Le Parti libéral du Québec n’est pas disparu de la carte politique de la Côte-du-Sud. Le 8 février dernier à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, une rencontre militante en compagnie de l’aspirant chef Charles Milliard a clairement démontré que la formation libérale conserve encore des racines bien vivantes dans l’Est-du-Québec — et qu’elle nourrit l’ambition d’y rebâtir une véritable force politique.
L’événement a réuni près d’une centaine de sympathisants et d’élus, en plus de plusieurs figures bien connues de la scène politique régionale. Parmi les personnes présentes figuraient l’ex-député libéral de Rivière-du-Loup–Témiscouata, Jean D’Amour, l’ex-député libéral de Côte-du-Sud, Norbert Morin, ainsi que l’ex-député néodémocrate de la circonscription fédérale, François Lapointe. Des ex-élus municipaux étaient également de la rencontre.
Rapidement, Charles Milliard s’est prononcé sur de nombreux dossiers locaux, livrant un discours axé sur la nécessité de rétablir le lien entre le Parti libéral du Québec et les régions. L’aspirant chef a martelé que le PLQ devait redevenir un parti capable de gagner hors des grands centres, en misant sur des enjeux concrets et une présence soutenue sur le terrain.
Pour y parvenir, il souhaite renouer avec l’esprit des grandes années du parti, évoquant l’héritage de Robert Bourassa, une époque où le PLQ rassemblait fédéralistes, nationalistes québécois et régionalistes au sein d’une même alliance. « Repartir cette coalition large et enracinée dans les régions, c’est ce qui me motive profondément », a-t-il résumé.
Appel aux conservateurs
Voyant le Parti conservateur d’Éric Duhaime en seconde position en Côte-du-Sud, Charles Milliard a lancé un message aux partisans de cette formation politique. « Près de 40 % des électeurs qui envisagent de voter pour Éric Duhaime sont ouverts à changer d’idée. Je crois que plusieurs sympathisants du Parti conservateur du Québec peuvent se reconnaître au Parti libéral, notamment à travers une gestion rigoureuse des finances publiques, le retour à l’équilibre budgétaire, et la fin des dépenses inutiles. J’ai besoin de vous pour aller les convaincre », a-t-il lancé.
Dossiers régionaux
Parmi ses priorités énoncées, l’agriculture occupe une place centrale. Charles Milliard a affirmé vouloir en faire un pilier de son projet politique, dénonçant un manque de vision à long terme pour ce secteur névralgique de l’économie régionale. Il a également promis un soutien accru aux municipalités et aux forces locales, estimant que les décisions prises à Québec sont trop souvent déconnectées des réalités vécues en région.
Sur le plan de la santé, l’aspirant chef libéral a pris des engagements clairs. Il a assuré que, s’il est élu en octobre prochain, les services médicaux d’urgence à Trois-Pistoles et à Pohénégamook seraient maintenus et pérennisés. Un message qui a trouvé écho auprès d’un auditoire préoccupé par l’incertitude entourant l’accès aux soins de première ligne et la centralisation croissante des services.
Charles Milliard s’est également montré très critique à l’égard du gouvernement Legault dans le dossier de la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon. Sans promettre un retour en arrière sur la décision favorisant Cacouna, il a néanmoins juré de rendre publiques l’ensemble des études ayant mené à cette orientation. « Je ne peux pas accepter que des décisions aussi importantes soient prises sans transparence. Toutes les études qui ont mené à la décision concernant Cacouna doivent être rendues publiques. Les citoyens ont le droit de savoir », a-t-il dit.
Autre sujet chaud abordé : l’absence d’une couverture cellulaire adéquate dans plusieurs secteurs de la Côte-du-Sud et du Bas-Saint-Laurent. Qualifiant la situation d’inacceptable en 2026, Charles Milliard a lié cet enjeu autant à la sécurité publique qu’au développement économique qu’à l’attractivité des régions.
Des candidats ?
Selon le président de l’association libérale de Côte-du-Sud, Norbert Morin, rencontré sur place par Le Placoteux, quelques personnes se seraient manifestées pour être candidats, mais il serait trop tôt pour sortir publiquement les noms. « Nous avons déjà plus d’intéressés qu’à la dernière élection générale », a-t-il conclu en souriant.
Notons qu’à l’heure d’écrire ces lignes, Charles Milliard n’était pas encore officiellement le chef de sa formation politique, mais il ne s’agit, dit-on, que d’une question de temps.
