Le gouvernement du Québec enclenche une nouvelle phase de son « traitement choc » destiné à rendre l’État plus efficace. La ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de l’Efficacité de l’État et présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, annonce une double mesure en ce sens. Le député local Mathieu Rivest applaudit quant à lui l’initiative.
Il s’agit en somme d’une réduction graduelle de 5000 équivalents temps complet (ETC) d’ici 2027, et l’obligation pour les employés de l’État d’être présents au bureau trois jours par semaine dès la fin janvier 2026.
« Cette décision marque un tournant pour moderniser l’appareil public, et recentrer les services autour des besoins des citoyennes et des citoyens. Toutefois, le gouvernement va veiller à ce que la réduction des effectifs ne compromette pas la qualité des services offerts. La priorité doit rester le service à la population. Le retour au bureau trois jours par semaine peut favoriser la collaboration et l’efficience », dit Mathieu Rivest au Placoteux.
Le gouvernement réaffirme ainsi son intention de diminuer la taille de l’État, et en augmente même la cadence. Pour l’exercice 2025-2026, 2000 ETC ont déjà été retranchés dans la fonction publique, et les efforts se poursuivent pour atteindre 500 ETC hors fonction publique. En 2026-2027, Québec prévoit une réduction additionnelle de 2000 ETC dans la fonction publique, et de 500 ETC hors fonction publique, portant le total à 5000 postes éliminés d’ici mars 2027.
Pour y parvenir, le gouvernement mise sur quatre leviers : maintien du gel de recrutement — à l’exception de Santé Québec, des réseaux et des entreprises du gouvernement —, et maintien du gel d’embauche pour les ministères qui n’ont pas atteint leurs cibles; réduction de la bureaucratie; analyse approfondie des missions de l’État; possibilité de réduire volontairement la semaine de travail de 35 à 32 heures, offrant une flexibilité accrue aux employés tout en contribuant aux réductions budgétaires.
Les réseaux de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur ne sont toutefois pas visés par les compressions afin de protéger les services directs à la population.
Trois jours par semaine
Autre changement majeur, les employés de l’État devront réintégrer leur milieu de travail physique au moins trois jours par semaine d’ici la fin janvier 2026. Québec affirme que cette présence accrue vise à renforcer la cohésion, la collaboration, le sentiment d’appartenance et la créativité au sein des équipes. Le gouvernement soutient également que cette mesure permettra de réduire les délais décisionnels, et d’améliorer le soutien entre gestionnaires et employés, en particulier pour les dossiers complexes.
« Aujourd’hui, nous annonçons des gestes concrets pour réduire la taille de l’État. Nous poursuivons la mise en œuvre de notre vision de l’efficacité. Il s’agit d’une occasion de renforcer nos services publics, de les recentrer sur les priorités des Québécois, et d’optimiser nos façons de faire. En même temps, nous reconnaissons que le monde du travail évolue. C’est pourquoi nous ramenons les employés de l’État au bureau trois jours par semaine », déclare France-Élaine Duranceau.
Cette consolidation, dit-on, s’inscrit dans la continuité des engagements pris par le gouvernement depuis 2018 concernant la gestion des effectifs. Québec assure ainsi qu’il rencontrera les organisations syndicales au cours des prochaines semaines afin de collaborer à la mise en œuvre de ces changements organisationnels. À compter de la fin janvier 2026, la présence minimale de trois jours par semaine au bureau deviendra obligatoire pour l’ensemble des employés de l’État.
