L’école primaire de Saint-Marcel, du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS), s’inscrit aujourd’hui dans un contexte particulier, alors que son avenir fait l’objet de réflexions. Selon des projections présentées au CSSCS, l’établissement doit entrer en phase de transition dès la prochaine année scolaire.
Il s’agit d’une étape qui précède une éventuelle fermeture, et qui vise à laisser le temps à la communauté de se mobiliser afin de proposer des solutions pour maintenir les services éducatifs. Pourtant, l’école innove à bien des égards avec un apprentissage par la nature.
Selon ces données disponibles, l’école de Saint-Marcel accueillerait 19 élèves pour l’année scolaire 2025-2026, puis 14 en 2026-2027. À titre comparatif, l’école de Saint-Cyrille-de-Lessard, elle aussi appelée à entrer en phase de transition, compterait 26 élèves en 2025-2026, et 23 l’année suivante. La politique actuellement en vigueur au CSSCS prévoit un seuil minimal de 33 élèves pour assurer le maintien d’une école.
La nature
Dans ce contexte, le modèle éducatif mis en place à Saint-Marcel retient l’attention. L’établissement se distingue notamment par une approche où la nature occupe une place centrale dans les apprentissages. La cour d’école comprend des modules de jeu en bois, et une classe extérieure utilisée régulièrement par les enseignantes, tandis qu’un boisé situé à proximité permet la tenue d’activités pédagogiques en plein air.
« À Saint-Marcel, les enfants apprennent dans, avec, et par la nature. Ce contact direct avec leur environnement stimule leur curiosité, et donne un sens concret aux apprentissages », explique Vicky St-Onge, enseignante en biologie au collégial, formatrice en écoéducation, et membre du comité citoyen de l’école nature de Saint-Marcel.
Les élèves sont ainsi appelés à participer à diverses activités en milieu naturel, allant de l’observation de la faune à la manipulation d’éléments naturels, en passant par des situations d’apprentissage interdisciplinaires. Cette approche, associée à la pédagogie par la nature, est de plus en plus documentée pour ses effets positifs sur l’engagement et la motivation des jeunes.
Bénéfices nombreux
Les retombées ne se limitent pas aux apprentissages scolaires. Le contact avec un environnement naturel contribue également au développement physique des enfants, notamment en favorisant l’équilibre, la coordination et la motricité globale. Sur le plan cognitif, plusieurs travaux établissent un lien entre l’exposition à la nature et l’amélioration de la concentration ainsi que de la mémoire de travail.
« On constate que les élèves sont plus disponibles pour apprendre après des périodes passées à l’extérieur. Ils sont plus concentrés, plus apaisés, et plus engagés dans leurs tâches », souligne Mme St-Onge.
La petite taille de l’école constitue également un élément distinctif. Les classes multiâges favorisent les interactions entre élèves, l’entraide, et le développement de l’autonomie. Ce contexte permet aux enseignantes d’assurer un suivi individualisé, en accompagnant les élèves sur plusieurs années.
« Dans une petite école, les relations sont plus étroites, et le sentiment d’appartenance est très fort. Les élèves évoluent dans un milieu où ils se sentent connus, reconnus et soutenus », ajoute-t-elle.
Rappelons qu’une nouvelle politique encadrant les critères de maintien, de fermeture ou de modification des services éducatifs est en cours d’élaboration au sein du CSSCS. Son adoption est attendue ultérieurement.
