Lorsqu’on lui demande d’où lui vient son intérêt pour la politique, Nancy St-Pierre ne parle ni d’élections ni de stratégies partisanes. Elle remonte plutôt à son enfance, à l’implication de ses parents dans leur communauté, et aux conseils répétés de sa mère. Bien avant de devenir mairesse de Saint-Joseph-de-Kamouraska, ou candidate du Parti libéral du Québec dans Côte-du-Sud, elle a d’abord appris qu’on pouvait changer les choses en s’impliquant.
Originaire de Sainte-Hélène-de-Kamouraska, Nancy St-Pierre déménage à Saint-Pascal alors qu’elle est âgée de cinq ans. Fille d’entrepreneurs, elle grandit dans un milieu où le travail, l’engagement et le bénévolat occupent une place importante. Ses parents lui transmettent très tôt le goût de l’implication communautaire. « Mes parents m’ont toujours incitée à faire du bénévolat », raconte-t-elle. Une valeur qui ne l’a jamais quittée.
Après des études en techniques administratives, option finance au Cégep de La Pocatière, elle s’installe à Saint-Joseph-de-Kamouraska avec son conjoint, issu d’une famille agricole. Les premières années de sa vie professionnelle ne sont toutefois pas de tout repos.
Au début des années 1990, elle se bute à une réalité qui frappe plusieurs jeunes femmes de sa génération. Certains employeurs lui font comprendre qu’en raison de son âge, elle risque de leur coûter cher en congés de maternité. Cette expérience la marque profondément, et l’amène à emprunter un parcours professionnel différent.
Tout en élevant ses trois enfants, elle multiplie les engagements. Conseil d’administration de la Caisse populaire, implication auprès de l’Union des producteurs agricoles, secrétaire bénévole à l’Œuvre des terrains de jeux, puis commissaire scolaire : les occasions de servir sa communauté se succèdent.
En 2009, sa carrière prend un nouveau tournant lorsqu’elle est recrutée par Financement agricole Canada. Elle y gravira les échelons jusqu’à devenir directrice des relations d’affaires, accompagnant pendant plusieurs années des entreprises agricoles sur un vaste territoire couvrant notamment Chaudière-Appalaches, les Îles-de-la-Madeleine et une partie du Nouveau-Brunswick.
Une vocation née sur le terrain
C’est toutefois au municipal que naît véritablement sa passion politique. Élue conseillère municipale en 2016, elle accepte un an plus tard de briguer la mairie de Saint-Joseph-de-Kamouraska, à la demande de citoyens qui l’encouragent à faire le saut. Elle est élue en 2017, et dirige depuis la municipalité.
Pour elle, la politique n’a jamais été une question de prestige. « Quand je réussis à accomplir quelque chose, je ne l’accomplis jamais seule. Je le fais avec une équipe. Ce qui est valorisant, c’est de voir qu’on réussit à faire avancer un projet », explique-t-elle au Placoteux.
Elle cite notamment la réalisation du projet de l’église de Saint-Joseph parmi ses plus grandes fiertés, tout comme le travail réalisé avec les organismes et les municipalités voisines afin d’aller chercher des subventions et de développer de nouveaux projets.
La politique dans les gènes
Si son engagement s’est construit au fil des années, la politique n’était pas étrangère à son histoire familiale. Son grand-père paternel, Léon St-Pierre, a siégé comme conseiller municipal à Sainte-Hélène-de-Kamouraska. Décédé alors qu’elle était encore jeune, il lui a laissé un héritage que lui ont raconté sa grand-mère et son oncle. « Mon grand-père avait vraiment la fibre politique », résume-t-elle.
Dans la famille St-Pierre, l’attachement au Parti libéral remonte également à plusieurs générations. « Oui, j’ai toujours été libérale », affirme-t-elle sans détour, tout en précisant qu’elle a toujours travaillé avec les élus en place, peu importe leur couleur politique, lorsqu’il s’agissait de défendre les intérêts de sa municipalité. « Les valeurs libérales sont importantes pour moi », ajoute-t-elle.
Elle dit aussi admirer plusieurs figures du Parti libéral, notamment Jean Lesage, Claude Béchard, Norbert Morin et France Dionne, des personnalités qui, selon elle, ont démontré une réelle proximité avec les citoyens.
« Si tu veux des réponses, implique-toi »
Mais s’il y a une personne qui a véritablement orienté son parcours, c’est sa mère. Aujourd’hui âgée de 75 ans, elle accompagne encore régulièrement sa fille lors de rencontres avec des organismes, prend des photos pendant les événements, et demeure l’une de ses plus fidèles alliées.
Nancy St-Pierre se souvient surtout d’une phrase qui l’a suivie toute sa vie. « Ma mère m’a toujours dit : “Si tu veux des réponses, ma fille, implique-toi.” C’est ce que je fais ! »
Un nouveau défi
Après avoir mis sa carrière professionnelle sur pause, Nancy St-Pierre tente maintenant de convaincre les électeurs de Côte-du-Sud de lui faire confiance lors du scrutin du 5 octobre prochain.
Au-delà des enjeux électoraux, elle affirme vouloir demeurer fidèle à ce qui l’a toujours guidée : écouter les citoyens, travailler en équipe, et contribuer au développement de sa région. « Ce qui me motive, c’est de réussir à faire avancer quelque chose », conclut-elle.
Ce sont ces convictions, forgées au fil des années dans les salles communautaires, les conseils municipaux et les rencontres citoyennes, qui alimentent aujourd’hui son engagement sur la scène politique provinciale.
