Les producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent sont engagés dans une transformation profonde de leurs pratiques pour s’adapter aux changements climatiques. Bien que plusieurs réponses restent encore à définir, dans les champs, l’adaptation est déjà bien amorcée.
« On a quand même plus de données qu’avant, grâce à Agri-Climat. Il y a eu beaucoup de changements dans les pratiques agroenvironnementales en entreprise », explique Nathalie Lemieux, présidente de l’UPA du Bas-Saint-Laurent. Ainsi, les producteurs modifient progressivement leurs méthodes : travail réduit du sol, maintien de résidus, implantation d’engrais verts, et choix de variétés plus résistantes aux événements de sécheresse. « Le fait de laisser des résidus au sol, d’implanter des cultures de couverture, ça a un impact positif pour des événements climatiques plus intenses. Il reste encore du chemin à faire, mais les méthodes se modifient lentement », souligne-t-elle.
Ces pratiques visent notamment à mieux gérer l’eau, un enjeu appelé à prendre de plus en plus d’importance. « Lorsqu’il y a des événements de sécheresse, il faudra apprendre comment faire pour garder un peu plus d’eau dans nos sols, et au contraire, comment écouler les surplus. » Cette préoccupation rejoint les constats de l’UPA, selon qui les épisodes de sécheresse et les pénuries d’eau témoignent de la vulnérabilité du secteur agricole.
En attendant des solutions précises, les producteurs expérimentent de nouvelles façons de faire et s’ajustent. Malgré ces efforts, les impacts économiques sont bien réels. « On fait les mêmes investissements, les mêmes interventions, mais avec moins de rendement, note Nathalie Lemieux. Et quand on manque de volume, on doit acheter plus de grains pour nourrir les animaux. »
Sous-financement
Cette pression financière s’inscrit dans un contexte plus large de sous-financement du secteur agricole. Selon l’UPA, les investissements publics demeurent inférieurs à la moyenne mondiale, ce qui limite la capacité d’adaptation des entreprises. Et le budget 2026-2027 n’a pas permis de corriger la situation. « Nos entreprises devront malheureusement chercher ailleurs », a indiqué l’UPA.

