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La Gazette des Campagnes renaît… en 1941

La Gazette des campagnes a connu une deuxième vie sous l’impulsion de Louis-de-Gonzague Fortin.

Par Yves Hébert

Avec une formule ancienne, on peut écrire des choses nouvelles affirme Louis-de-Gonzague Fortin, l’éditeur de la Gazette des Campagnes.

Relancée en 1941 par cet agronome et professeur de l’École supérieure d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, cette nouvelle édition se veut en continuité avec la précédente, publiée de 1865 à 1895. Fortin se fait imprimeur, et dirige cette publication bimensuelle destinée aux agriculteurs. Il lui donne une signature plus moderne en lui ajoutant un contenu diversifié et de la publicité — excluant toutefois celle de l’alcool.

Le moment est opportun, puisque La Pocatière représente le pôle institutionnel de l’enseignement agricole dans l’Est-du-Québec avec son école d’agriculture, sa station expérimentale fédérale, un bureau régional d’agronomie, et une composante de la corporation des agronomes du Québec.

En publiant ce journal, Fortin contribue à l’avancement du journalisme agricole au même titre que La Terre de chez nous fondée en 1929. Le contenu de la Gazette des Campagnes se présente sous forme de rubriques. Les thèmes varient et touchent à l’agriculture, à l’arboriculture, à la foresterie, aux expositions agricoles, et aux activités de plusieurs organisations telles que les cercles de fermières et les coopératives agricoles. D’autres chroniques se consacrent à l’histoire régionale, aux jeunes agriculteurs et aux activités domestiques.

Même si le contenu de la Gazette des Campagnes reflète les valeurs familiales traditionnelles énoncées lors de sa première édition en 1865, Fortin modernise le contenu graduellement. Pour le financer, il accorde une plus grande place à l’espace publicitaire, reflétant ainsi les réalités sociales, culturelles et économiques de la Côte-du-Sud. De nouvelles sections apparaissent : mots croisés, bandes dessinées et chronique de balle molle. Le journal ressemble de plus en plus à un quotidien, même si son rayonnement est surtout régional. Malheureusement, l’éditeur annoncera sa fermeture le 5 octobre 1956.