là, tout me tombe dessus.

Les cinq planches pleines de colle se décollent en bloc, moi, je suis assis coincé entre le mur et mon lit, à 16 pouces de distance, et surtout, je ne veux absolument pas salir mes draps en coton égyptien qui coûtent à peu près le même prix qu’un séjour dans les pyramides. Le chat me regarde, les yeux écarquillés, et m’entend célébrer une messe complète en latin. J’essaie de remonter le tout. J’ai de la colle partout. Chaque fois que j’en ai un peu sur un doigt, je cours le laver. Vous voyez le genre.

À deux heures du matin, voyant qu’à chaque fois que je lâche un peu la pression, tout redécolle, je visse. Ça tient. Bon. C’est moins élégant, mais ça tient.

Ensuite viennent les moulures. « Ça te prend une scie à onglets », me dit mon ami Pascal. Ben coudonc. Direction la quincaillerie. Me voilà propriétaire d’une superbe scie à onglets. J’essaie, j’essaie, j’essaie… ça marche pas. Retour à la quincaillerie. Je retourne la scie, me fais rembourser, et explique mon problème à la fille du département.

« J’essaie d’entrer les moulures dans les onglets, mais ça marche pas. » Elle me regarde et me dit calmement : « C’est la scie que vous entrez dans les onglets. Les moulures vont dans le fond. »

Je lui ai fait promettre, probablement en vain, de ne jamais en parler. Surtout pas au party de Noël.

Je rachète donc la même maudite scie. De retour chez moi, je recommence. Dieu est grand. Ça marche. Même les angles à 45 degrés. J’ai encore une émotion. Reste à clouer les moulures.

Je cogne, je cogne, je cogne, à faire tomber tous les cadres de la maison. Le clou ne veut pas passer entre le bois de la moulure et le vinyle du plancher. Après avoir pratiquement scrappé la moulure à force de frapper à côté du clou, celui-ci finit par entrer.

Je termine avec classe en utilisant le petit poinçon… que j’enfonce trop.

La moulure tombe à terre.

Je recommence. Je me tape sur les doigts cinq ou six fois. En désespoir de cause, je visse les moulures. Je cacherai ça avec du mastic à bois. Remarque : avant de demander, je ne savais même pas que ça existait, du mastic à bois, mais paraît que ça fait des miracles. Je vous en reparlerai.

Fini pour la chambre. Asteure, dans mon bureau, je sens un petit vent froid. J’ai entrepris de vérifier l’isolation. À suivre.