Don Quichotte avait finalement raison : nos moulins à vent d’aujourd’hui peuvent aussi être dangereux. À tel point qu’il faille établir des périmètres de sécurité proportionnels à leur hauteur, ce qui revient à établir des « zones d’activité restreinte » qui empiètent souvent sur les terres, les forêts, les érablières privées, lorsque ces tours de 200 mètres sont installées sur des terres privées.
Le problème des impacts humains
Les impacts humains et environnementaux de ces gigantesques moulins à vent sont de plus en plus connus : impact visuel, dégradation de l’environnement causée par les routes, l’installation des éoliennes et leur entretien, ennuis causés par le bruit, les infrasons, l’effet stroboscopique, les micro-ondes, etc. Pour prévenir ces inconvénients, on a établi des normes de distance des tours par rapport aux habitations, soit de 250 à 500 mètres. Mais beaucoup — en Europe notamment — suggèrent un kilomètre.
Le problème de sécurité
Les éoliennes modernes sont d’immenses machines qui tournent dans les airs. Elles comportent aussi des risques de sécurité importants autour d’elles, notamment la projection de débris, la chute de glace en hiver et l’effondrement structurel. Les risques de projection de glace, à eux seuls, peuvent survenir jusqu’à 36 jours pendant l’hiver. Une formule mathématique a été établie par la Fédération des municipalités pour fixer des périmètres de sécurité, ou zones d’activité restreinte (ZAR), qui vont de 250 à 500 mètres.
Le problème de l’empiétement des zones de sécurité sur les terres privées
Tant que les éoliennes étaient petites (1 ou 2 MW), et principalement installées sur des terres publiques, les inconvénients causés par ces périmètres de sécurité n’étaient pas très problématiques. Mais avec des éoliennes gigantesques de 6 MW installées un peu partout sur des terres privées, les choses se compliquent. Les périmètres de sécurité débordent très souvent les limites de la propriété de celui qui a autorisé l’installation d’une éolienne chez lui. Les propriétaires de terres, forêts ou érablières voisines se retrouvent englobés sans leur consentement dans des zones d’activité restreinte.
Or, dans nos lois, la propriété privée est sacrée. Les agriculteurs savent ce que signifie une clôture de ligne. Qui va empêcher cette violation de leur propriété qui compromet l’exercice de leur métier d’agriculteur, de forestier ou d’acériculteur durant toute l’année ? Et qui est responsable des accidents qui peuvent survenir ? Le promoteur ? Le propriétaire du site de l’éolienne ? La victime ?
Le rôle des MRC et de leur schéma d’aménagement
Des citoyens et agriculteurs de Saint-Gervais-de-Bellechasse ont entrepris d’exiger de leurs élus municipaux que les éoliennes et leurs périmètres de sécurité soient situés entièrement à l’intérieur des limites de la propriété de celui qui a autorisé son installation chez lui. Et ils ont raison. Le rôle des MRC est de protéger leurs citoyens, non les promoteurs de parcs éoliens, et cela même si les MRC concernées sont partenaires des projets éoliens, et même si les promoteurs et Hydro-Québec préfèrent éviter le problème.
Les MRC ont le mandat du schéma d’aménagement. Elles ont le pouvoir et le devoir d’établir, par règlement intérimaire ou autrement, les endroits où sont autorisés les parcs éoliens sur leur territoire, et d’exiger que l’éolienne, ses infrastructures, son poste électrique et son périmètre de sécurité soient situés entièrement à l’intérieur des limites de la propriété de celui qui a autorisé son installation chez lui. Si elles ne le font pas, elles livrent leurs citoyens à l’arbitraire des promoteurs. Les MRC de Kamouraska et de L’Islet l’ont fait. C’est donc possible. Aux citoyens de l’exiger.
