Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois

Les électeurs de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup sont appelés aux urnes le lundi 20 septembre prochain. Le Placoteux a rencontré les trois principaux candidats sur le terrain et vous propose le condensé de ces différentes entrevues.

Quelles sont vos motivations à devenir député ?

Par conviction surtout. Je voulais me mettre au service de la circonscription pour proposer de nouvelles idées. Avec mes trois priorités, je veux contribuer à amener la circonscription plus loin. Je veux faire cela en concertation avec les gens du milieu. Le virage environnemental d’un point de vue économique est nécessaire et on doit aider nos entreprises à effectuer ce virage environnemental.

Quelle est la pertinence de cette élection ?

Cette élection n’était pas nécessaire, le Parlement fonctionnait malgré qu’il soit minoritaire. Il y avait beaucoup de projets de loi sur la table qui auraient pu être adoptés, le premier ministre aurait pu s’associer avec l’un ou l’autre des partis comme pour le projet de loi C-10 ou le projet de loi sur la protection de la gestion de l’offre. C’était aussi écrit dans le ciel qu’il y aurait une quatrième vague de la pandémie. L’élection n’était pas nécessaire à ce moment-ci.

Quelles sont les préoccupations réelles des électeurs sur le terrain ?

La crise de la main-d’œuvre, le fait que les pensions de vieillesse augmentent au gré des volontés du politique — on propose d’ailleurs de rattraper l’écart et ensuite de l’indexer selon le coût de la vie pour que les aînés puissent vivre dignement — et aussi les garderies. On me parle aussi tous les jours de la crise climatique, elle inquiète les gens et elle m’inquiète aussi.

Que proposez-vous pour améliorer la crise de la pénurie de main-d’œuvre ?

On a déjà proposé plusieurs solutions. La crise existait avant la pandémie, la PCRE par contre fait plus partie du problème que de la solution. On propose la suspension de la PCRE, sauf pour certains secteurs précis comme la culture et l’aviation, dont la relance n’est pas complètement faite. Aussi, une personne de 65 ans et plus qui souhaite aller au travail ne devrait pas avoir de pénalités sur son supplément de revenu garanti ou sa pension de vieillesse. Elle n’a pas d’incitatifs, car actuellement elle devrait payer pour travailler.

Comment accélérer le traitement des demandes d’immigration ?

Il faut rapatrier le pouvoir en immigration économique au Québec. C’est à Québec qu’on connaît les besoins. Souvent, Québec a déjà donné son aval à une candidature et c’est seulement après que le dossier se règle au fédéral et on parle parfois d’un an ou deux ans plus tard. On demande à ce que ces pouvoirs viennent à Québec. Tout ce que le fédéral aurait à faire, ce sont les questions de sécurité.

Comment entrevoyez-vous le rôle du fédéral pour les prochains mois de la pandémie ?

Il faudra revenir à la base qui est la gestion de cette crise pandémique, la gestion de nos frontières. On a un premier ministre qui est beaucoup plus occupé par la campagne électorale que par les impératifs que nous amène la pandémie. Il faudra remettre le plus tôt possible les actions concrètes sur le terrain pour qu’on puisse aider notre monde, qu’on puisse rediriger tout cet argent là où les besoins sont. Actuellement, ce sont des dépenses non calculées. Il faut qu’elles soient davantage contenues. Il y a encore des gens qui ont besoin d’aide, mais ce qu’on a présentement c’est du mur-à-mur d’un océan à l’autre.

Croyez-vous que le fédéral s’implique actuellement trop dans les compétences québécoises ?

C’est une vieille habitude des partis fédéralistes de vouloir s’ingérer dans les pouvoirs québécois. Les gens se rendent bien compte de cette ingérence quand les conservateurs proposent un contrat au Québécois qui dit blanc et qu’au Canada anglais on n’est plus sûr que ce soit la même affaire. Le Bloc est là pour défendre les compétences du Québec. Si le Bloc n’était pas là pour défendre ces compétences, qui le ferait ? La situation serait encore pire.

La crise climatique, l’oubliée de la présente élection ?

Je parle environnement justement cette semaine (NDLR : l’entrevue se tenait le 7 septembre). La crise climatique est grave. Notre parti reconnaît au moins l’existence de cette crise climatique, ce n’est pas le cas de tous les partis, on l’a vu lors du congrès conservateur en mai. Ici, cette crise climatique a des effets néfastes, par rapport à l’érosion des berges, par rapport à l’agriculture, à l’industrie forestière. Je veux travailler avec les gens sur la résilience pour pouvoir résister. Je compte bien demander à mon principal adversaire (NDLR : Bernard Généreux, du Parti conservateur) de se prononcer sur cette crise climatique là. Son chef veut revenir en arrière sur les objectifs en matière de gaz à effet de serre.

Le fédéral investit 10 MM $ en Alberta pour le pétrole, comment expliquer que les taxes et les impôts du comté de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup servent à financer le pétrole alors que ça pourrait servir ici même à mousser des initiatives vertes ?

Que répondez-vous aux gens qui voteraient Bloc, mais qui disent craindre de perdre leurs votes au profit du Parti libéral, alors qu’ils souhaitent un changement ?

Dans la circonscription, les libéraux ne sont pas dans la course, bien que j’aie beaucoup de respect pour le candidat libéral. Ça se passe entre le candidat conservateur et moi-même. Les libéraux n’étant pas dans la course, ça va être un député conservateur ou un député du Bloc québécois. Un vote pour le Bloc n’est pas un vote pour M. Trudeau, car M. Trudeau n’aura pas de député ici. Ça m’apparaît clair et c’est ce que je perçois sur le terrain.