Si nous interrogeons nos élus, ministres ou recteurs, ils vous affirmeront que la province consacre des millions pour former le nombre requis statistiquement par la demande, en santé et en éducation. Alors, pourquoi en manquons-nous ?
À question apparemment compliquée, réponse facile : Regardons ces organigrammes obèses dans Santé Québec, les CISSS, les [centres de] services scolaires. Nous y constaterons que la grande majorité des postes en administration (ces gens dans des bureaux en arrière de leur ordinateur, qui pondent des théories ou des directives déjà connues et usées depuis longtemps), ce sont justement des docteurs, des infirmières, des professeurs.
Des spécialistes dont nous manquons cruellement en première ligne, et qui y seraient plus efficaces, car formés dans ce but. Ils optent plutôt pour des promotions en administration, où malheureusement, ils atteignent très vite leur seuil de compétence [sic].
Pourquoi détourner de leur champ de compétence ces cardiologues, neurologues, infirmières, professeurs, alors qu’ils seraient avantageusement remplacés par des diplômés en administration qui, bien souvent, courent après des emplois en sortant de l’université ?
Mettons nos pions à la bonne place, et beaucoup de crises seront évitées sur le grand échiquier de la santé et de l’éducation. Un moratoire sur le remplissage des organigrammes administratifs par du personnel qualifié détourné de la première ligne serait fort utile en ce temps de fausse pénurie.
Est-il normal qu’un cardiologue passe son temps dans un bureau, sur la route, et dans des installations aux quatre coins de sa région au lieu de rendre service dans une salle d’opération, tel que le prévoyait sa formation de plusieurs années ?
Gilbert Blachon
Rivière-du-Loup
