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L’Est-du-Québec a le vent dans les pales

Le premier ministre François Legault entouré des ministres et intervenants au dossier. Photo : Marc Larouche

L’énergie éolienne a le vent dans les pales au Bas-Saint-Laurent. Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est déplacé à Cacouna pour annoncer la signature d’un partenariat visant le développement éolien sur le territoire englobant les MRC de Montmagny, L’Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup et Témiscouata. Celles-ci pourront ainsi accueillir des installations destinées à produire jusqu’à 1500 MW d’énergie verte au cours des prochaines années.

L’entente est un partenariat entre Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est, dont font partie la première nation Wolastoqiyik Wahsipekuk (PNWW) et 209 collectivités réparties sur 16 MRC, de Montmagny aux Îles-de-la-Madeleine.

Celle-ci représente des investissements qui pourraient atteindre 4,5 milliards $ dans les régions et territoires ancestraux ciblés, et permettra de générer des retombées économiques importantes. Il est aussi question de création d’emplois, de formation de main-d’œuvre, et de diversification des revenus des communautés et des municipalités.

L’entente est baptisée Wetsok, ce qui signifie « dans la direction du vent » en langue wolastoqey. « C’est du concret. Des investissements majeurs, des emplois de qualité, et de nouvelles occasions pour les régions de l’Est-du-Québec », dit François Legault.

Pour Jacques Tremblay, Grand Chef de la PNWW, ce partenariat représente plus qu’un simple projet énergétique. « Il s’agit d’une occasion concrète de prendre pleinement notre place comme nation dans la transition énergétique du Québec, en nous assurant que les retombées économiques profitent directement à nos membres. En tant que partenaire, la PNWW veille ainsi au respect de ses droits, à la protection de son territoire, et à l’intégration harmonieuse de ce développement dans notre vision collective », dit-il.

« On travaille sur deux booms économiques. Un qui servira d’abord à ceux qui cherchent un emploi présentement, mais après, dans le deuxième boom économique, ce sera beaucoup pour nos enfants, pour les prochaines générations. C’est un devoir qu’on a de tous travailler ensemble à l’avenir économique des régions du Québec », précise Francois Legault.

Projets optimaux

Pour le président de l’Alliance de l’énergie de l’Est, Michel Lagacé, la façon de faire mise en place par l’Alliance demeurera la même. « C’est-à-dire développer des projets environnementalement, socialement et économiquement optimaux pour l’Est-du-Québec et les milieux d’accueil des projets, avec Hydro-Québec, les populations locales, ainsi que l’ensemble des parties prenantes et des partenaires qui participeront à ces démarches importantes pour nos régions. Nous contribuerons ainsi activement à la transition énergétique et à la réduction des émissions de GES qui feront une réelle différence pour les générations futures », dit-il.

Pour Christine Fréchette, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, cette énergie verte est un atout incomparable pour assurer le développement économique du Québec. « L’accélération des projets énergétiques est d’ailleurs centrale à notre vision économique. L’entente d’aujourd’hui va permettre non seulement de créer des emplois bien rémunérés, mais aussi de renforcer nos liens avec les communautés autochtones impliquées. »

Claudine Bouchard, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, affirme que cette entente reflète l’ambition collective de bâtir un avenir énergétique durable pour le Québec.

Acceptabilité sociale

Les partenaires évalueront d’emblée l’acceptabilité sociale du développement éolien dans le territoire visé. Des consultations seront menées auprès des partenaires locaux pour mieux cerner les réalités du milieu, afin d’assurer une intégration harmonieuse et responsable des projets potentiels. Conscients des effets cumulés du développement éolien, les partenaires adopteront une démarche structurée visant à assurer une croissance responsable de la filière, tout en tenant compte de l’évolution du réseau de transport.

Dans un contexte où Québec et Hydro-Québec veulent doubler la production d’électricité verte d’ici 2050, la démarche prend un sens stratégique. Pour François Legault, le modèle mis en place dans l’Est pourrait inspirer l’ensemble du Québec. « Je rêverais d’avoir ce modèle-là dans toutes les régions du Québec, que l’Alliance ait réussi à mettre ensemble toutes les MRC. […] Quand on dit des vrais partenaires, on parle dans l’actionnariat. »

Il y voit un moyen concret de renforcer l’indépendance économique du Québec et de préparer l’avenir.

« On travaille sur deux booms économiques […] pour les prochaines générations. C’est un devoir qu’on a de tous travailler ensemble à l’avenir économique des régions du Québec. »

Pour ceux qui craindraient que le territoire soit parsemé de plusieurs dizaines d’éoliennes, Michel Lagacé se fait rassurant. « Il ne faut pas uniquement additionner. Il faut faire des soustractions aussi. Parce qu’il y a des contrats en approvisionnement d’électricité qui viennent à échéance. On va remplacer des turbines de 1,5 MW, le cas échéant, par des 7 MW. Donc, il y a l’équivalent de 1500 MW, si demain matin on change les turbines de 1,5 et 2 MW pour des 7 MW, on se retrouve avec 500 quelques turbines au lieu de 1500. Les nouvelles turbines produiront davantage, et seront moins nombreuses que celle que l’on voit actuellement. »

Présents à l’annonce, les préfets de Kamouraska et de L’Islet, Nancy Dubé et Normand Caron, membres de l’Alliance de l’énergie de l’Est, estiment que l’annonce est une excellente nouvelle pour tout ce qui touche le développement de la filière éolienne dans leurs MRC respectives. Plus de détails dans l’Édition papier du Placoteux du 24 novembre.