Le pont couvert de Saint-Onésime n’était pas assuré

Une semaine après le bris d’une partie de la structure soutenant le toit du pont couvert de Saint-Onésime, la municipalité devra assumer elle-même les coûts de réparation, ce dernier n’étant pas couvert par les assurances.

La nouvelle a créé une véritable commotion au conseil municipal de Saint-Onésime, lundi dernier. Plusieurs ont manifesté leur mécontentement, d’avouer bien honnêtement la mairesse de la municipalité, Mme Hélène Laboissonnière.

Si dans ce dossier elle se refuse de pointer du doigt les élus ayant siégé par le passé, elle reconnaît tout de même que l’entretien et l’assurabilité du pont sont du ressort de la municipalité, donc du conseil municipal. Des propos qui ont été confirmés par la directrice générale de la municipalité, Mme Maryse Lizotte. «La confection d’un budget dans une municipalité est faite par les élus. Le directeur général peut émettre des suggestions, mais sa responsabilité première est de faire respecter le budget préparé par les élus», confiait-elle.

Zéro entretien

Selon la convention du patrimoine signée à l’époque avec le ministère de la Culture et des Communications, il était convenu qu’un montant minimal de 1000 $ soit injecté annuellement dans un fonds de réserve afin de procéder à l’entretien du pont. Celui-ci n’a pas été alimenté depuis 2012. «Tout comme les assurances, c’est des décisions qui reviennent aux élus», de rappeler la directrice générale.

Résultat, la pluie verglaçante et la neige qui se sont acharnés sur le pont couvert ont eu raison d’une partie des éléments qui composent sa structure, le 2 mars dernier. «On nous a reproché de ne pas avoir procédé au déneigement de la toiture du pont. Mais comme il s’agit d’une infrastructure patrimoniale, il y a un protocole à respecter», d’expliquer Maryse Lizotte.

Ce protocole, il comprend un gestionnaire en santé et sécurité et deux ouvriers retenus par des harnais. Mais encore là, c’est le rôle du conseil municipal de désigner une firme compétente en la matière, ce qui n’a pas été fait récemment, ni dans les années précédentes, en raison des choix budgétaires de la municipalité.

État de la structure

Entrant dans la catégorie des «ponts town québécois», le pont couvert de Saint-Onésime a pourtant été conçu pour être en mesure de supporter le poids de la neige et de la glace et de les évacuer par lui-même. Cependant, lors des rénovations réalisées en 2008, des éléments à la structure du toit ont été renforcés, mais pas nécessairement remplacés. C’est principalement eux qui ont cédé. «Quand les travaux ont été faits sur le pont, l’intégrale de la structure intérieure a été pratiquement conservée intacte pour respecter les règles de patrimoine», de préciser la mairesse Hélène Laboissonnière.

Maintenant que le mal a été fait, le pont a été solidifié de l’intérieur selon les recommandations des ingénieurs pour éviter un affaissement de la toiture. La municipalité s’engage à le remettre en état, comme en fait foi la convention signée avec le ministère. Dans l’avenir, Mme Laboissonnière s’engage à ce que cette situation ne se représente plus. «Je m’engage à être le chien de garde des administrations futures pour que soient suivies les recommandations concernant le pont.»

Historique

Construit en 1919, le pont couvert de Saint-Onésime, appelé pont du Collège, a été déclaré monument historique en 2002 et inscrit au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

En 2008, suite à la mobilisation de plusieurs bénévoles, dont les élus municipaux de l’époque, le pont avait bénéficié de rénovations importantes, qui consistaient principalement à son soulèvement pour éviter d’être endommagé par d’éventuelles crues de la rivière Ouelle, la réparation et le remplacement d’éléments endommagés et l’aménagement d’un parc à sa sortie sud. Le projet, qui avait bénéficié de plusieurs subventions de la part de partenaires publics et privés, s’élevait à 214 679 $.

Un an plus tard, le pont se voyait remettre le prix culture, patrimoine, sport et loisir lors du 5e mérite d’ovation municipale de l’UMQ.