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Violence et intolérance à l’école : 35 syndicats réclament une enquête publique

Les représentants syndicaux exigent une enquête publique sur la montée de la violence et de l’intolérance dans les écoles. Photo : Vitolda Klein, Unsplash

Une lettre ouverte, cosignée par 35 présidents de syndicats affiliés à la Fédération des syndicats de l’enseignement et à l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec, presse les autorités de déclencher une enquête de la santé publique sur la montée de la violence et de l’intolérance dans les écoles. Une démarche jugée urgente par les signataires, qui dénoncent un climat de plus en plus préoccupant dans les établissements scolaires.

Parmi les cosignataires figurent notamment Natacha Blanchet, présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage, ainsi que Nancy Gauvin, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Côte-du-Sud.

Dans la missive, les représentants syndicaux dressent un constat inquiétant de la situation actuelle. « Depuis plusieurs mois, le Québec assiste, impuissant, à une recrudescence de la violence et de l’intolérance sous toutes ses formes », écrivent-ils, évoquant une société marquée par des tensions croissantes, tant dans les lieux publics que sur les réseaux sociaux.

Les écoles n’échappent pas à cette réalité. « De la maternelle à la formation professionnelle, les enseignantes et enseignants du Québec sont témoins ou victimes, quotidiennement, de gestes d’incivilité, de violence physique et verbale, d’intimidation, de racisme, de sexisme, de misogynie, d’une montée du masculinisme et de l’intolérance », peut-on lire dans la lettre.

Un portrait qui fait écho à de nombreuses situations déjà rapportées dans la région. Le Placoteux a d’ailleurs souvent documenté cette problématique au cours des dernières années, mettant en lumière les défis vécus dans les écoles du territoire, tant par le personnel que par les élèves.

Les signataires reconnaissent que plusieurs actions ont été entreprises pour tenter d’endiguer le phénomène. « Dans les dernières années, nous avons réalisé de multiples sondages, rapporté des situations dans les médias, mené des campagnes publicitaires, élaboré des protocoles d’intervention, mis en œuvre des plans de lutte contre la violence, et dénoncé avec véhémence les compressions dans les ressources », rappellent-ils.

Selon eux, ces efforts ne suffisent plus. « Force est d’admettre que tout cela, bien que louable, n’est pas suffisant », tranchent-ils, appelant à un changement de cap. Pour les syndicats, la solution passe d’abord par une meilleure compréhension du phénomène. « Pour agir, il faut d’abord comprendre », écrivent-ils en appui aux démarches déjà amorcées ailleurs, notamment dans le cadre de la campagne du X mauve.

Enquête publique

Ils demandent ainsi « la tenue d’une enquête de la santé publique sur la question de la violence et de l’intolérance dans les écoles et les centres de formation du Québec », une initiative qui permettrait, selon eux, de dresser un portrait rigoureux, et d’identifier des pistes d’action concrètes. L’urgence d’agir est clairement exprimée. « Le climat dans nos écoles est trop souvent malsain, ce qui affecte directement les élèves et les enseignants », soulignent-ils, insistant sur l’impact à long terme de cette réalité sur la société québécoise.

Les auteurs de la lettre rappellent également la mission fondamentale de l’école. « Enseigner, c’est préparer l’avenir. Agissons pour offrir au Québec de demain des adultes ouverts à la différence et capables de dialoguer », écrivent-ils. Au-delà du constat, les signataires souhaitent ouvrir un dialogue plus large. « Cette nécessaire enquête publique pourrait être le point de départ d’une grande conversation nationale », avancent-ils, appelant à une mobilisation collective pour freiner ce qu’ils qualifient de « glissement intolérable et alarmant ».