Le projet d’implanter une tour de télécommunication cellulaire sur le territoire de Saint-Denis-De La Bouteillerie continue de préoccuper. En novembre dernier, notre journaliste José D. Soucy, dans les pages du Placoteux, avait fait état de ce projet et des craintes de certains citoyens. Depuis, celles-ci ne semblent pas s’être atténuées.
Se disant inquiets et peu informés, des résidents de Saint-Denis-De La Bouteillerie ont contacté Le Placoteux afin d’en savoir plus. « On nous dit que le projet a une certaine hauteur, qui ne serait pas la hauteur réelle, nous ne savons plus qui croire », dit un citoyen qui désire demeurer anonyme. De fait, le projet vise à ériger une tour de 74 mètres. Mais en réalité, la structure totale atteindra une hauteur de 80 mètres si l’on y inclut le parafoudre. C’est probablement de là que vient la confusion.
« La Municipalité n’a aucune raison de croire que la hauteur de la tour serait différente. Des photo-simulations transmises initialement aux citoyens des résidences avoisinantes ne représentaient pas fidèlement l’impact visuel réel de la structure, notamment sa hauteur. La Municipalité a demandé — et obtenu — une correction de ces simulations », explique le maire Frédéric Landry.
Selon ce dernier, la tour projetée, qui serait érigée sur le terrain du 70A, route 132 Ouest, permettra d’offrir ou d’améliorer les services de téléphonie mobile et d’internet sans fil à plusieurs adresses sur le territoire, tout en couvrant une zone actuellement sans service cellulaire située à l’ouest de la municipalité de Rivière-Ouelle. « Cette zone est identifiée comme prioritaire par le gouvernement du Québec. »
Frédéric Landry reconnaît qu’il y a encore des préoccupations, notamment liées à l’impact visuel de la tour et à sa proximité avec des résidences, et des inquiétudes concernant la santé et la valeur des propriétés. « De prime abord, la Municipalité n’a pas à aller en référendum pour ce type de projet, les décisions relatives à l’implantation de tours de télécommunication relèvent principalement de la réglementation fédérale. Toutefois, la procédure de modification des règlements d’urbanisme devra être respectée le cas échant », dit-il, ajoutant que Bell soutient que les télécommunications étant de compétence fédérale exclusive, la réglementation municipale ne lui serait pas opposable.
« La Municipalité, pour sa part, considère qu’il ne lui appartient pas de trancher cette question constitutionnelle. Toutefois, l’amélioration du réseau cellulaire et des communications à Saint-Denis-De La Bouteillerie est réellement nécessaire, et est attendue depuis plusieurs années », explique M. Landry.
Selon nos informations, le site projeté est situé en zone agricole protégée, ce qui nécessite une autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Bell a déposé une demande à cet effet, mais la CPTAQ a fermé le dossier en raison de la non-conformité du projet au règlement de zonage municipal, qui exige notamment une distance minimale de 300 mètres entre une tour de télécommunication et une résidence.
La Municipalité a tenu une séance d’information publique récemment. « Je comprends les inquiétudes des citoyens, et je veux être clair : le conseil municipal a agi de façon transparente et rigoureuse tout au long de ce dossier. Nous avons informé Bell de nos règles de zonage dès le départ, nous avons rencontré les voisins directement concernés, nous avons refusé des demandes qui nous semblaient aller à l’encontre de nos responsabilités, et nous avons formé un comité élu pour suivre le dossier. Nous reconnaissons le besoin d’améliorer la connectivité sur notre territoire », conclut-il.
Quant à la question des possibles effets sur la santé, Frédéric Landry avait répondu au journaliste José D. Soucy qu’il n’y a aucun danger associé à l’installation de cette infrastructure. « Selon les données disponibles, qui sont des faits, aucun impact négatif sur la santé de nos citoyens n’est à prévoir dans ce cas précis », avait-il conclu. Le projet doit être complété d’ici le 31 décembre 2026.
