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Un marché du travail tendu dans la MRC de L’Islet malgré des indicateurs solides

L’Islet-sur-Mer. Photo : Facebook L’Islet

La rareté de main-d’œuvre demeure un enjeu central dans la MRC de L’Islet, et ce, malgré un marché du travail régional qui continue d’afficher des indicateurs parmi les plus favorables au Québec.

Selon les données les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec, la région de Chaudière-Appalaches présente un taux de chômage d’environ 2,9 %, l’un des plus faibles au Québec, ainsi qu’un taux d’emploi parmi les plus élevés de la province. Des niveaux enviables, qui traduisent toutefois un marché du travail particulièrement tendu, où les entreprises peinent à recruter.

À l’échelle régionale, cette pression se manifeste par plusieurs milliers de postes vacants. Bien qu’aucune donnée officielle ne ventile précisément ces besoins à l’échelle de la MRC de L’Islet, les indicateurs disponibles permettent néanmoins d’estimer que quelques centaines de postes demeurent à combler en continu sur le territoire.

Déséquilibre démographique

Cette situation s’explique en grande partie par la réalité démographique propre à la MRC. Selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec, le territoire compte un peu plus de 17 800 habitants. Or, le vieillissement de la population y est particulièrement marqué : près du tiers des résidents sont âgés de 65 ans et plus, une proportion nettement supérieure à la moyenne québécoise.

Ce déséquilibre se reflète directement sur le marché du travail. La MRC affiche un indice de remplacement de la main-d’œuvre d’environ 40 %, l’un des plus faibles de la région. Concrètement, pour 100 personnes qui quittent le marché du travail, notamment à la retraite, à peine une quarantaine de jeunes y font leur entrée.

Disparités par secteur

Sur le plan économique, la structure des emplois accentue également les besoins. Les secteurs dominants reposent largement sur les métiers spécialisés, la fabrication, le transport et les services. Les entreprises manufacturières, les commerces et les services de proximité figurent parmi les principaux employeurs, avec des besoins récurrents en main-d’œuvre.

Les postes les plus difficiles à pourvoir se concentrent notamment dans les métiers spécialisés — comme la mécanique, la soudure et l’opération de machinerie — ainsi que dans les secteurs du transport, de la production industrielle et de la construction. Les emplois liés à la vente, à la restauration et aux services de proximité demeurent également en forte demande, en raison d’un roulement de personnel élevé.

Fait à noter, une part importante des postes disponibles ne requiert pas de formation universitaire. À l’échelle du Québec, près de la moitié des emplois vacants exigent au plus un diplôme d’études secondaires, ce qui reflète bien la réalité de plusieurs régions, dont la MRC de L’Islet.

Du côté des revenus, les données indiquent un revenu d’emploi médian d’un peu plus de 50 000 $ pour les 25 à 64 ans, un niveau qui demeure inférieur à la moyenne provinciale. L’indice de vitalité économique classe par ailleurs la MRC dans la seconde moitié du classement québécois.

Malgré une légère diminution du nombre de postes vacants observée depuis le sommet atteint en 2022, la pression sur le marché du travail demeure bien réelle. Les entreprises doivent composer avec des délais de recrutement plus longs, et une concurrence accrue pour attirer et retenir les travailleurs.

Dans ce contexte, plusieurs stratégies sont mises de l’avant, notamment le recours aux travailleurs étrangers temporaires, la formation professionnelle, et les efforts visant à favoriser la rétention des jeunes dans la région. Toutefois, les tendances démographiques laissent peu de place à l’ambiguïté : la pénurie de main-d’œuvre dans la MRC de L’Islet ne relève pas uniquement d’un cycle économique, mais bien d’un enjeu structurel appelé à perdurer.