Les représentants de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées de l’Est-du-Québec (AQDR), de la FADOQ Région Bas-Saint-Laurent, et du Carrefour 50+ ont exprimé leurs vives préoccupations concernant les réductions et les interruptions de service en transport collectif et adapté dans le Bas-Saint-Laurent.
Les trois organismes souhaitent attirer l’attention sur les conséquences bien réelles de cette situation pour les personnes aînées, particulièrement celles vivant en milieu rural où les solutions de déplacement sont souvent limitées, voire inexistantes.
La réflexion s’imposait suite aux difficultés observées récemment dans différents secteurs du Bas-Saint-Laurent, et qui démontrent, selon les organisations, la fragilité des services de transport collectif et adapté. À Rivière-du-Loup, les réductions de service annoncées par Transport Vas-y, notamment en soirée et les fins de semaine à compter de janvier 2027, soulèvent des inquiétudes quant à l’accessibilité des déplacements pour les personnes aînées.
Dans la MRC de Rimouski-Neigette, la suspension annoncée du transport collectif rural à compter de janvier 2027 constitue également une source importante de préoccupations. « Ces situations illustrent les défis auxquels sont confrontés les organismes de transport pour maintenir leurs services dans un contexte de financement difficile et de besoins grandissants », lit-on dans un document conjoint transmis à la presse.
Les trois organismes rappellent que les réalités des territoires ruraux doivent être prises en considération. Les longues distances, la dispersion de la population et l’absence d’autres moyens de transport rendent ces services indispensables.
Autonomie des aînés
Les organisations ajoutent que le transport collectif et adapté joue un rôle fondamental dans la qualité de vie, l’autonomie, et le maintien à domicile des personnes aînées. « Il permet notamment de se rendre à des rendez-vous médicaux, de faire son épicerie, d’accéder aux services de proximité, de participer à des activités sociales, et de maintenir des liens avec sa communauté. Pour plusieurs personnes qui ne conduisent plus, ces services représentent bien davantage qu’un simple moyen de déplacement. Ils constituent un élément essentiel pour continuer à vivre dans leur milieu, préserver leur indépendance et éviter l’isolement. »
Au-delà des réductions annoncées, les représentants soulignent que l’offre actuelle ne répond pas toujours adéquatement aux besoins des personnes aînées. Les horaires restreints, les déplacements limités à certaines journées, les réservations parfois complexes, et l’absence de services en soirée ou les fins de semaine constituent autant d’obstacles à leur utilisation.
Pour les trois organismes, il ne suffit donc pas de préserver les services existants, il faut aussi travailler à les améliorer, afin qu’ils répondent réellement aux besoins de la population vieillissante. Les signataires Pierre-Paul Malenfant, président de l’AQDR Bas-Saint-Laurent–Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Mireille Dubé, directrice générale de la FADOQ Région Bas-Saint-Laurent, et Harold Lebel, directeur général du Carrefour des 50+ Bas-Saint-Laurent–Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine notent que le manque d’accès au transport peut entraîner des conséquences importantes : des rendez-vous reportés, une diminution des activités sociales, une dépendance accrue envers les proches, et dans certains cas l’obligation de quitter sa communauté pour se rapprocher des services.
« Le transport constitue un élément majeur de la possibilité pour les personnes aînées de bien vivre et de vieillir dans leur communauté. Il est essentiel de leur permettre de conserver leur autonomie et leur participation à la vie collective », rappellent-ils.
Un financement adapté aux régions
Les difficultés financières rencontrées par les organismes de transport soulèvent des préoccupations quant à la stabilité du financement gouvernemental, et à sa capacité à répondre aux besoins des territoires. Les trois organismes souhaitent notamment qu’une attention particulière soit accordée au Programme d’aide au transport collectif régional (PATCR), afin de permettre aux organisations responsables du transport de disposer des ressources nécessaires pour maintenir et développer leurs services.
Ils reconnaissent les efforts déployés par les municipalités, les MRC, et les organismes de transport qui travaillent quotidiennement à offrir des solutions de déplacement malgré des ressources financières limitées. Toutefois, les défis liés à la ruralité et au vieillissement de la population nécessitent un soutien gouvernemental stable, prévisible, et adapté aux réalités régionales.
Trois organismes pour une même cause
Les trois représentants souhaitent que les acteurs concernés puissent rapidement trouver des solutions durables pour rétablir les services touchés, et soutenir les organismes qui assurent le transport collectif et adapté dans la région. Ils rappellent également que le vieillissement de la population doit être au cœur des décisions concernant l’avenir de ces services.
« Notre région ne doit pas être traitée comme une région de seconde zone. Les personnes aînées qui choisissent de vivre dans nos communautés rurales doivent pouvoir bénéficier de services qui répondent à leurs besoins, au même titre que celles qui habitent les grands centres. Nous souhaitons que des solutions soient rapidement mises en place afin de préserver leur autonomie et leur qualité de vie », concluent les trois porte-parole.
