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Projet de ligne électrique de l’Axe Appalaches–Bas-Saint-Laurent : Hydro-Québec nie toute compensation financière à ce stade

Illustration : Hydro-Québec

Alors que le projet de ligne électrique de l’Axe Appalaches–Bas-Saint-Laurent continue de susciter des réactions dans plusieurs municipalités de la région, Hydro-Québec tient à préciser que les discussions entourant d’éventuelles compensations financières n’en sont encore qu’à un stade embryonnaire.

Ayant contacté Le Placoteux à ce sujet, Ariane Doucet-Michaud, conseillère infrarégionale responsable des consultations pour Hydro-Québec, affirme clairement qu’aucun montant n’est actuellement offert aux propriétaires. « On n’est pas du tout rendu à cette étape-là », insiste-t-elle, précisant que les démarches en cours visent avant tout à présenter les tracés envisagés, et à recueillir les commentaires du milieu.

Son intervention fait suite à un récent témoignage d’un citoyen de Notre-Dame-du-Rosaire faisant état d’une compensation financière de 30 000 $ pour le passage de ladite ligne sur les terres de citoyens. « Le chiffre de 30 000 $ évoqué publiquement pourrait, selon elle, provenir d’une confusion avec d’autres projets énergétiques, notamment dans le secteur éolien, où les modèles de compensation diffèrent », dit-elle.

Si des compensations devaient éventuellement être versées, celles-ci seraient déterminées selon des paramètres stricts établis dans l’entente entre Hydro-Québec et l’Union des producteurs agricoles. « Tout est analysé au cas par cas, en fonction de la valeur de la terre, de son utilisation, et des pertes occasionnées », souligne Mme Doucet-Michaud. Elle ajoute qu’il serait prématuré, à ce stade-ci, d’avancer quelque montant que ce soit.

Par ailleurs, selon elle, environ 500 propriétaires ont été approchés, bien que les tracés à l’étude pourraient en toucher environ 350. « On vient leur montrer les options possibles, mais surtout les écouter pour voir comment améliorer le projet », explique-t-elle.

Expropriation

Quant aux craintes liées à l’expropriation, Mme Doucet-Michaud indique qu’il importe de rappeler que cette procédure est exceptionnelle. « Hydro‑Québec valorise les ententes de gré à gré, dans une approche respectueuse et individualisée qui tient compte des impacts réels du projet sur les propriétés concernées. De manière générale, dans les projets d’Hydro-Québec, plus de 95 % des cas sont d’ailleurs réglés de gré à gré. L’expropriation constitue une mesure exceptionnelle, encadrée par la loi, et n’est envisagée qu’en ultime recours, lorsqu’aucune entente ne peut être conclue avec le propriétaire. Les compensations offertes aux propriétaires sont établies en fonction des paramètres de l’Entente sur le passage des lignes de transport en milieux agricole et forestier, et convenues entre l’UPA et Hydro-Québec. Aucun terrain n’est utilisé sans indemnisation », précise-t-elle.

Un processus qui se poursuit

Du côté des instances régionales, on assure que l’information a circulé au fil des derniers mois, notamment par le biais de rencontres publiques. Hydro-Québec rappelle pour sa part que la démarche de consultation est en cours depuis l’automne 2024, et qu’elle se poursuivra dans les prochains mois. « C’est vraiment le moment pour les gens de se prononcer », conclut Mme Doucet-Michaud, indiquant que de nouvelles informations devraient être présentées à l’automne.

Porté par Hydro-Québec, le projet, rappelons-le, prévoit la construction d’une ligne de 260 kilomètres reliant le poste des Appalaches, à Saint-Adrien-d’Irlande, à un nouveau poste situé à Saint-Honoré-de-Témiscouata, dans le Bas-Saint-Laurent. Cette infrastructure vise notamment à transporter l’énergie éolienne produite dans l’est du Québec. Dans sa forme actuelle, elle traverserait une quarantaine de municipalités, et nécessiterait une emprise d’environ 70 mètres de large, touchant potentiellement près de 350 propriétaires privés, principalement en Chaudière-Appalaches.