Tourisme Bas-Saint-Laurent partage les préoccupations exprimées par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec à la suite de la décision du premier ministre de ne pas nommer de ministre spécifiquement responsable du Tourisme lors de la formation de son Conseil des ministres. Pour une industrie qui contribue directement au développement économique et à la vitalité de toutes les régions du Québec, l’organisation affirme que cette décision soulève des questions quant à la place qu’occupera désormais le tourisme dans les priorités gouvernementales.
« L’apport du tourisme au Bas-Saint-Laurent est indéniable. En plus d’être une véritable industrie économique, le secteur touristique contribue à la qualité de vie, à l’attractivité de notre territoire, et à la vitalité de nos communautés. Il est essentiel que le tourisme conserve une voix forte au gouvernement, et que les régions puissent compter sur un interlocuteur capable de porter leurs réalités et leurs enjeux », note Pierre Levesque, président-directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent.
Le transfert du portefeuille du Tourisme au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie peut toutefois, selon l’organisme, représenter une occasion de reconnaître pleinement le tourisme pour ce qu’il est : une véritable industrie économique, créatrice de richesse, d’emplois et de développement dans les régions du Québec.
Une industrie majeure
Au Bas-Saint-Laurent, l’industrie touristique représente 484 entreprises, génère 6756 emplois, accueille plus de 2,2 millions de visiteurs annuellement, et génère des dépenses touristiques de 484,5 M$ chaque année. À l’échelle du Québec, avec ses 24 000 entreprises et ses 420 000 emplois, le tourisme est un secteur dynamique de l’économie québécoise. En 2025, il a généré 18,9 G$ en recettes touristiques, dont 7,7 G$ provenant de visiteurs hors Québec.
Tourisme Bas-Saint-Laurent note que le tourisme est une industrie transversale. « Sa croissance repose sur des décisions gouvernementales qui touchent notamment le développement économique, les finances, l’immigration, la main-d’œuvre, le transport, l’agriculture et le bioalimentaire, l’environnement, les parcs, l’éducation et les affaires municipales. Cette réalité prend tout son sens au Bas-Saint-Laurent, où le développement touristique s’appuie sur une étroite concertation entre entreprises, municipalités, MRC, organismes touristiques, acteurs du développement économique et partenaires gouvernementaux. »
Tourisme Bas-Saint-Laurent joint donc sa voix à celle de l’Alliance de l’Industrie touristique afin que le gouvernement clarifie rapidement la gouvernance du portefeuille touristique, et précise de quelle façon les priorités de l’industrie seront représentées au sein du Conseil des ministres. Il souhaite que la nouvelle structure permette de maintenir une vision gouvernementale cohérente du développement touristique, et une coordination efficace des nombreux ministères dont les décisions ont une incidence directe sur les entreprises et les destinations.
La directrice générale de Tourisme Kamouraska, Yvonne Tremblay, n’était pas disponible pour commenter, profitant à son tour de vacances méritées.
Tourisme Bas-Saint-Laurent affirme qu’il poursuivra sa collaboration avec le gouvernement du Québec et avec l’Alliance de l’industrie touristique du Québec afin de faire progresser les priorités de l’industrie, et de contribuer pleinement au développement économique et à la vitalité du Bas-Saint-Laurent.
L’ancienne ministre estomaquée
L’ancienne députée de la circonscription voisine de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, Amélie Dionne, qui a occupé le poste de ministre du Tourisme sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec, était estomaquée lorsqu’elle a appris la nouvelle.
« J’ai été très surprise de constater qu’après 63 ans, c’est la première fois qu’un gouvernement ne nomme pas de ministre du Tourisme. On a travaillé très fort dans les dernières années à faire reconnaître l’importance vitale de ce secteur qui représente le quatrième secteur d’exportation pour le Québec, et qui soutient plus de 24 000 entreprises et 420 000 emplois dans les 17 régions du Québec », dit-elle, ajoutant que l’industrie touristique agit à titre de secteur transversal ayant un impact significatif sur plusieurs autres domaines comme entre autres le transport, le rayonnement international, l’identité, la forêt, la culture et le développement économique.
« Agir comme ministère transversal, ça demande de l’agilité et une présence accrue sur le terrain. Je souhaite que malgré son intégration à un super-ministère, et en l’absence d’un ministre responsable, le gouvernement actuel sera en mesure de continuer à reconnaître l’apport économique et social essentiel de ce secteur, et lui donner les ressources nécessaires pour poursuivre son développement. Le tourisme peut et doit être un levier majeur pour l’État dans un contexte de guerre tarifaire », conclut-elle.


