Alors que le service de transport collectif et adapté Vas-Y, à Rivière-du-Loup, doit réduire son offre de service, la situation est différente au Kamouraska. Le transporteur de la MRC, RAOUL, fonctionne bien, et profite des changements aux règles d’aide financière du ministère des Transports du Québec, qui nuisent maintenant à d’autres services comme celui de Rivière-du-Loup.
Auparavant, le programme d’aide du ministère des Transports du Québec évaluait le soutien accordé aux services de transport collectif en fonction de l’importance de leur achalandage. Depuis la modification des règles, à la fin de 2025, le calcul repose plutôt sur le kilométrage, soit la distance parcourue par les services.
Ce changement redistribue les avantages entre les réseaux. Les services davantage concentrés en milieu urbain, comme Vas-Y, sont désavantagés par cette nouvelle méthode, tandis que les services couvrant un territoire plus vaste, comme RAOUL au Kamouraska, peuvent en tirer profit. Toutefois, tout ne s’est pas fait seul et par magie. La réflexion sur la refonte du service datait de 2021, dans la foulée de la pandémie qui a bouleversé le fonctionnement du transport collectif et du transport adapté, alors deux organisations distinctes.
La pandémie a entraîné l’arrêt des activités, et créé selon Mme Provencher « le moment idéal pour revoir le fonctionnement ». Les services de transport collectif et de transport adapté ont finalement été regroupés sous le vocable RAOUL, et partagent les mêmes équipements.
Les personnes âgées sont nombreuses à utiliser RAOUL, indique la directrice générale Valérie Provencher, qui n’a toutefois pas fourni de données chiffrées permettant de préciser leur proportion parmi les usagers. « C’est certain qu’en cas de coupure de service, les aînés sont parmi les premiers touchés, particulièrement lorsque ça touche l’horaire », dit-elle.
Un service regroupé sur 15 municipalités
RAOUL compte quatre minibus qui desservent le territoire de la MRC de Kamouraska. Le réseau permet également d’effectuer des transferts avec les services des MRC environnantes. Ces déplacements interterritoriaux contribuent à augmenter le kilométrage parcouru, un élément qui prend désormais davantage de poids dans le calcul de l’aide financière.
Les données de 2024 illustrent l’utilisation des services : l’ancien service de transport collectif Trans-Apte a réalisé près de 10 000 transports, tandis que le transport adapté a accommodé 17 000 personnes durant la même période.
Le service dessert 15 municipalités du territoire de la MRC. Valérie Provencher souligne que si RAOUL fonctionne très bien, de l’argent supplémentaire serait évidemment bienvenu. De même, une certaine uniformisation des règles entourant les transports collectifs au Québec serait souhaitable.
« Il n’y a pas un service de transport collectif qui a le même fonctionnement. Il n’y a pas d’uniformité. Les modèles d’organisation varient d’un territoire à l’autre. Certains possèdent leurs propres véhicules, alors que pour d’autres c’est différent. »
